Réformes des finances publiques: le ministre Boubou à la manette…

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Les acteurs budgétaire et comptable, sous la houlette de la direction nationale du trésor et de la comptabilité publique, sont réunis, depuis hier, à l’hôtel Massaley, dans le cadre d’un séminaire de haut niveau, visant à les permettre de réussir un véritable changement de cap dans la transparence de la gestion publique. Le ministre de l’Économie et des finances, Boubou Cissé, à la manette de ces vigoureuses réformes financières, encourage les acteurs concernés au nécessaire changement de comportement qui va avec.

Ils étaient présents, au grand complet, à l’hôtel Massaley, hier lundi, à la cérémonie d’ouverture solennelle du séminaire, présidé par le ministre de l’Économie et des Finances, Boubou Cissé, dont le thème central : « réformes des finances publiques : enjeux de la mise en œuvre par la DNTCP » en disait long sur les résultats attendus, les acteurs concernés : le représentant résident du FMI au Mali, le conseiller technique régional en finances publiques au pôle PNUD de Dakar, les conseillers techniques du ministère et les directeurs des services centraux et rattachés de l’hôtel des finances, notamment le directeur national du trésor et de la comptabilité publique, Sidi El Moctar, ainsi que celui du budget d’État, Sidiki Traoré. De nombreux autres cadres, émanant de diverses structures financières et comptables de l’État, comme les trésoriers payeurs régionaux, étaient là également pour amorcer le changement de cap qu’exige cette nouvelle bascule vers le budget-programme, tel qu’il est préconisé par l’UEMOA pour garantir la transparence dans le choix des politiques publiques.
D’entrée de jeu, le ministre de l’Économie et des Finances, Boubou Cissé, qui est à la manette de ces réformes économiques vigoureuses, donne le ton de ces assises, en ces termes : « la gestion des finances publiques constitue l’outil opérationnel de mise en œuvre des politiques publiques, d’où l’attention toute particulière qui lui est portée ». Pour le maître de l’hôtel de finances, il n’y a rien de hasard en la matière : les crises successives des secteurs économiques et financiers, tant privés que publics, ces dernières années, ont bel et bien poussé les acteurs économiques à « la recherche d’une meilleure approche d’allocation » des ressources publiques en fonction des objectifs. De la même manière, ce sont ces crises, admet-il, qui ont favorisé le recours à « l’harmonisation des normes de gestion et à l’introduction de la gestion axée sur les résultats ».
Comme l’a bien évoqué le ministre des finances, si, de plus en plus, « le parlement, les investisseurs et les partenaires au développement exigent aujourd’hui des gouvernements plus de transparence, de justification et de résultat sur l’effectivité du choix des politiques publiques », il est donc nécessaire, pour les acteurs nationaux, de mettre en place des politiques publiques plus crédibles et mieux élaborées. Voilà, prévient-il, pour l’impératif changement de cap, une nouvelle approche de gestion qui s’impose à tous, celle axée sur les résultats. Si celle-ci est bien restée pendant longtemps le seul apanage du secteur privé, il fait aujourd’hui l’objet d’appropriation efficace par les acteurs du secteur public. Le patron de l’hôtel des finances, qui en est bien conscient, est déjà dans la dynamique de changement de conduite et de comportement que cela doit susciter chez les acteurs concernés.
Une chose est certaine : Le Mali, comme tous les pays de l’UEMOA, sera basculé, le 1er janvier 2017, à l’exécution du budget en mode programme. Si cette échéance, comme l’a révélé le ministre Boubou Cissé, va être repoussée à janvier 2018, c’est alors pour permettre aux structures impliquées dans le processus budgétaire de se mettre à jour. Et cela, pour une meilleure application desdites réformes. C’est dans cette phase active de mise à niveau que la direction nationale du trésor public a initié cette rencontre, parmi bien d’autres activités similaires, pour justement assurer le renforcement des capacités. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement, dans l’optique du maître de l’hôtel des finances, qui apprécie, à sa juste dimension, le rôle crucial que joue le ministère des finances dans l’activité gouvernementale, qu’il s’agisse entre autres des questions liées à la gestion du cadre macroéconomique, le suivi des engagements avec les partenaires techniques et financiers ou de la mobilisation des ressources publiques. Toujours dans le cadre de cette rencontre, le directeur national du trésor et de la comptabilité publique, Sidi El Moctar, a auparavant insisté, sur l’importance stratégique de ce changement de cap dans la gestion des finances publiques et l’impact, fort attendu, que cela amènera forcément dans l’amélioration des ressources publiques.
Les acteurs impliqués dans le processus budgétaire et comptable devront, au cours de ce séminaire dont les travaux se poursuivront jusqu’au jeudi prochain, s’approprier des modules relatifs aux nouveaux concepts pour le comptable public, au système d’information, à la conduite du changement et du contrôle interne et à l’audit. Tout un programme qui justifie cette attitude avant-gardiste de la DNTCP de scruter l’horizon budgétaire et comptable afin d’inculquer chez les acteurs nationaux le changement d’habitude et de comportement qui s’y prête.

PAR Sékouba Samaké

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