Rééducation pratique sur le bégaiement: l’ONG Asso + au secours de 15 jeunes bègues

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L’ONG Association-Solidarité pour le développement plus, communément appelée ASSO+, en partenariat avec l’Association des orthophonistes du Mali et le soutien financier de la SOMAFREC (Société malienne de froid, d’électricité et de construction), organise, depuis hier lundi, et ce jusqu’au vendredi prochain, à son siège, sis à Kanadjiguila, un séminaire de rééducation pratique sur le bégaiement.

Placée sous le patronage du secrétaire exécutif de l’ONG ASSO+, Moussa Fodé TRAORE, la cérémonie d’ouverture de cet atelier de 5 jours, s’est déroulée en présence du président de l’Association vaincre le bégaiement (AVB), Soumaila COULIBALY. On y notait également la présence du consultant Issa COULIBALY, orthophoniste, chargé de la formation pratique, d’autres responsables de l’ONG ASSO+ et les jeunes participants.
D’entrée de jeu, le secrétaire exécutif de l’ONG ASSO+ a défini le bégaiement comme un trouble de la fluence qui perturbe de façon plus ou moins accentuée le rythme de la parole. En effet, note-t-il, le bégaiement se manifeste par la répétition de syllabes ou de mots complets et par d’occasionnelles prolongations de sons.
Selon M. TRAORE, on estime à environ 70 millions de personnes qui sont touchées par le bégaiement dans le monde, soit environ 1 % de la population mondiale.
Au Mali, indique-t-il, 150 000 personnes souffriraient de ce handicap.
Les causes du bégaiement, soutient-il, sont certes multiples, mais elles se regroupent en 2 facteurs essentiels : les facteurs prédisposant qui sont : l’hérédité, le sexe (3 à 4 pour 1 fille), le trouble de la latéralité (il y a plus de bègues chez les gauchers et chez les sujets mal latéralisés), le trouble de l’acquisition du langage et de la parole, les facteurs psychologiques et l’environnement familial.
Les 2es facteurs dits déclenchants sont le déménagement, la naissance d’un cadet, la mise à l’école, la séparation, tout traumatisme affectif et toute source de tension.
Dans la même dynamique, Moussa Fodé TRAORE a fait savoir qu’il existe 3 formes de bégaiement clonique, caractérisé par la répétition en salves ou en saccades explosives d’un phonème ou d’une syllabe. Le bégaiement tonique, le plus pénible et le plus éprouvant, caractérisé par un aspect spasmodique avec des blocages du flux de l’émission verbale qui seront plus ou moins important et qui se produiront en début ou en fin de phrase. Le bégaiement tonico-clonique, association des deux formes, mais avec prédominance de l’une ou de l’autre des formes…
Par ailleurs, a-t-il rapporté, le bégaiement apparait chez l’enfant à bas âge, selon les tranches d’âge suivantes : 27 % des enfants avant 3 ans ; 68 % entre 3 et 7 ans ; 5 % après 7 ans (selon une étude réalisée par L RUSTIN, en 1992).
« Il convient de mentionner qu’aucune thérapie ne peut éliminer la présumée cause physique du bégaiement, on ne peut donc parler de guérison. Dans ce cas, une thérapie aide plutôt l’enfant à compenser son handicap en contrôlant les manifestations de celui-ci. Elle aide également l’enfant à surmonter ses sentiments de honte et d’embarras et à développer une attitude ouverte et objective envers son élocution », a-t-il expliqué.
C’est pourquoi son organisation, avec le soutien financier de l’entreprise SOMAFREC, a initié cette séance de formation de rééducation sur le bégaiement, dont l’objectif est l’épanouissement économique et social des personnes bègues. De façon spécifique, il s’agit de contribuer à la démystification du bégaiement au Mali ; sensibiliser les populations sur les causes du bégaiement ; réduire le bégaiement des personnes qui en souffrent ; favoriser l’épanouissement des personnes qui bégaient ; et réduire la déperdition scolaire des enfants bègues.
Le secrétaire exécutif de l’ONG ASSO+ est persuadé que le bégaiement peut devenir un sérieux handicap chez l’enfant. Au fait, soutient-il, il peut entrainer une diminution de l’estime de soi, affecter le développement social et limiter les opportunités éducatives et professionnelles.
« L’enfant qui bégaie ne comprend pas pourquoi il ne lui est pas possible de parler régulièrement avec fluidité. De plus, son désir d’être comme les autres enfants aiguise ses sentiments d’insécurité, de honte et de culpabilité relativement à son bégaiement, car l’enfant s’identifie à ses camarades et lutte pour leur être semblable. Le ou la jeune qui bégaie peut également réagir aux attentes de ses parents, des adultes qui lui enseignent et des autres personnes qui souhaitent l’entendre parler comme les autres enfants », a-t-il souligné.
En tout état de cause, reconnait M TRAORE, cette formation de rééducation d’une semaine n’est pas suffisante pour réduire significativement le bégaiement, mais elle pourra servir de base pour une rééducation continue des bègues et une prise de conscience de l’environnement social des personnes bègues.
Le président de l’Association vaincre le bégaiement a vivement remercié l’ASSO+ pour cette belle initiative. M COULIBALY s’est dit honoré de savoir qu’il y a d’autres acteurs engagés dans la lutte contre le bégaiement.
Aussi, a-t-il invité d’autres bonnes volontés à s’investir pour réduire le stress dont souffrent les personnes bègues.
Le formateur, lui a surtout invité les participants à suivre et appliquer les exercices pratiques qui leur seront dispensés au cours de cette formation dont ils verront l’impact positif sur eux-mêmes.

Par Sékou CAMARA

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