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jeudi 21 septembre 2017
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Relance du processus de décentralisation: le ministre Alassane Ag fait l’état des lieux à Ségou

Après Koulikoro, la semaine dernière, le ministre de la Décentralisation et de fiscalité locale, à la tête d’une forte délégation nationale composée des membres du Haut conseil des collectivités, des membres de son cabinet ; des directeurs nationaux des services centraux et rattachés, a été accueilli, dimanche après-midi, dans la cité des Balazans. Cette descente sur le terrain s’inscrit dans le cadre des visites de prise de contact, d’échanges, d’information, de partage et de sensibilisation avec les acteurs de la décentralisation.

À son arrivée dans la capitale des Balanzans, la délégation ministérielle a été accueillie par le chef de l’exécutif régional, Georges TOGO, en présence des chefs de services techniques, des députés de la région, des élus locaux. Cette tournée s’inscrit dans le cadre de l’approfondissement de la décentralisation.
À Ségou, le ministre et sa délégation ont visité les locaux avant de se retrouver au cœur d’une rencontre d’échanges qui a regroupé les forces vives de la région autour de la délégation nationale, lundi dernier, dans la salle de conférence du gouvernorat de Ségou.
L’événement était couplé à la cérémonie d’ouverture d’une session d’accompagnement des élus et agents communaux de la région dans le cadre des activités du « Projet Décentralisation et gouvernance locale inclusive ».

Les efforts du gouvernement salués
Dans son mot de bienvenue, le maire de la commune urbaine de Ségou, Nouhou DIARRA, a souligné que cette sortie du ministre hors de Bamako témoignait de l’importance qu’il accorde au processus de décentralisation. Au passage, il a salué les actions en cours initiées par le chef du département pour redynamiser le processus à l’issue de la crise de 2012. Parmi lesquelles, il a cité la prise en charge des salaires des agents des collectivités pour une période de 2 ans afin d’éponger le retard de salaire enregistré jusque-là. Selon lui, cette rencontre qui a permis à l’ensemble des acteurs de se regrouper sera l’occasion pour le ministre de mieux appréhender les réalités du terrain. Il s’agit aussi de rapprocher davantage l’administration communale des citoyens.
Par ailleurs, il a tenu à remercier le département pour les sessions de formation en faveur des agents et élus des collectivités de la région de Ségou sur la gestion financière et l’élaboration des plans de passation des marchés publics.
C’est pourquoi M. DIARRA demeure convaincu qu’à la fin des échanges et de la session de formation, les élus seront mieux outillés pour rendre des services de qualités aux populations.

Encrage
Par rapport à l’encrage de la décentralisation dans la région de Ségou, le président du conseil régional, Siaka DEMBELE, a estimé qu’après près de 20 ans de pratique, les populations, dans leur ensemble, semblent avoir bien compris le processus et les différentes politiques développées à leur intention par les pouvoirs publics. De même, les mêmes populations sont censées comprendre leurs devoirs dans ce processus de décentralisation en tant qu’acteurs principaux.
En effet, selon le président SAMAKE, les populations doivent contribuer à la réussite de la décentralisation en tant, à la fois, qu’acteurs, mais aussi bénéficiaires du processus. Pour cet acteur majeur de la décentralisation, il s’agit de développer les richesses des régions pour faire face aux défis de développement locaux.

Processus irréversible
De son avis, le processus de décentralisation est aujourd’hui irréversible. Cependant, a-t-il reconnu, sur le plan de l’offre aux populations en matière de services sociaux de base, des difficultés existent.
Selon lui, la décentralisation est encrée de la plus belle manière de la mode de gestion de la gouvernance au Mali.
Mais, a-t-il fait savoir, la mise en route du processus a été entachée de quelques difficultés liées, notamment à l’interprétation des textes par les acteurs.
Il s’agit de revoir le processus pour corriger ensemble les faiblesses, avoir la même lecture des textes et aller dans le sens pour la mise en œuvre.
Selon lui, l’état a transféré les compétences aux collectivités ; malheureusement, a-t-il déploré, ce transfert des compétences n’a pas été suivi de façon concomitante avec le transfert des ressources humaines et financières comme il avait été inclus dans les textes.

Rendre effectif le transfert des ressources
Cette situation a constitué des problèmes au niveau des collectivités, car n’ayant pas les ressources nécessaires pour la mise en œuvre de ces compétences.
Aujourd’hui, il s’agit de rendre effectif ce transfert des ressources conformément aux compétences transférées pour permettre aux collectivités de faire face à leurs obligations.
Dans cette nouvelle phase de la décentralisation, caractérisée par la régionalisation, il a été transférées des assiettes fiscales aux collectivités territoriales pouvant constituer des ressources propres pour elles.
Par le passé, les collectivités ont aussi rencontré des difficultés majeures dans la mobilisation de ces assiettes fiscales à cause de l’insuffisance de capacités des acteurs eux-mêmes, mais aussi d’autres difficultés dans la mise en œuvre du processus de décentralisation.
Il s’agit là aussi de voir ensemble une articulation aux collectivités de mobilisées effectivement les assiettes transférées.
L’exercice consiste donc à réfléchir à de voies et moyens visant à élargir ces assiettes pour augmenter les ressources au niveau des collectivités.

Une crise de croissance ?
Dans son mot introductif, le ministre de la Décentralisation et de la fiscalité locale, Alassane Ag Mohamed MOUSSA, a souligné que le processus décentralisation traversait actuellement une crise de croissance liée au manque de ressources suffisantes dans nos collectivités. En effet, a-t-il fait savoir, il y a un décalage entre le volume du travail et les ressources financières allouées aux collectivités.
Il s’agit de trouver des réactions appropriées à cette crise de croissance. D’où, l’idée du département d’élaboration d’un plan d’amélioration de la gestion financière des collectivités pour une période de 3 ans. Pour ce faire, le département a fait une synthèse des outils des études déjà réalisées jusque-là en matière de décentralisation dans notre pays.

Les initiatives du ministre
La tournée qu’il a entreprise depuis son arrivée à la tête du département vise, selon le ministre Alassane Ag, à écouter les acteurs sur le terrain, à partager les éléments de réflexion du département avec les acteurs à base afin de dégager les meilleures organisations, les meilleurs outils pour la prise en charge de cette crise. À travers cette tournée, il s’agit de recueillir les observations, les avis et les propositions de ces acteurs des collectivités afin d’enrichir le document.
De même, un comité technique de transfert des ressources qui comprend plusieurs départements est mis en place.
Au-delà des questions financières, il s’avère nécessaire pour le département d’entreprendre une démarche inclusive de tous les acteurs. Il s’agit notamment d’améliorer les rapports entre l’administration et les collectivités.
Par ailleurs, à la suite d’une grève des syndicats des collectivités en 2013, l’Etat, a opté pour prendre en charge le salaire des agents des collectivités pour une période de 3 ans. Aujourd’hui, les ressources sont disponibles et il a été demandé à l’ensemble des collectivités de faire l’État des lieux sur la situation des salariés qui sont à leur compte pour une meilleure prise en charge avant la fin du mois d’août.
Mais a-t-il indiqué, cette faveur accordée au syndicat n’est nullement une meilleure pour l’État de se substituer aux collectivités. D’ailleurs, a-t-il souligné, une prise en charge du salaire des agents de collectivités serait un recul à l’étape actuelle de notre processus de décentralisation où ces dernières doivent s’affranchir de l’emprise de l’État.

Échanges fructueux
Pour cette deuxième sortie après Koulikoro, les échanges ont porté sur les points suivants : l’état des lieux de la décentralisation et les perspectives d’exercice de la tutelle sur les collectivités territoriales. De même, un focus a été mis sur les chantiers de la décentralisation, notamment : l’état des lieux, les orientations et perspectives. Les échanges ont aussi porté sur l’état de la gestion des ressources humaines des collectivités territoriales ; l’état des lieux et les perspectives en matière de formation des élus et des agents des collectivités territoriales ; le point de la mobilisation des ressources affectées au Fonds national d’appui aux collectivités territoriales.
Cette initiative du ministère de la Décentralisation a été jugée salutaire par les différents intervenants en raison de nombreux défis auxquels les acteurs de la décentralisation sont confrontés au quotidien.
Notons que la visite de courtoisie aux notabilités de la ville été l’un des temps forts du séjour du chef du département de la décentralisation dans la capitale des Balanzans.

Par Abdoulaye OUATTARA, Envoyé Spécial




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