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mardi 12 décembre 2017
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Recrudescence de la violence au Nord: les dessous d’une objecte surenchère

Abjecte, immonde, nauséabonde ? Ce serait un doux euphémisme pour traduire la surenchère du MNLA apparaissant sous la forme d’unerecrudescence de la violence armée à quelques jours de la reprise des négociations dans le cadre du processus d’Alger. Les raisons de cette situation vont logiquement au-delà des apparences.

Le fait n’est pas nouveau en réalité en ce qui est de ce groupe armé qui s’y trouve dans un domaine de prédilection. Faire monter la tension sur le plan sécuritaire, à la veille de chaque négociation, tout en prônant la paix et la réconciliation nationale, telle est son arme favorite, expression d’une hypocrisie sans borne.
La perspective proche de début d’un nouveau round de négociation à Alger donne lieu à une nouvelle recrudescence de la violence. Les témoignages de sources bien informées sont concordants pour soutenir que le MNLA a une responsabilité directe dans ce regain de tension. Qu’il s’agisse de roquettes tirées sur Kidal ou des affrontements avec un groupe armé rival, en l’occurrence le GATIA, aucun doute n’est permis quant à sa volonté de torpiller un processus de paix et de réconciliation promis à un heureux dénouement. Ce, en raison non seulement de la disponibilité des autorités nationales à aller dans ce sens, mais également de la forte mobilisation de la communauté internationale.
Les observateurs les plus avisés sont formels au moins sur deux faits pour étayer leurs accusations portées contre ce groupe armé longtemps enfant gâté de la république.
Le premier constat est qu’entre le MNLA et les groupes jihadistes, c’est un système de vases communicants. La preuve en est que lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté face à l’armée malienne, en mai dernier à Kidal, ce sont ces groupes jihadistes qui ont volé à son secours pour finalement mettre en déroute les FAMA. Il n’est point besoin de rappeler la tragédie de Aguelhoc où ils ont opéré en tandem pour venir à bout d’une petite unité de l’armée malienne qui s’est battue jusqu’à la mort.
Le second constat qui découle du premier est que le MNLA et les groupes jihadistes ont une vision partagée de la conduite des affaires au Nord : débarrassercette partie de l’Etat malien et y appliquer la Charia permettant à chacune des parties de trouver son compte. Pour le MNLA, il s’agirait d’obtenir le pouvoir et jouir des retombées de l’exploitation des immenses ressources naturelles, fructifier son commerce de drogue, alors que les groupes jihadistes auraient les coudées franchespour la mise en œuvre d’un projet d’émirat islamique. A en croire de nombreux observateurs, c’est le deal qui représente effectivement le socle de leur partenariat militaire.
Face à une telle analyse froide, très largement partagée du reste, et qui traduit les enjeux de la situation du Nord-Mali, abstraction faite du troisième larron (suivez mon regard) qui y défend âprement ses intérêts, certains constats s’imposent.
Le premier constat qui, à moins d’être atteint d’une cécité intellectuelle, saute aux yeux est que ce groupe rebelle n’est partisan ni de paix, ni de réconciliation nationale, encore de reconnaissance et d’acceptation de l’intégrité territoriale qui se situe logiquement aux antipodes de son dessein de conquérir le pouvoir par les voies très peu orthodoxes de pacte avec le diable.
Le second constat, résultant également du premier, c’est qu’à un moment donné, il va falloir imposer la paix. A la lumière de cette implacable réalité, il va falloir faire la guerre et s’y préparer dès à présent. Et pour cause, la preuve est suffisamment établie que pour ces rebelles, vivre en paix et en harmonie avec l’ensemble de la communauté nationale est le cadet des soucis. Pire, cela apparaît comme une négation de ses plans. Dès lors, aucune forme de démagogie ne devrait prévaloir à ce niveau : quand une guerre est imposée, alors on la mène. C’est en tout cas la logique dans laquelle les autorités devraient envisager de s’inscrire pour éviter au peuple malien et à son armée une énième humiliation et perte de temps. En effet, il y a perte de temps quand le monde entier se mobilise pour gérer les ambitions personnelles de quelques personnes habituées au gain facile, alors que le véritable problème concerne le développement des régions du Nord et dont on ne peut pas encore s’occuper des intérêts des populations. Cela, parce que les Achérif et autres ont décidé d’avoir dans cette affaire le beurre et l’argent du beurre : avoir les avantages matériels hic et nunc et le soulagement du Nord de toute présence de l’Etat pour y imposer leur loi.
Par Bertin DAKOUO




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