Réfection et mise à niveau de l’hôtel Afriqiyah: qui veut flouer les entreprises maliennes

Mauvaise volonté, mauvaise foi ou simple dessein de flouer ou de duper les entreprises maliennes qui ont été employées dans le cadre des travaux de réfection et de mise à niveau de Afriqiyah (ex-Mariétou Palace) situé sur la berge gauche du fleuve Niger juste au pied du pont des Martyrs. En tout cas, le Groupe Itqane Développement, une société basée au Maroc, est, aujourd’hui, citée par un de ses créanciers maliens pour refus de paiement de leur argent. C’était à la faveur d’une conférence de presse, animée, hier dimanche à la Maison des Jeunes, par l’entrepreneur Sega KONATE de la Société SEKO & CO.

Notre pays abritera en janvier 2017, le Sommet Afrique-France. Pour cette occasion, en plus d’une cinquantaine des chefs d’Etat et de gouvernement des pays africains, plus 3.000 délégués sont attendus dans notre capitale. Au-delà du caractère diplomatique et des aspects financiers pour le Mali, l’un des principaux défis à relever pour la réussite de cet événement sera sans nul doute la mise à disposition pour les personnalités de marque invitées des meilleures conditions d’hébergement. Voilà pourquoi plusieurs établissements hôteliers font depuis quelques mois des peaux neuves, à travers des travaux de réfection, de rénovation et de remise à niveau.
L’hôtel Afriqiyah (ex-Mariétou Palace), situé sur la berge gauche du fleuve Niger juste au pied du pont des Martyrs, n’échappe pas cette réalité. Pour ce faire, il nous est revenu que le choix a été porté sur une société marocaine du nom de Itqane Développement qui serait l’heureux adjudicateur du marché de réfection dudit établissement hôtelier d’un montant de 5 milliards de FCFA. Pour l’exécution correcte des travaux ayant débuté en septembre 2015, la société Itqane, en guise de sous-traitance, aurait, selon le conférencier, engagé quatre entreprises maliennes dans différents domaines (comme le froid, la maçonnerie, etc.) parmi lesquelles : son entreprise SEKO & CO.
Après avoir paraphé les contrats à Bamako, puis envoyer au Maroc pour signature définitive par les premiers responsables de la Société, les quatre entreprises maliennes ont, en toute bonne foi, commencé à exécuter leurs obligations contractuelles conformément aux termes des contrats paraphés.
Mais il a été à un certain moment où plusieurs difficultés ont surgi rendant, a confié Séga KONATE, l’entreprise marocaine défaillante par rapport au respect de ses engagements pris vis à vis des entreprises maliennes qui travaillaient sur le site.
Parmi ces difficultés, révèle-t-il, l’exigence des prestataires maliens d’avoir leurs contrats dûment signés et surtout le droit de se faire payer à temps selon les termes du contrat qui stipulent que les virements bancaires ne doivent pas dépasser un délai d’une semaine. Une requête, certes légitime et justifiée mais qui a suffi de motif pour les responsables d’Itqane Développement pour résilier unilatéralement les contrats qui les liaient aux quatre entreprises maliennes.
En tout cas, c’est de cette manière que le conférencier du jour l’explique. Ce d’autant plus, estime-t-il, l’ordre leur a été donné, sans motif valable, d’arrêter les travaux sur le chantier. En lieu et place de leurs entreprises, enfonce-t-il le clou, la société marocaine aurait fait débarquer des Guinéens qu’elle a fait travailler en plein régime.
Voilà pourquoi, les entreprises maliennes, face à cette situation sur fond d’un scandale financier, réclame leurs dus. Sur ce plan aussi, c’est la croix et la bannière puisque la société débitrice refuse jusqu’à présent, comme l’explique M KONATÉ, de s’acquitter de ses obligations contractuelles.
« Moi qui vous parle, j’ai fini mes travaux depuis le 8 février 2016. À l’heure où je vous parle, les responsables de la société n’ont pas payé intégralement mon argent qui s’élevait à 20 millions de FCFA entre le mois d’octobre 2015 et le mois de février 2016. J’ai reçu le premier virement sur mon compte seulement au mois de décembre 2015. Suite à plusieurs protestations et plaintes de ma part auprès de la société, un deuxième acompte a été payé en janvier 2016. Mais depuis lors, je cours derrière le reliquat de mon argent qui s’élève à plus de 4 millions de FCFA », a déclaré M. KONATÉ, qui affirme engager un avocat pour s’occuper de son cas.
Mais il se trouve aussi que ce dernier a des difficultés à cause du fait que le siège de la Société mère est basé au Maroc sans compter aussi que ses représentants à Bamako ont quitté le pays.
« Toutes les entreprises qui ont travaillé pour la société Itqane développement, la poursuivent en Justice. Mais notre malheur est qu’aucun de ses responsables n’est sur place. Même leur chef de chantier qui était à Bamako a été rapatrié », s’est-il indigné.
Face à cette situation rocambolesque, pour le moins révoltant, M. KONATÉ, à travers cette sortie, a voulu attiré l’attention des autorités sur leur détresse afin que des actions soient diligentées pour que les entrepreneurs maliens puisent rentrer dans leurs droits en percevant l’intégralité de leur argent.
En tous cas, M. KONATÉ, qui ne sait plus à quel saint se vouer, demande au sens de responsabilité de l’Etat pour un dénouement heureux et rapide qui risque d’entacher les bonnes relations entre le Maroc et notre pays.

Par Mohamed D. DIAWARA

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