Recrudescence des attaques djihadistes: où est le mandat robuste de la Minusma ?

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Depuis quelques jours, les djihadistes ont repris du service dans différentes localités de notre pays. Après Namala, le 19 juillet dernier, contre les FAMAS ; les Forces onusiennes et les populations civiles ont été visées par une série d’attaques meurtrières, sans que la MINUSMA ne soit amenée à sortir de son inertie.

De plus en plus, à la suite du président du Haut conseil islamique, Mahmoud DICKO, ils sont nombreux les Maliens à s’interroger sur le sens du « mandat robuste » accordé à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali, par le Conseil de sécurité de l’ONU, à travers la résolution 2295.
Alors que la MINUSMA, en complicité avec une puissance étrangère, s’affaire à aider la CMA à garder longtemps hors de la ville de Kidal le GATIA, depuis la fin du mois de juillet, les djihadistes s’organisent mieux pour endeuiller notre peuple ainsi que les pays contributeurs de la Force onusienne.

L’inertie d’une force onusienne
C’est dans ce contexte qu’un Casque bleu tchadien a été tué et quatre autres blessés dans l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule, le dimanche 7 août dernier, à Aguelhok. Cette attaque a été suivie d’une autre explosion à Kidal qui n’a pas fait de victime.
Outre les attaques ciblées contre les soldats onusiens, d’autres plus pernicieuses, sont de plus en plus menées contre plusieurs autres localités du pays.
Ainsi, le même dimanche soir, à Gossi, c’est un homme armé qui a attaqué, vers 1 heure du matin, la Maison des jeunes lors d’un concert. Le bilan de cette fusillade fait état d’un mort et de quatre blessés. Toujours dimanche, dans la commune rurale de Kerena, dans le cercle de Douentza, la tante du maire de la commune rurale a été assassinée par deux individus armés. Les meurtriers ont aussi blessé gravement le neveu de l’élu qui a été évacué à l’hôpital régional de Mopti. Les faits se sont déroulés dans le quartier secteur de Douentza aux environs de 20 heures.
Dans la nuit de vendredi à samedi, le village de Koiratao, dans le cercle de Niafunké (Tombouctou), a été attaqué et pillé par des hommes armés, selon des sources concordantes. En effet, rapporte-t-on, les assaillants ont fait irruption dans la bourgade aux environs de 23 heures et ont encerclé des jeunes du village qui prenaient le thé. Ils ont effectué des tirs de sommation avant de piller plusieurs concessions. Après avoir occupé la localité pendant 3 heures, ils ont emporté 3 motos, une charrette, des téléphones portables et vidé la boutique du village.
Le dimanche 7 août 2016 vers 17 heures, un convoi de ravitaillement de nos Forces armées et de sécurité (FAMAS) a fait l’objet d’une attaque terroriste entre Ténenkou et Diafarabé. Les combats se sont poursuivis dans la matinée du lundi 8 août 2016.
Les affrontements se sont déroulés dans une zone située entre Ténenkou et Diafarabé, dans la région de Mopti.
Côté FAMA, le bilan fait état d’un blessé, cinq portés disparus, un véhicule calciné et quatre autres emportés. Cette information a été donnée par le ministre de la Défense et des Anciens Combattants qui annonce que des actions sont en cours en vue de retrouver les disparus.
L’attaque a été revendiquée par le groupe djihadiste Ansar Eddine qui affirme avoir « tué plusieurs Maliens ». Ce groupe a aussi revendiqué une attaque meurtrière perpétrée contre le camp de Nampala, le 19 juillet, qui a fait 17 morts, 37 blessés et aussi 5 portés disparus.
À part des communiqués de condamnation, la MINUSMA n’a visiblement pris aucune mesure allant dans le sens de la poursuite d’actions concrètes contre ces criminels. Alors que ce bilan est en tout cas suffisamment lourd pour que la MINUSMA prenne ses responsabilités, notamment en mettant en application la résolution 2295.

Ce que dit le mandat
En effet, cette résolution donne comme mandat à la MINUSMA la priorité stratégique d’aider le gouvernement à appliquer l’accord de paix conclu, il y a un an, avec des groupes armés du Nord, à rétablir son autorité sur le nord et le centre du pays, et à organiser des élections crédibles. Dans ce cadre, le Conseil de sécurité a demandé à la MINUSMA d’adopter une « position déterminée et ferme » pour mener à bien son mandat. La résolution autorise, par la même occasion, la Mission « à utiliser tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat, dans les limites de ses capacités et dans ses zones de déploiement ».
Qu’attend alors la MINUSMA pour s’assumer ? En tout cas, la colère a suffisamment gagné une population qui semble comprendre autrement le rôle de la Mission onusienne dans son pays. Cette colère, le président du HCIM ne s’est pas fait prier pour l’exprimer récemment lors du Forum national des leaders religieux du Mali sur l’accord de paix, en présence des responsables de la Mission.
Visiblement énervé par l’inertie de la Force onusienne, face aux terroristes, DICKO s’est demandé quelle est la mission réelle de la MINUSMA. Cette interrogation du président du HCIM est majoritairement partagée par les Maliens. Pour bon nombre de nos compatriotes, la force onusienne n’a plus sa raison d’être dans notre pays si elle ne peut pas protéger les civils et leurs biens, conformément à son mandat.

PAR SIDI DAO

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