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jeudi 21 septembre 2017
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Régime de sanctions ciblées par l’ONU: des grincements de dents à Bamako

Le Secrétariat général du MP22 et le Groupe des patriotes du Mali (GPM) avaient appelé hier mardi à manifester devant l’ambassade de la Russie au Mali. L’objectif était d’appeler ce pays à s’opposer de toutes ses forces au projet de résolution portant Régime général de sanctions au Conseil de Sécurité des Nations unies contre les contrevenants à la mise en œuvre de l’accord pour la paix au Mali porté par la France à la demande de l’État du Mali.

La manifestation n’a pas finalement eu lieu à défaut de manifestants. Sur place, les 3 principaux organisateurs de l’initiative ont expliqué les raisons de leur initiative.
La manifestation ne semble pas été favorablement accueillie par la population qui n’est pas sortie. Sur place, il y avait le secrétaire général du MP22, Pérignama SYLLA ; le secrétaire à l’organisation du GPM, Moussa BAGAYOKO, et le secrétaire à la communication du GPM, Fatoumata BERETE.
Selon M. Pérignama SYLLA, l’objectif cette manifestation consistait à aller demander au gouvernement russe, à travers son ambassadeur au Mali, de mettre son droit de véto au projet de résolution français visant à sanctionner tous ceux qui veulent s’opposer à la mise en œuvre de l’accord pour la paix.
Dans ce sens, M. SYLLLA nous a informé qu’avant notre passage, il avait été reçu devant l’ambassade de la Russie par l’un des diplomates de ce pays à qui a reçu, de ses mains, la lettre du MP22 relative au projet de résolution de régime général de sanctions. Ce dernier après avoir réceptionné la correspondance, d’après Pérignama SYLLA, lui a promis que l’ambassade de la Russie au Mali étudiera le contenu, avant de prendre les mesures idoines qui s’imposent.
Dans cette correspondance, dont nous nous sommes procuré une copie, le MPP 22 indique que cette résolution initiée par la France « n’a pour d’autres objectifs que de se servir du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour mener sa politique impérialiste et criminelle contre notre pays pour pourvoir s’approprier de nos immenses richesses du sous-sol ».
Le MP22, connaissant l’engagement de président POUTINE et l’inlassable travail de Sergueo LAVROV pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, sollicite, dans sa lettre, « l’appui des dirigeants russes afin qu’ils opposent leur vote au projet de résolution « criminel français qui, s’il passait, serait source d’immenses souffrances pour le peuple malien ».
S’agissant du projet de résolution de la France, M. SYLLA confirme qu’en l’interprétant, le document, au-delà des groupes armés, viserait toute autre personne que les groupes armés (la population civile et des hommes politiques) qui ne partage pas l’idée de la mise en œuvre de l’accord pour la paix. Pour autant, comme lui, il y a une immense majorité de la population malienne qui ne se reconnaît pas dans l’accord pour la paix et qui est susceptible d’être frappée par cette initiative.
«Le projet de résolution veut sanctionner des entraves au processus de la mise en œuvre de l’accord pour la paix, alors que justement nous sommes contre cet accord parce que nous estimons que sa mise en œuvre en dangereuse pour l’unité nationale», a déclaré M. SYLLA qui estime en clair que l’esprit de ce projet de résolution est un combat ciblé contre les partisans du ‘’non’’ à l’initiative de la révision constitutionnelle qui est soutenue par la France.
«Dans le projet de résolution, il est prévu des sanctions contre toute obstruction à la mise en œuvre de l’accord de paix. Ce qui est le cas de tous ceux qui se sont mobilisés pour s’opposer à la révision constitutionnelle. L’adoption de ce projet me gêne parce qu’il est possible que je sois sanctionné du fait que je suis contre l’application de l’accord pour la paix qui nous impose une révision constitutionnelle que les Maliens ne veulent pas », a-t-il dénoncé.
De même, le responsable du MP22 n’exclut pas l’idée que l’adoption de ce projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies remette en scelle le processus de la révision de la constitution du 25 février 1992 mis en standby par le président IBK après de nombreuses actions de contestation.
« Si le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte ce projet de résolution, je confirme que rien n’empêchera le président de la République Ibrahim Boubacar KEITA de revenir sur son projet de révision de la constitution. Et là, toute personne, qui s’opposerait à cette révision, sera visée par le régime général des sanctions », a prévenu M. SYLLA, tout en précisant les possibles sanctions auxquelles les contrevenants à la mise en œuvre de l’accord s’exposeraient. Il s’agit, selon lui, de toute interdiction de voyage et de gel des avoirs de responsables visés, etc.
« Tous ceux qui pensent que ce régime de sanctions est prévu contre les groupes armés uniquement se trompent. Ce régime général de sanctions va concerner tous les Maliens. Si c’était destiné uniquement contre les groupes armés, on n’a pas besoin de résolution pour cela. Je me dis que toute attaque par exemple contre une mission onusienne est interdite et sanctionnée et qu’il n’y pas lieu de prendre une résolution pour cela», a édifié le secrétaire général du MP22.
On se rappelle qu’au paravent, le président français, Emmanuel MACRON, lors de son point de presse conjoint à l’issue du dernier sommet du G5 Sahel à Bamako avait clairement exprimé son souhait de voir appliquer l’accord pour la paix dans son intégralité, dont la mise en œuvre consacre la révision de la constitution du Mali. Le président français, pour la même circonstance, avait déclaré que le retour de la paix durable passe par la mise en œuvre de l’accord issu du processus d’Alger après plusieurs mois de pourparlers sous l’égide de la communauté internationale.
Par ailleurs, plusieurs experts soutiennent également qu’il n’y a pas pour l’instant au Mali d’autres alternatives pour la paix en dehors de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, dont le contenu a été accepté par une frange importante de la population et de la classe politique de notre pays.
Il est important de savoir que le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait en principe se prononcer sur ce projet de résolution de régime général de sanctions contre tout individu ou groupe d’individus qui s’opposerait à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale du Mali. Ce projet est porté par la France, à la demande du gouvernement du Mali en vue de donner un coup accélérateur à l’application de l’accord pour la paix, dont la mise en œuvre souffre de certaines difficultés.

Par Sikou BAH et Sira Bérou COULIBALY (stagiaire)




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