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mercredi 25 mai 2022
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Reconstitution du RDA: fusion UM-RDA, PIDS, RMC Mali Kanu et UMP

Quatre formations politiques, à savoir l’Union Malienne du Rassemblement Démocratique Africain (UM-RDA), le Parti de l’Indépendance, de la Démocratie et de la Solidarité (P.I.D.S.), le Rassemblement Malien pour le Changement (R.M.C. Mali Kanu) et l’Union des Maliens pour le Progrès (U.M.P.) ont acté leur fusion, à travers la signature d’une plateforme, hier, au Mémorial Modibo KEITA, dans la perspective de la reconstitution de la grande famille du Rassemblement Démocratique Africain (RDA).

La future formation politique qui s’appellera naturellement RDA est présidée par le Président du P.I.D.S., Daba DIAWARA, jusqu’à la tenue du congrès (re) constitutif dont la date reste à déterminer.
Cette démarche de fusion, justifie-t-on, procède de la ferme volonté de reconstitution de la grande famille du Rassemblement Démocratique Africain créé lors du Congrès de Bamako, du 18 au 21 octobre 1946. Est-ce un début de cautérisation des meurtrissures dues aux nombreuses scissions qui ont contribué au déclin de ce parti politique historique ?
Pour rappel, l’Union Soudanaise-Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA) a connu plusieurs scission ces dernières depuis 1991 : le Bloc pour la démocratie et l’intégration africaine (BDIA) créé en 1993, le Parti de l’indépendance, de la démocratie et de la solidarité (PIDS) et le Rassemblement Malien pour le changement (RMC-Mali Kanu), qui donnera naissance à son tour par scission au Parti pour la Démocratie, la Culture et l’Intégration (PDCI-Farafina Dambé).
Il faut également souligner que la fusion de ces quatre formations politiques, hier, au Mémorial très symbolique qui porte le nom de l’ancien président Modibo KEITA n’est pas la première démarche politique du genre. En effet, en février 2008, une délégation du Bloc pour la démocratie et l’intégration africaine (BDIA-Faso Jigi) conduite par son président Souleymane Makamba DOUMBIA a été reçu par Badara Alou MACALOU, Secrétaire général du Bureau Exécutif National de l’U.S.-R.D.A. pour aborder une future reconstitution de la « grande famille U.S.-R.D.A. ».
Une commission nationale préparatoire (C.N.P. s’est réunie le 12 décembre 2009. Elle est composée de 24 membres, six par formations politiques représentées : BDIA, Union pour la démocratie citoyenne (U.D.C.), Mali Jô Ton (M.J.T.) et U.S.-R.D.A.. Ses membres ont déclaré vouloir unifier leurs forces et mouvements politiques pour constituer un grand parti politique fort et viable capable de conquérir démocratiquement le pouvoir au Mali.
Le 1er mai 2010, un congrès unitaire rassemblant les dirigeants de l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (U.S.-R.D.A.), du Bloc pour la démocratie et l’intégration africaine (B.D.I.A.), de Mali joton et de l’Union pour la démocratie citoyenne s’est réuni au Centre international de conférence de Bamako en vue de constituer un nouveau parti, l’Union Malienne R.D.A. Faso Jigi et de dissoudre les partis respectifs.
Le Parti de l’Indépendance, de la Démocratie et de la Solidarité (P.I.D.S.) est créé le 2 septembre 2001 par une partie des militants de l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (U.S.-R.D.A.). Il est, jusqu’à la fusion d’hier, dirigé par l’ancien ministre Daba DIAWARA qui a temporairement cheminé avec les dissidents qui formeront plus tard le RMC Mali Kanu avant de porter sur les fonts baptismaux sa propre formation politique.
L’Union des Maliens pour le progrès (U.M.P.) est un parti politique, créé en 2003 et dirigé par le Professeur Amadou Touré.
Notons que les partis politiques signataires de la plateforme de fusion sont les mêmes que ceux composant la Plateforme des Partis politiques de la grande famille RDA (P.I.D.S., R.M.C. MALI KANU, U.M.P. et l’U.M.-R.D.A.-FASO JIGI).
En décidant de tourner les pages des ruptures souvent violentes pour se retrouver au sein d’une seule famille politique avec le même idéal, le RDA envoie un signal fort de rassemblement à des partis politiques tels le l’Alliance pour la démocratie au Mali (A.DE.MA.-P.A.S.J.), le Rassemblement Pour le Mali (R.P.M.) issu de l’ADEMA, l’Union pour la République et la Démocratie (U.R.D.) issue également de l’ADEMA, l’Alliance pour la République (A.P.R.), sortie de l’URD. En effet, même s’ils sont forts pris individuellement, ils n’en seront que davantage renforcés en se mettant ensemble. Ce d’autant plus qu’au-delà des confrontations publiques entre leaders politiques qui tiennent parfois de la mise en scène plus que de l’hostilité réelle, idéologiquement et socialement, ces formations politiques qui peuvent légitimement revendiquer d’être les plus grands de l’échiquier national affichent plus de convergences que de divergences. Des partis politiques forts avec des projets de société reposant sur une offre politique lisible, c’est ce dont le Mali a le plus besoin après la désastreuse expérience des partis politiques unipersonnels, familiaux qui ne sont ni fiables ni viables, mais surtout alimentaires. Après cette énième rupture constitutionnelle, une rupture dans la démarche politique avec un changement radical de braquet serait salutaire autant pour la population biberonnée à la déception que pour les leaders politiques qui teindraient là une chance de bichonner leur image passablement écornée.

PAR BERTIN DAKOUO




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