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mardi 21 novembre 2017
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Réflexion sur la question du nord : L’autochtonie touarègue contestée

Faisant une plongée dans la grande Histoire du Sahara et du Sahel, M. Khaman Ibrahima SIDIBE, juriste, établit, avec forces détails, l’antériorité ou la primauté de l’occupation dudit espace par le peuple Soninké, fondateur du premier grand Empire de cette zone. Suivent ensuite les Malinké, les Songoy, les Bellahs, les nomades Peuls et…enfin les 3 autres groupes nomades que sont les Touaregs, les Maures et les Arabes. Toutes choses permettant de réfuter, par des faits historiques indéniables, le droit des Touareg à revendiquer le droit public international à « l’autodétermination » des peuples sur un territoire qu’ils n’ont pas été les premiers à occuper, ni les seuls au fil du temps. Donc, pour paraphraser le président IBK : « Sachons raison garder ».

Lisez plutôt, ci-dessous, cette contribution percutante, sauf à signaler que le peuple Mossi n’est pas venu au Mali « dans le sac » de la colonisation française, si l’on se réfère aux origines de cette communauté issue du métissage entre Malinkés/Samagos, comme son nom l’indique (Môgô si=souche humaine), et un groupe venu de l’actuel Ghana. Mieux, un dignitaire Mossi, récemment invité de l’émission « rites et traditions » de la télévision Africable, a confié que le nom de la capitale du Burkina Faso (Ouagadougou) était une référence à leur origine de l’Empire du Ouagadou ou Empire du Ghana par le fait de chroniqueurs arables ayant déformé le titre du Roi Kaya Magan, en vérité Kangué Magan (roi de l’or, en langue soninké). En plus de cela, les Mossi ont régné sur Tombouctou et Gao avant d’en être chassés par Ségou respectivement en 1787 (N’Golo) et en 1802/1804 (Monzon). D’ailleurs, un film historique sur « l’épopée mossi », initié par l’État burkinabé, doit retracer ces événements, dont le premier épisode concerne justement « la prise de Tombouctou » par les cavaliers du Moro Naba (Môgô Naba, en langue malinké), l’empereur mossi.  

VÉRITÉS SUR LA QUESTION TOUAREG AU MALI

À l’entame du second round des négociations avec les groupes rebelles et armés du nord il est opportun de réfléchir à une stratégie cohérente et efficace de défense des points de vue de la délégation malienne.

Le but de ces pourparlers étant de parvenir à une réconciliation véritable et à la renaissance de l’harmonie, de la concorde et de la fraternité qui ont toujours uni les peuples du Mali, il importe que toutes les parties soient animées d’une réelle bonne foi et d’un esprit de coopération dans la bonne volonté.

Toutefois, pour la partie malienne, il est essentiel que les négociateurs soient à même d’apporter, si nécessaire, des réponses pertinentes et appropriées à toutes les questions soulevées par les groupes rebelles armés.

Pour cela il faudrait que les représentants du pays se départissent de cette attitude préjudiciable au Mali, appelée « moussalakha », qui consiste à toujours vouloir régler les conflits sans aller au fond des différends, sans se dire vraiment la vérité et en adoptant une parfaite posture d’hypocrisie.

Il semble bien que c’est là l’une des raisons principales de la récurrence et de la résurgence des rébellions cycliques que le pays a connues.

Les vérités essentielles qui devraient être signifiées aux rebelles et qui doivent être connues de tous les Maliens et surtout de tous les cadres des chancelleries et des formations consulaires du Mali peuvent être structurées comme il suit :

1) Vérité sur la question des origines.

Presque toutes les populations autochtones du Mali actuel sont issues des premiers habitants de la contrée que sont les Wankarans qui ont précédé le royaume de Wagadou, la première entité politique de l’Afrique de l’Ouest fondé par Dïnga et Diabé Cissé et qui a atteint son apogée au 3e siècle apr. J.-C.

Aujourd’hui, la quasi-totalité de la cinquantaine d’ethnies que compte le Mali est constituée de peuplades autochtones c’est à dire qui ont, depuis des temps immémoriaux, toujours vécu sur les terres ancestrales qu’elles continuent d’occuper à l’heure actuelle.

Parmi elles, seules quelques unes sont reconnues comme originaires d’un autre pays que le Mali actuel.

Ce sont en l’occurrence, pour les plus significatives en nombre, les Peulhs, les Arabes, les Touaregs et les Mossi.

Les derniers nommés, les Mossis, sont arrivés en grand nombre à la faveur du gigantesque projet colonial d’aménagement de l’Office du Niger initié à partir de 1895 par la France.

Ils constituent dans la vallée du fleuve Niger, et principalement dans la région de Ségou, une communauté très bien intégrée au terroir.

Les trois premiers, Peulhs, Arabes et Touaregs constituent ce que l’on appelle communément le groupe nomade.

La présence des Peulhs, auxquels sont assimilés les Toucouleurs, est signalée dans l’aire géographique malienne depuis le 3e siècle, apr. J.-C., dans le royaume de Wagadou.

En effet, il est reconnu et authentifié que les Peulhs maliens, dont les ancêtres ont transité par l’Éthiopie, sont les descendants d’une princesse Soninké du nom de Maraka Bintou Tounkara qui a donné naissance aux quatre lignées patriarcales peules que sont les Diallo, les Diakité, les Sidibé et les Sangaré.

C’est, du reste, cette filiation qui justifie qu’encore aujourd’hui les Peulhs donnent le titre honorifique de Kaw, signifiant oncle, à tout soninké considéré comme le frère de leur ancêtre Maraka Bintou Tounkara.

Les Peulhs constituent la fraction la plus importante du groupe nomade malien dont ils représentent plus des deux tiers.

Ils ont fondé ou conquis de nombreux royaumes dont ceux restés dans les limites territoriales du Mali actuel sont : le Macina, le Kounary, le Séno, le Pondori, les six royaumes peulhs du Wassoulou malien, le Fouladou, le Birigo, le Ganadougou, une grande partie du Kasso et enfin le Banimonotiè où ils constituent l’ethnie politiquement dominante tout en étant une minorité.

C’est une ethnie également bien intégrée au terroir.

En dehors de conflits entre les pasteurs qu’ils sont et les agriculteurs, conflits inhérents à la transhumance de leurs troupeaux, on ne connait pas d’épisode de rébellion peulh contre le Mali post colonial.

Pour ce qui concerne les deux dernières ethnies de ce groupe nomade auxquelles il faut ajouter les maures, à savoir les Arabes et les Touaregs, on notera que la présence d’explorateurs et de commerçants arabes est signalée très tôt dans l’empire du Ghana qui a fini par s’étendre à son apogée jusqu’au littoral de l’océan atlantique englobant la Mauritanie et le Sénégal actuels.

Les Arabes sont mieux intégrés au terroir que leurs cousins Touaregs. Leurs relations avec les peuples négroïdes du Mali ont toujours été harmonieuses ce qui a facilité l’islamisation sans heurts de ces derniers.

Ce n’est qu’au dixième siècle de notre ère, soit près de 700 ans après, que les peuplades arabo-berbères notamment touaregs, originaires principalement de l’Algérie et de la Lybie, se signalent comme une entité et une force politique avec l’essor de la ville d’Aoudagost dont les vestiges sont situés dans le sud-est de l’actuelle Mauritanie.

Leur installation, de même que celle des Arabes, dans le nord du Mali est le fruit de contacts et de migrations dont le paroxysme est atteint au 16e siècle apr. J.-C., à la chute de l’Empire Songhoï, après la célèbre bataille de Tondibi remportée par l’armée almoravide marocain d’Ahmed Al Mansour Saadi, qu’ils ont soutenue contre les troupes de l’Askia Ishaq 2

Il importe de préciser que l’armée qui a défait les Sonrhaï à Tondibi en 1591 était essentiellement composée de 3.000 combattants espagnols andalous, équipés de mousquets, contre lesquels les flèches et les lances des autochtones ne pouvaient absolument rien.

Cette parenthèse sur l’origine des ethnies du Mali actuel montre clairement, d’une part, que le MNLA est issu d’une communauté venue d’une contrée lointaine, extérieure à l’actuelle aire géographique malienne et, d’autre part, que l’intégration des touaregs à la communauté formée par les ethnies du Mali actuel est de dernière génération.

Cette vérité sur les origines et la chronologie de l’arrivée des touaregs maliens dans le territoire que le MNLA revendique ne contredit en rien leurs droits citoyens.

Elle interdit cependant et simplement que ceux-ci aient plus de droits que les peuples autochtones qui les ont accueillis ou qu’ils ont trouvés sur les lieux à leur arrivée et surtout elle leur dénie le droit de revendiquer une quelconque souveraineté sur un territoire qui a été occupé des milliers d’années avant eux par d’autres communautés qui ne l’ont jamais abandonné.

2) La Vérité sur la question du poids démographique des touaregs.

Au Mali, le poids démographique des Touaregs est infinitésimal. Ils font, comme indiqué plus haut, partie d’un groupe hétéroclite minoritaire appelé le « Groupe Nomade » constitué par les Peulhs ; les Arabes et les Touaregs.

Même dans ce groupe nomade ils sont la plus petite communauté si l’on retranche de leur entité ethnique le sous-groupe négroïde des Bêlas, qui étaient anciennement leurs esclaves, et qu’ils continuent de maintenir dans les liens de la servitude malgré l’abolition de l’esclavage.

Le Groupe Nomade en question ne fait que 17 % de la population totale du Mali, soit environ 2.550.000 personnes, dont plus des deux tiers sont constitués par les Peuhls.

Aussi, faut-il se rendre à l’évidence que même si le MNLA et les autres mouvements armés arabes représentaient l’ensemble de leurs communautés respectives cela, du reste, ne ferait guère plus de 750.000 personnes.

Cette analyse est très largement corroborée par les résultats du dernier recensement biométrique dénommé RAVEC au cours duquel on a recensé que 81 876 personnes dans la région de Kidal.

Alors se posera la question de savoir s’il peut être juste, équitable et même seulement politiquement correcte de parler ou d’envisager de céder plus de 66 % du territoire malien à une communauté ne représentant même pas 5 % de la population.

3) Vérité sur la Question de l’autodétermination ou de l’indépendance.

Le MNLA a clamé sur les toits de tous les médias occidentaux que les Touaregs sont les héritiers légitimes du territoire composé par les régions administratives de Gao, Tombouctou et Kidal qu’ils ont péremptoirement baptisé AZAWAD.

C’est en se fondant sur ce « legs ancestral » que le mouvement irrédentiste estime être en droit de revendiquer la sécession de cette partie du territoire national ou tout au moins une « large autonomie » pour tout le septentrion malien.

Or, pour parler d’autodétermination ou d’indépendance, il ne suffit pas seulement d’être une minorité nationale, il faut avoir préalablement existé comme une entité politique indépendante, ayant durablement administré le territoire revendiqué, et avoir perdu sa souveraineté sur ce territoire soit par suite d’un acte colonial soit du fait d’une annexion consécutive à une guerre.

C’est ainsi que le droit International public conçoit la chose et cela ressort très clairement du principe onusien selon lequel « La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération mondiales ».

C’est à partir de cette conception qu’a été construit le principe juridique de l’autodétermination ou plus exactement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La revendication du MNLA satisfait-elle à ces conditions limitatives ?

En réponse à cette question, on observera, d’entrée de jeu, qu’historiquement il n’a jamais existé dans la contrée une entité politique ou administrative dénommée AZAWAD et surtout on admettra l’évidence du postulat que l’on ne peut hériter que du patrimoine laissé par son père ou ses ancêtres.

Le patrimoine que constituent les régions de Gao, Tombouctou et Kidal a-t-il jamais été propriété des touaregs du Mali ?

La vérité-réponse à cette question subsidiaire est relative à des réalités normalement à même de tempérer les velléités indépendantistes du MNLA et de tous autres groupes armés et surtout elle devrait définitivement fixer la communauté internationale sur l’absurdité historique et anthropologique de l’autodétermination ou de l’indépendance de cette minorité.

À la vérité, ladite aire géographique n’a jamais été administrée par une entité politique touarègue, car de toutes les ethnies du Mali les touaregs sont les seuls qui, dans l’histoire du pays, ne laissent trace d’aucun royaume qu’ils ont fondé ou administré comme tel.

En effet, en dehors du royaume d’Aoudagost, fondé au 10e siècle de notre ère, dont les vestiges se trouvent dans l’actuelle Mauritanie et de l’Oudalan au Burkina Faso, on ne connaît pas d’entité politique fondée et administrée par les Touaregs dans les limites de ce qu’ils nomment aujourd’hui l’AZAWAD.

On peut cependant leur reconnaitre quelques périodes de relative autonomie sous le règne, pendant 70 ans, de Jouder le chef des combattants espagnols et de ses multiples successeurs qui ont géré le Khalifat almoravide institué sur l’espace de l’empire Songhoï par le Sultan marocain Ahmed Al Mansour Saadi après la bataille de Tondibi en 1591.

Djibril Tamsir Niane écrit que « même lorsqu’à l’affaiblissement de l’Empire du Mali, les Touaregs ont pris Tombouctou en 1433 et l’ont soumise pendant 35 ans, jusqu’en 1468, ils ont laissé en place le gouverneur représentant le souverain du Mali » pour signifier que ce dernier continu d’être le propriétaire des lieux ; eux se contentant de prélever l’impôt sur les populations.

Ce fut également la même situation à la fin de la domination coloniale quand la puissance coloniale a envisagé de créer une entité politique touareg avec « les tribus et les fractions » dans le cadre de l’OCRS dans la perspective d’une prochaine exploitation des richesses minières et minérales du Sahara.

Aussi, faut-il, sans jamais contester la présence de cette ethnie sur une partie du territoire revendiqué, noter avec une certaine perspicacité que l’aire géographique ne leur a jamais appartenu parce qu’il n’existe aucune preuve qu’ils aient réalisé une conquête ou une annexion des lieux.

Les détenteurs de droits coutumiers et ancestraux sur le sol les ont vu venir par petits groupes et les ont toujours tolérés, conformément au principe sacré d’hospitalité des peuples négro-africains du Mali, malgré les razzias auxquelles ils s’adonnaient quelques fois.

D’ailleurs, leur mode de vie d’antan, fondé sur la pratique du nomadisme, ne les prédisposait guère à occuper une terre et à l’accaparer durablement.

C’est ce qui a fait que les propriétaires véritables du sol n’avaient pas besoin de les en chasser sachant qu’ils s’en iront toujours d’eux-mêmes comme des gitans.

Aussi, n’ayant jamais détenu de droits ancestraux sur ledit territoire et n’ayant jamais été colonisé par l’État du Mali on ne voit donc pas comment les touaregs pourraient être les héritiers légataires des lieux et encore moins comment il pourrait s’agir de demander une quelconque indépendance.

Cela fait que leur velléité de séparation d’avec le Mali ne pourrait être regardée que comme une tentative de sécession, car à l’inverse de la déclaration faite dernièrement à Alger, insinuant qu’ils ont souhaité une entité politique spécifique en 1958, les Touaregs, les Arabes et les Maures du Mali sont, eux aussi, fondateurs du nouvel état malien né en 1960.

Comme telle, une tentative de séparation d’avec ce Mali, de leur part, ne peut être regardée que comme une sécession qui est contraire au principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation désormais bien établi dans le droit international public.

À l’opposé, les Soninkés ont possédé et administré l’espace querellé du 3e au 11e siècle de notre ère, soit pendant près de 800 ans, durant l’existence de l’Empire du Ghana depuis Dïnga et Diabé Cissé jusqu’au dernier des Kaya Magan.

Cela est une vérité incontestable suffisamment attestée par la présence des Soninkés disséminés tout autour de ladite aire géographique aux abords immédiats du désert qu’est devenu leur espace national.

C’est la désertification qui a fait éclater la communauté soninké que l’on retrouve au Mali, au Sénégal et en Mauritanie installé essentiellement aux confins de la partie du Sahara que revendiquent les touaregs maliens et où se trouvent les vestiges de leur prestigieux capital : Koumbi Saleh.

Si donc quelqu’un devait être autorisé à revendiquer en héritage une quelconque souveraineté sur ledit territoire, ce ne pourrait être que les Soninkés en tout premier lieu.

Et dans un ordre strictement chronologique les Mandénkas pourraient, eux aussi, légitimement succéder aux Soninkés en termes de revendication d’un héritage ancestral sur ces lieux, cela, en raison de ce qu’ils ont, dans le cadre de l’Empire Mandingue, possédé et administré ledit territoire et surtout ils y ont exercé une pleine et entière souveraineté.

Là, il est intéressant de noter que ce sont les Mandénkas qui sont les vrais fondateurs de la ville de Tombouctou.

Car, ce que l’on retient comme fait historique important, notable et incontestable à ce sujet c’est que la ville de Tombouctou a été bâtie autour de la Grande Mosquée Dinguiraye Ber, édifiée à partir de 1325, à l’initiative de l’Empereur Mandingue Kankou Moussa Kéita.

L’édifice a été conçu et bâti par un architecte andalou dénommé Abou-Ishaq es-Sahéli, à qui le Mansa offrit 40 000 mitqals (200 kg) d’or pour la construction.

C’est autour de cette Grande mosquée que la ville s’est peu à peu développée pour devenir, quelques siècles plus tard, une des plus grandes et plus prestigieuses métropoles de la région.

Il faut donc que l’on cesse de travestir l’origine historique du mot Tombouctou dans le seul dessein de le «targuiser» pour trouver par cette contre-vérité anthropologique une porte d’entrée relativement lointaine dans l’histoire de la région.

En effet, se fondant sur le fait que le mot Tim signifie puits, en «tamashek» la langue des Touaregs, on a tenté de faire avaler à la communauté internationale que la ville de Tombouctou a été fondée par les touaregs qui en serait alors les légitimes héritiers aujourd’hui.

Car, dit-on, c’était un campement targui fondé par une femme du nom de Bouctou et le lieu s’appellerait originellement Timbouctou ou « le puits de «Bouctou».

Comment le nom du lieu est passé de Timbouctou à Tombouctou on ne dit mot.

On a vu des mots ou des noms subir des variations par altération ou par contraction, mais ici ni l’altération ni la contraction n’autorisent que l’on passe de Tim à Tom.

Par exemple on sait que le nom Louis vient de Chlodowic qui a donné Clovis et que par altération ou contraction il est plausible que l’on soit passé du premier au second et du second à Louis.

On sait aussi qu’en phonétique les mots s’altèrent en allant de la prononciation la plus difficile vers celle qui est la plus facile.

Ainsi, sait-on qu’il est plus difficile de passer d’une syllabe i à une syllabe o car le i est un phone ouvert qui exige moins d’effort musculaire des lèvres que le o qui est un phone fermé, exigeant plus d’effort.

C’est dire que d’un point de vue purement phonétique le passage de Timbouctou à Tombouctou est très peu plausible sinon impossible.

Tout cela dit, il ressort très clairement que les mandénkas, à tout le moins, par ce seul fait historique qui atteste leur souveraineté sur les lieux, sont après les Soninkés les plus qualifiés pour revendiquer l’espace comme héritage légitime faisant partie du patrimoine foncier que leurs ancêtres leur ont laissé.

Car -on notera avec intérêt, sans qu’il ne soit besoin de parler de la suprématie du Royaume de Sosso qui fut éphémère, que l’Empire Mandingue, de Soundiata Kéita à M’Bemba Kanda Kéita, a régné sur les lieux du 13e au début du 15e siècle apr. J.-C. ; soit pendant plus de 200 ans.

Après les Mandénkas, ce sont les Sonrhaï qui ont possédé et administré l’espace dans le cadre de l’Empire Songhoï.

Fondé par Soni Aly Ber, dans la seconde moitié du 14e siècle, l‘Empire Songhoï qui a atteint son apogée au milieu du 15e siècle a exercé une souveraineté pleine et entière sur toute l’étendue géographique du Sahara ouest-africain jusqu’en 1591.

La défaite de Tondibi ayant affaibli l’Empire, pendant les 70 ans de règne des Khalifes « almoravides », l’entité politique sonrhaï s’est disloqué avec à la clef la séparation du royaume Djermanbé se trouvant aujourd’hui au Niger de l’autre côté de l’espace territoriale de l’Empire Songhoï.

Ainsi, on voit qu’après les Soninkés et les Mandénkas, les Sonrhaï sont les plus qualifiés et les plus légitimes à revendiqué des droits coutumiers et ancestraux sur l’espace aujourd’hui faussement dénommé par certains AZAWAD.

Voilà, énoncés, les peuples et les ethnies qui auraient été légitimement fondés à revendiquer des droits ancestraux et un héritage coutumier sur l’espace dénommé AZAWAD par les Touaregs.

Cet intermède historique permet clairement de montrer que les touaregs ne sont absolument pas éligibles à la liste des héritiers légataires de l’espace en cause et surtout elle montre sans appel que les Touaregs du Mali ne répondent pas aux critères internationaux du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes d’autant qu’ils n’ont jamais été un peuple subjugué à une domination ou une exploitation étrangère, le Mali ne pouvant être considéré comme un pays étranger.

4) Vérité sur la question des massacres.

La très efficace communication des Touaregs dans les médias du monde a convaincu la communauté internationale que les peuples négroïdes du Mali ne sont que des sauvages et des barbares qui se sont très souvent livrés à des massacres et même à des tentatives d’extermination raciale sur les Touaregs.

La vérité sur cette question est que jamais, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, les populations négro-Africaines n’ont pris une seule fois l’initiative d’attaquer des Touaregs pour quelques raisons que ce soit.

À l’inverse, chaque fois qu’un des leurs a été tué dans un conflit armé, ce sont toujours les Touaregs qui ont été à l’origine de la confrontation armée.

Dans l’antiquité il en était toujours ainsi à la suite des razzias qui sont leur mode d’enrichissement et il en est encore ainsi dans le Mali contemporain.

Et on peut très aisément constater que l’argument consistant à dire que les Touaregs ont fait l’objet d’un massacre pour les obliger à adhérer au nouvel État malien en 1960 ne peut que difficilement résister à l’analyse.

En effet comment le Mali, qui n’existait pas avant 1960, a pu massacrer des Touaregs pour les obliger à adhérer à un État fondé par la volonté politique du colonisateur.

La vérité est qu’il y a bien eu des combats pour trancher la question de savoir si oui ou non il faut adhérer au Mali, mais les affrontements violents qu’il y a eu dans la région de Kidal étaient circonscrits à leur propre communauté et ceux qui ont pris le dessus étaient les partisans des Arabo-Touaregs du nouveau Mali.

Sur ce point l’historien malien Dialla Konaté écrit en parlant des tribus et fractions touarègues : « Celles-ci se sont toujours violemment affrontées pour une hégémonie dans une région du Sahara ou pour s’approprier des richesses matérielles ».

Aussi, doit-on conclure que le Mali post colonial ne saurait être tenu responsable de ces « massacres » intracommunautaires d’avant son existence.

Et à propos des rébellions de 1963, 1990, 2006 et 2012, l’initiative de la confrontation armée comme dans le passé a toujours été prise par des groupes armés touaregs.

Ce sont eux qui ont toujours commencé par attaquer, par spolier et par tuer des éléments de l’armée, de la gendarmerie, de la douane ou même des fonctionnaires civils de l’administration d’État pour manifester leur désaccord sur la gouvernance du pays.

Ainsi, on peut constater que chaque fois qu’un Touareg a perdu la vie dans une rébellion c’est toujours cette minorité qui a commencé à tuer des innocents.

Il est impératif que la vérité soit dite et reconnue que le Mali s’est toujours trouvé en situation de légitime défense vis-à-vis des rébellions touarègues.

Et il est équitable qu’il soit établi, par les Maliens et par ceux qui souhaitent vraiment œuvrer à la résolution définitive de ce conflit récurrent, qu’il y a toujours un agresseur et un agressé dans un affrontement.

Ici l’agresseur a toujours été les Touaregs. Ils l’ont récemment prouvé lorsqu’ils ont pris l’initiative d’attaquer l’armée malienne et d’assassiner des administrateurs civils de la Région de Kidal à l’occasion de la malencontreuse visite du Premier ministre Moussa MARA en Mai 2014.

Suite à cette agression, que la seule visite d’un Premier ministre malien ne pouvait justifier, la MINUSMA, SERVAL et toute la communauté internationale devraient faire preuve d’honnêteté et reconnaitre que c’est plutôt les Maliens qui devraient être protégés des Touaregs et non l’inverse.

Cela amène à penser que la protection accrue de Kidal par la MINUSMA et l’Opération SERVAL a un autre motif et un autre but que celui de la protection de civils en danger de génocide, car il n’y a jamais eu de génocide au Mali depuis l’antiquité jusqu’à nos jours.

Et ceux qui affirment qu’il y’en a eu n’ont jamais été en mesure de le prouver ; eux qui sont partout friands de découvertes de charniers. Sur ce point la Communauté internationale et leurs protégés des groupes armés arabo-touaregs sont ici mis au défi d’apporter les preuves de ces allégations qui sont mensongères.

En tout état de cause, il importait que ces vérités soient dites pour que nos frères des mouvements armés comprennent que l’heure doit être à un dialogue franc et honnête pour que la paix, la fraternité d’antan et l’harmonie reviennent au Mali qui est notre « maison commune ».

Par Khaman Ibrahima SIDIBE

Juriste, Bamako

NB : Le titre et le sous-titre sont de la rédaction.




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