Réformes politiques et institutionnelles: les acteurs balisent le terrain

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Le Haut représentant du président de la République pour la mise en œuvre de l’accord de paix, Mahamadou DIAGOURAGA, a présidé, hier mercredi, l’ouverture des travaux d’une rencontre sur les modalités de mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles prévues dans le cadre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

C’était à l’École de maintien de la paix, Alioun Blondin BEYE ; en présence des représentants de la CEDEAO et de l’Union européenne, le Chef de mission du Centre pour le dialogue Humanitaire, Abdel Kader SIDIBE, etc.
L’objectif est d’identifier, comprendre et partager les enjeux prioritaires liés aux aspects politique et institutionnel dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale.
Cette rencontre regroupe pendant 3 jours (mercredi, jeudi et vendredi) une cinquantaine de participants venant de l’administration publique, des institutions de la République, des partis politiques, de la société civile, des mouvements signataires de l’Accord (plateforme et CMA) et de la Médiation internationale (CSA).
Elle sert de cadre de travail conjoint aux représentants des 3 parties (Gouvernement, plateforme et Coordination) du processus de paix pour se saisir des questions politiques et institutionnelles, en associant des acteurs importants de la vie politique et sociale du pays.
De même, cette rencontre doit permettre de mettre à la disposition du Secrétariat permanent du bureau du haut représentant et des parties au processus de paix, une expertise technique nationale et internationale afin de développer ces questions.
Selon les initiateurs de cette rencontre, depuis la signature à Bamako, le 15 mai au 20 juin 2015, de l’Accord pour la paix et la Réconciliation au Mali, le processus de paix et de réconciliation avance sur une série de questions d’importance pour le pays. Parmi ces questions, celles qui relèvent de l’architecture de l’État et de ses relations avec les collectivités territoriales (régions, cercles et commune) sont cruciales pour la paix et la stabilité.
Aussi, l’Accord pour la paix et la Réconciliation au Mali donne des grandes orientations sur ces questions et suggère des pistes de réflexion pour les parties au processus de paix, sans entrer dans les détails ; notamment sur la représentativité populaire, la seconde chambre parlementaire, le lien entre l’État et la collectivité territoriale, etc.
Par ailleurs, dans le but de soutenir l’effort du Gouvernement et de ses partenaires dans le dialogue, à savoir la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) et la plateforme, le Centre pour le dialogue Humanitaire (CHD) offre un appui à la fois stratégique et technique aux parties, à travers le bureau du Haut représentant du président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord, afin de faciliter la recherche de solutions aux questions posées dans le cadre de la thématique politique et institutionnelle.
L’accompagnement de CHD consiste à mettre à disposition du bureau du Haut représentant une expertise technique, afin d’amener les parties à développer une réflexion conjointe et positive sur le défis du processus de paix et d’apporter des propositions d’idées dans la perspective de la mise en œuvre des questions politiques et institutionnelles.
À travers cette rencontre, le CHD entend mettre à la disposition du bureau du Haut représentant du président de la République un cadre de dialogue franc et constructif favorable au débat sur les questions politiques et institutionnelles prévues dans l’Accord.
Pour ce faire, la rencontre était conduite sous forme de présentations par des experts nationaux, sur les thématiques relatives aux questions politiques et institutionnelles figurant dans l’Accord. Le CHD était chargé de la modération des sessions à travers les services d’un expert international.
Parmi les thèmes abordés lors de cette rencontre, il y avait, entre autres : l’analyse historique des choix politiques et institutionnels au Mali depuis l’indépendance, avec une explication des principes de droit constitutionnel qui ont présidé à ces choix aux différends périodes ; une perspective concrète des défis actuels au regard de la mise en œuvre de l’Accord, notamment : l’articulation centre-périphérie (déconcentration vs décentralisation), la répartition des responsabilités en fonction des échelles territoriales, la répartition des ressources publiques (humaines et financières), la représentation de l’État central et le contrôle (a posteriori) et la question de la représentation dans les institutions et administrations centrales, etc.
Les participants se sont aussi penchés sur la question des dispositions de l’accord qui implique une révision de la Constitution : bicamérisme vs monocamérisme, types de scrutin pour différents types de représentation, etc.
À l’ouverture des travaux, le Chef de mission du Centre pour le dialogue Humanitaire, Abdel Kader SIDIBE, a tenu à souhaiter la bienvenue aux séminaristes.
Le CHD a-t-il fait savoir que depuis août 2014, il s’attelait à préparer et accompagner les acteurs que sont les Mouvements armés et la société civile, notamment les jeunes et les femmes, en partageant avec eux les résultats efficaces et différents rounds du processus d’Alger, et ce, en vue d’une contribution efficace et appropriée d’abord au processus de négociation de l’Accord et ensuite à sa mise en œuvre.
De même, a-t-il rappelé, qu’à partir de novembre 2015, le CHD a accompagné les parties signataires dans le partage du contenu de l’Accord dans 18 localités des régions de Gao, Tombouctou, Kidal et Ménaka, mais aussi auprès des réfugiés au Niger.
De son côté, le Haut représentant du président de la République pour la mise en œuvre de l’accord de paix, Mahamadou DIAGOURAGA, a tenu à remercier le président de la République pour le choix porté sur sa modeste personne comme Haut représentant dans le processus de paix.
« C’est une mission aussi honorable que redoutable que j’accepte avec beaucoup d’humilités, mais aussi avec une farouche détermination de l’accomplir avec toutes les parties signataires de l’Accord de paix et avec la participation de l’ensemble de nos compatriotes, et l’ensemble de la communauté internationale qui nous accompagne avec enthousiasme et générosité », a-t-il soutenu.
Il a aussi salué le CHD pour son accompagnement multiforme à toutes les étapes du processus de paix en cours dans notre pays.
Pour la bonne tenue de cette rencontre, ses initiateurs ont fait appel à l’expertise de certains ministres de la République comme Baba BERTHE, Lassine BOUARE et Ousmane SY ; ainsi que de celle de Pierre Yves MONETTE.

Par Abdoulaye OUATTARA et Koumbeli DIAW (Stagiaire)

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