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mercredi 20 septembre 2017
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Regain de tension au Nord: encore, le MNLA se trahit !

Fuite de responsabilité, plaidoyer en faveur de ‘’groupes terroristes’’ dans la résolution de la crise, le porte-parole du MNLA, Mossa Ag Attaher est à la dérive tout comme son mouvement dès le début de leur folle équipée.

Il y a quelques jours, Mossa Ag Attaher, dans Afrik.com, depuis Ouagadougou, se prononçait sur un certain nombre de sujets. Ainsi, à la question de savoir comment il explique le regain de tension au nord du Mali, avec le retour de plusieurs groupes armés, sa réponse a été la suivante: « Cela s’explique par le fait qu’il n’y ait pas eu un accord de cessez-le-feu avec les groupes terroristes. Je ne pense pas que le retour des groupes armés soit lié au cessez-le-feu. Mais je crois que ce retour est dû à la situation actuelle en Libye. Pourquoi ? Parce que la Libye continue de se décomposer, et elle a des problèmes pour se retrouver sur le plan institutionnel… Donc c’est surtout ce qui a motivé ce regain de tensions ».

A deux autres questions relatives au véritable problème au Mali et à une solution concrète de sortie de crise en appui au renforcement des opérations militaires françaises dans le nord du Mali, la Voix du MNLA n’a pas fait dans la dentelle pour asséner: « Il y a un problème politique, depuis plus de 50 ans, et il faut trouver une solution négociée qui prend en charge les aspirations du peuple de l’Azawad à travers une auto-gestion des affaires». Et d’ajouter, pour répondre à la seconde question: « La sortie de crise dans le nord du Mali, pour nous, c’est désormais l’Azawad. Il faut trouver un accord de cessez-le-feu politique entre le gouvernement du Mali et le mouvement armé de l’Azawad».

L’abomination

de la désolation

A entendre Mossa Ag Attaher, le regain de tension au nord de notre pays s’explique d’abord et avant tout par l’absence d’un accord de cessez-le-feu avec les ‘’groupes terroristes’’. Une telle analyse faite par un des plus hauts responsables d’un mouvement auto-proclamé et intronisé par ses parrains ‘’laïc’’ ne peut être qualifiée autrement que d’abomination de la désolation. Mais cela, seulement en n’allant pas au-delà de l’écran de fumée et du vernis de laïcité.

Par cette déclaration, Mossa Ag Attaher se montre entièrement favorable à un accord avec les ‘’groupes terroristes’’. La question qui se pose alors est de savoir les parties prenantes d’un tel accord. Un accord entre les terroristes et son mouvement? Il ne s’agit certainement pas de cela qui rendre dans l’ordre naturel des acquis. La prise de position de M. Attaher en faveur d’un accord est la preuve la plus irréfutable que cet accord qui existe entre son mouvement et les ‘’groupes terroristes’’. La preuve est que c’est côte à côte, en 2012, qu’ils ont occupé les ¾ du territoire national, commis les pires massacres avant qu’un clash ne survienne et que les rebelles soient chassés hors des frontières nationales par leurs alliés jihadistes.

Mais, ce n’était qu’une séparation de corps, le divorce n’ayant jamais été consommé entre ces mouvements rebelles et terroristes. En effet, en mai dernier, quand l’armée a tenté de déloger les rebelles de Kidal, ce sont les ‘’groupes terroristes’’ qui ont volé à leur secours permettant de retourner à leur avantage une situation militaire qui devenait de plus en plus désespérée.

Il ne s’agit donc pas d’un jugement au faciès que de soutenir que ces mouvements du même plumage font le même ramage, que le MNLA et les ‘’groupes terroristes’’, c’est du bonnet blanc, blanc bonnet. Entre eux, il ne se pose aucun problème d’accord.

Un combat perdu d’avance

Dans ces conditions, l’absence d’accord dont parle le porte-parole du MNLA concerne celui qui devrait exister entre le Gouvernement de la République du Mali et les ‘’groupes terroristes’’. Le MNLA peut se permettre de plaider leur cause lui-même ayant lui-même été absout au forceps par une main étrangère du péché irrémissible de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, et qui a signé une déclaration de cessation des hostilités avec le Gouvernement, le 24 juillet dernier, à Alger. Le combat du MNLA est alors de loger à la même enseigne que lui son alter ego des ‘’groupes terroristes’’.

S’agit-il d’un combat perdu d’avance ? Il y a lieu de le croire. Et pour cause, si ‘’la communauté internationale’’ a réussi le forcing d’imposer le MNLA au Gouvernement comme un mouvement laïc avec qui il faut négocier, elle s’engagerait difficilement dans une aventure commune avec des ‘’groupes terroristes’’ qui posent des mines, tuent ses soldats onusiens et représentent une menace de déstabilisation de toute la bande sahélo-saharienne.

Pour revenir aux fondamentaux en matière de négociations en vue d’un accord, le premier élément indispensable est d’avoir une volonté commune d’atteindre un même objectif. Pour le Mali, l’objectif est la préservation de l’intégrité territoriale, de l’unité nationale, de la forme républicaine et laïque de l’Etat. Ce qui est aux antipodes des objectifs des ‘’groupes terroristes’’ qui visent un Etat islamique où aucune autre religion n’a droit de cité (la récente occupation du Nord par le Mujao, Ansar Eddine, Aqmi en dit long sur leur projet de société). En clair, entre le Gouvernement et les ‘’groupes terroristes’’, toute perspective d’accord serait chimérique.

Un dessein machiavélique

D’autre part, en mettant le regain de tension au Nord sur le compte de la situation actuelle en Libye qui continue de se décomposer, qui a des problèmes à se retrouver sur le plan institutionnel, Mossa Ag Attaher fait preuve d’une irresponsabilité coupable à la lisière de la lâcheté. Ce qui provoque mépris et indignation pour un mouvement incapable de s’assumer et qui manque totalement de suite dans les idées. Et pour cause, quand des aventuriers se lèvent pour revendiquer l’indépendance de l’Azawad, les Libyens n’ont rien à y voir. Ce sont des rebelles touareg qui ont pris la lourde responsabilité de déstabiliser le Nord, qu’ils en assument les conséquences.

Par contre, si leur projet d’Etat de l’Azawad est un subterfuge pour mettre sur pied un Etat islamique, il serait normal que le Nord soit le point de congruence de tous ceux qui sont enchantés par leur idéal (Libyens, Pakistanais…). Manifestement, c’est l’hypothèse la plus crédible puisqu’elle sous-tend le raisonnement de la tête pensante du MNLA qui se dévoile encore un peu plus.

Quant à la réalisation des «aspirations du peuple de l’Azawad, à travers une auto-gestion des affaires », dont Mossa Ag Attaher se fait le héraut et le défenseur, il y a fort à croire qu’il ne s’agit que d’un alibi pour mettre en œuvre un projet d’Etat, pardon gouvernance locale (parce qu’il n’a aucune notion d’Etat) qui n’agréerait jamais ses parrains qui ont les terroristes en ligne de mire.

A travers la sortie de son porte-parole, indéniablement le MNLA se découvre davantage comme un mouvement qui a de forte accointances avec les terroristes représentant de ce fait une menace insoupçonnée pour la stabilité du Mali.

Le côté positif de ses déclarations, est qu’il y donne de nouvelles clés de lecture aux Médiateurs, mais également aux négociateurs étatiques.

Par Bertin DAKOUO

 




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