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jeudi 22 juin 2017
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Réconciliation nationale: la vision partagée de l’honorable Chato

La journée a été organisée par l’Organisation des femmes battantes du Nord du Mali. Une organisation, à but non lucratif, créée 2009 avec comme objectifs : l’alphabétisation des jeunes filles en milieu rural ; la lutte contre excision ; la lutte contre le mariage forcé…

Depuis 2012, les événements que notre pays a connus ont motivé cette jeunesse associative dans ses convictions selon lesquelles : pour un retour à la paix dans notre pays, il faut une implication des femmes dans le processus de réconciliation nationale.

En disant plus jamais la guerre et la violence entre fils du pays, l’organisation des femmes battantes du Nord entend partager sa vision pacifiste et faire accepter par des moyens de sensibilisation qu’ensemble, nous sommes un peuple, qu’ensemble, nous sommes unis et qu’ensemble nous sommes derrière  une même devise :  Un Peuple, un But, une Foi.

Tel était l’enjeu de cette journée de la réconciliation nationale placée sous la présidence du ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Mahamane BABY.

En organisant cet événement, l’objectif était également de donner la parole à certaines personnalités politiques qui ont joué un rôle de premier plan dans la résolution de la crise sécuritaire depuis l’occupation des régions du Nord jusqu’à leur libération. Au nombre de ces icônes : l’honorable HAIDARA Aïssata CISSE.

En partageant son expérience pendant l’occupation des régions du nord et en proposant sa solution pour une sortie, l’élue de Tombouctou a indiqué que la crise sécuritaire dans le nord du Mali avait entrainé un déplacement forcé des centaines de milliers des populations et affecté la scolarité de nombreux élèves et étudiants.

Cette crise, selon l’honorable HAIDARA Aïssata CISSE, a sapé tous les efforts de développement du pays. C’est donc consciente des effets collatéraux  de cette crise et en tant que député et présidente du Réseau femme, développement et protection de l’enfance, qu’elle a décidé de se battre par tous les moyens pour défendre la patrie.

Ainsi, au plan national, une cellule de cinq personnes a été mise en place pour collecter, par téléphone, des informations sur les actions de violences, de sévices et de tortures dont  ont été victimes les populations du Nord, en général, et surtout les femmes, en particulier.

Ayant fait la communication son cheval de bataille, toutes les informations collectées, selon le député, ont été transmises régulièrement au Bureau de l’Assemblée nationale, aux organisations non gouvernementales et à la presse nationale et internationale.

Sur le plan international, en tant que membre du Réseau femme, développement et protection de l’enfance et surtout élue des régions occupées, et convaincue qu’aucun conflit ne peut être résolu sans l’implication des femmes, l’honorable Chato s’est fixée des objectifs précis: avoir un réseau discret dans les pays africains, européens, américains et arabes chargé de l’informer sur tous les fora et débats concernant le Mali ; rencontrer et sensibiliser toute personne physique ou morale pouvant jouer un rôle positif dans la résolution de la crise.

«Consciente de mon rôle d’élue et de citoyenne, sans attendre un financement quelconque, j’ai décidé d’utiliser mon carnet d’adresse pour assister et participer à tous les débats et conférences concernant le Mali et rétablir la vérité partout où besoin se faisait sentir », a-t-elle déclaré sous les ovations de l’assistance.

Ces initiatives, a rappelé la dame de fer, ont permis d’accomplir plusieurs actions mais surtout de défendre l’honneur et la dignité du Mali bafoué, à l’époque, par le MNLA et ses alliés terroristes.

C’est ainsi qu’au parlement européen de Strasbourg, accompagnée de Assarid Ag Imbarcawane, à l’époque, 2ème vice – président de l’Assemblée nationale, Sandy HAIDARA, 5ème vice– président et président du Collectif des élus du nord, Mme HAIDARA Aïssata CISSE, Secrétaire parlementaire, a mis en échec la logique de désinformation et d’intoxication de la délégation du MNLA, composée de Hama Ag Sidi Mahmoud, ancien ministre de Moussa Traoré (chef de délégation), Zakiatou Walett Halatine, ex-ministre d’Alpha O.Konaré et de Moussa Ag Assarid, jeune écrivain. Cette rencontre avait été initiée en faveur du MNLA par l’Eurodéputé corse François Alfonsi, Président du groupe d’amitié Euro-Amazigh au parlement européen.

Selon l’honorable Chato, ce plaidoyer a permis à notre Assemblée nationale de convaincre le Comité sénatorial à ne pas voter la résolution qui consistait à reconnaitre le MNLA comme seul interlocuteur crédible.

Outre cette étape de Strasbourg, Mme HAIDARA Aïssata CISSE, a participé à plusieurs autres forums avant de conduire, par la suite, une mission de plaidoyer de sensibilisation dans les pays de la sous-région, en Europe et dans les pays arabes.

Si cette étape douloureuse de la vie de notre pays est  à présent derrière nous, avec l’intervention salvatrice de la France ayant permis la libération des régions du Nord sous le joug des islamistes et des narcotrafiquants, l’heure est maintenant, a rappelé l’oratrice, à la réconciliation.

Sans prétendre à aucune qualité d’avocate, elle a plaidé pour une implication active des jeunes et des femmes dans le processus afin de de réussir ce nouveau défi qui s’impose à notre pays.

« Ces deux couches constituent un atout certain et nous devons être à leur écoute », a insisté l’élue à l’Assemblée nationale pour qui, ce pouvoir social doit se traduire par le vivre-ensemble entre tous les fils du pays. Car, plutôt que de s’affronter, les Maliens, a-t-elle insisté, doivent se consacrer à des actions sociales et environnementales.

« Nous devons tout faire pour arracher notre pays de l’emprise de la fatalité pour ouvrir au progrès en mettant au cœur des débats : la paix et l’unité du pays », a-t-elle soulignée.

Dans la vision partagée pour une solution définitive à la crise,  Mme HAIDARA Aïssata CISSE, est convaincue que pour arriver à une véritable réconciliation, les autorités doivent écouter et se préoccuper de la jeunesse. Cette jeunesse désœuvrée qui n’hésite pas à se faire recruter par les terroristes ; cette jeunesse en désespoir de cause qui emprunte les bateaux de fortune au prix de leur vie à la recherche d’un lendemain meilleur.

Voilà des situations face auxquelles, elle a engagé la responsabilité collective de tous, tout en rappelant que pour l’amour de notre pays, il nous faut utiliser la conscience par le consensus au profit du peuple malien.

En tout cas, de la conception de l’honorable Chato, le dialogue est le seul moyen sûr pour unifier le Mali et aller de l’avant.

Si elle s’est dit favorable à la réconciliation nationale, elle a, par contre, rejeté toute forme d’injustice pour parvenir à cette quête. Car, pour Mme HAIDARA, ceux qui ont commis des actes criminels doivent être poursuivis, arrêtés et traduire devant la justice.

Aussi, tout en rejetant l’autonomie et le fédéralisme, elle a appelé à l’implication de tous et de chacun pour que les accords d’Alger puissent voir le jour afin de permettre le développement de notre cher pays.

Par Mohamed D. DIAWARA

 




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