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jeudi 26 avril 2018
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Référendum: égarement de certain syndicalistes

Dans notre pays, pendant ces durs moments de tiraillement entre les partisans du Oui et du Non à la réforme constitutionnelle, des syndicalistes n’ont pas hésité de monter au diapason pour faire de la lutte contre le projet de révision constitutionnelle leur cheval de bataille, au détriment de la lutte syndicale qui constitue leur raison d’être.
Pour preuve, au lieu de réjouir de la promulgation du nouveau Code de travail, qui est en soi une avancée dans la prise en charge de certaines revendications syndicales, des responsables syndicaux s’insurgent contre une révision constitutionnelle qui ne les rapporte rien, sur le plan de l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.
Ainsi, les préoccupations des travailleurs sont reléguées au second plan. Donc une dangereuse liaison entre le politique et le syndical qui risque d’effriter la confiance entre les travailleurs et leurs dirigeants syndicaux. Pour preuve: une récente relecture du Code du travail est passée inaperçue sans que les syndicalistes ne pipent mot pour saluer cette avancée longtemps recherchée ; et sensibiliser leurs militants sur son contenu.
Il n’est un secret pour personne que l’une des raisons fondamentales de la révision constitutionnelle, initiée par le Président IBK, est d’adapter la Constitution du 25 février 1992 au contexte actuel du pays, marqué par une crise multidimensionnelle dont il est en train de sortir lentement mais surement.
Nonobstant la pertinence de cette initiative, maintes fois exprimée par les différents régimes, certains compatriotes s’y opposent farouchement. Des manifestations se multiplient pour contraindre les plus hautes autorités à renoncer à ce projet de réforme constitutionnelle.
Dans le rang des partisans du Non au référendum, se trouvent des leaders syndicaux qui semblent ignorer leur combat pour occuper le terrain politique au détriment de celui syndical. Ceux-ci semblent reléguer au second plan l’essentiel de leur combat qui est avant tout la lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs. Un égarement qui en dit long sur leurs véritables prétentions, car ces leaders syndicaux seraient plus utiles sur le terrain de la revendication au lieu de prendre position contre la révision constitutionnelle qui ne met nullement en cause les libertés individuelles, collectives, notamment syndicales.
Dans leur égarement, les syndicalistes ont accordé peu d’importance à l’adoption de la Loi N°2017-021/ du 12 Juin 2017 portant Code du travail en République du Mali.
Le Code du travail, nouvelle formule, prend en compte beaucoup de revendications des syndicats relatives à l’amélioration des conditions de vie et de travail de leurs militants.
Aussi, une grande préoccupation qui revient toujours dans les recommandations des syndicats, à savoir l’organisation des élections professionnelles, est prise en compte dans le nouveau Code.
Avec une telle avancée dans le domaine du travail, il est étonnant de voir des grands responsables syndicaux brillés par le silence, en s’affichant sur d’autres fronts. En tout cas, au lieu de servir leurs salives dans les débats référendaires et de gaspiller leur énergies, il serait plus judicieux que ces syndicalistes sensibilisent leurs militants sur le contenu du nouveau Code de travail qui constitue aujourd’hui une grande avancée pour les travailleurs du pays.
En agissant autrement, (comme c’’est le cas présentement) l’on est en légitime droit de s’interroger si ces responsables syndicaux se soucient réellement de l’amélioration des conditions de vie et de travail de leurs militants et compagnons de lutte, au nom et pour le compte desquels, ils prétendent agir.

PAR MODIBO KONE




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