Search
vendredi 18 août 2017
  • :
  • :

Recrudescence des violences au Nord: un sabotage du processus de paix ?

Depuis le début de ce mois de janvier, les régions du Nord de notre pays ont basculé dans la violence par la simple volonté de certains groupes armés, alors que les parties sont en négociation pour un accord de paix, dont le prochain round est attendu en février. Violation du cessez-le-feu ou guerre de positionnement pour ces groupes armés ?

Les prochains tours de table sur l’accord de paix inter-Maliens s’annoncent plutôt préoccupants. Alors qu’on s’attendait à un climat apaisé, dans les régions du nord de notre pays, c’est au contraire un regain de tensions qui embrasse la zone. Depuis le début du mois, les actes barbares et d’intolérance sont devenus le lot quotidien de nos populations.

Samedi dernier, une attaque contre un camp de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à Kidal a tué un Casque bleu du contingent tchadien, et blessé quatre autres.

Auparavant, une grenade avait explosé entre les mains d’un enfant de 7 ans à Gao. Selon un témoin, l’enfant a ramassé l’engin en milieu de journée à côté de la station d’essence SOMAYAF de Gao.

La présence des engins explosifs à l’intérieur de la ville de Gao est de plus en plus fréquente. Au début de cette semaine, un engin explosif, dissimulé dans un pneu au niveau d’un rond-point de la ville, a été découvert par des passants. Il a été désamorcé par les forces de la MINUSMA.

Dans la première semaine du mois, la ville de Tenenkou dans la région de Mopti, a été attaquée par des individus armés.

Bien avant, il y a deux semaines, les extrémistes armés avaient attaqué les positions de l’armée malienne à Nampala, dans la même zone, tuant plusieurs militaires et s’emparant de matériels de guerre.

Quelques jours plus tard, ils avaient incendié des bâtiments publics dans la localité de Dioura. Alors que le 31 décembre, une attaque sur le convoi du maire de la commune d’Anderaboukane, non loin de Ménaka (région de Gao) a fait trois victimes, soient un mort et deux blessés, qui ont été évacuées sur l’hôpital de Gao.

Quarante-huit heures plus tôt, un bateau transportant des passagers et des biens avait essuyé des tirs d’hommes non identifiés près de village de Tinefewa, village situé à 50 km à l’est de Ber, dans la région de Tombouctou.

Cette dernière attaque avait été précédée d’affrontements armés dans les localités de Zarho, région de Tombouctou, et Bamba, région de Gao, a rapporté la MINUSMA qui souligne avoir pu constater qu’une boutique du marché de Bamba a été incendiée, sans doute par vengeance.

Par ailleurs, de vives tensions persisteraient toujours, et cela, depuis mercredi dernier, entre deux groupes armés dans la localité de Ber au sujet de la libération de personnes respectivement prises en otage par les deux groupes.

La MINUSMA a condamné toutes ces violations du cessez-le-feu et ces atteintes aux droits de l’homme. Les responsables de la mission Onusienne ont indiqué que leurs auteurs auront à répondre de leurs actes.

Ces violences interviennent à la veille d’un nouveau round de négociations entre le gouvernement et les groupes armés. Ce qui veut dire que malgré les positions de plus en plus conciliantes, certains groupes, présents dans le processus de dialogue d’Alger, sont fortement mis en cause, dans ces violences. Tout porte aujourd’hui à croire que ces attaques violentes relèvent d’une stratégie de positionnement pour les groupes armés, en vue de l’accord de paix qui profile à l’horizon.

Par Sidi DAO 

 

 

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *