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jeudi 3 décembre 2020
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Relance des industries sous transition: les 12 mesures d’urgence de l’OPI

Pour sa première prise de contact avec les acteurs du secteur privé, le ministre l’Industrie du commerce et de la promotion des investissements, Arouna NIANG, a longuement échangé avec les acteurs du secteur industriel sur leurs préoccupations, leurs attentes pendant cette période de transition ce lundi 19 octobre 2020 à l’hôtel Sheraton de Bamako.

Cette rencontre a regroupé autour du ministre Arouna NIANG les principaux acteurs du secteur. Il s’agit notamment, du Président de la Chambre de commerce et d’industries du Mali(CCIM), Youssouf BATHILY ; du président de l’Organisation patronale des industriels (OPI), Cyril ACHAR ; de Mme Jamila FERDJANI Ben BABA ; PDG de Laham Industrie ; des membres de son cabinet, etc.
Au cours de cette rencontre, les acteurs du secteur ne sont pas passés par 4 chemins pour interpeller Arouna NIANG face à la situation jugée très critique de nos industries victimes de la crise double : sanitaire et sociopolitique.
À l’image de Cyril ACHAR, présidente de l’OPI, qui après avoir loué les qualités d’hommes ‘’ d’affaires’’ du nouveau ministre s’est empressé de relayer les principales attentes acteurs du secteur.
Pour relancer le secteur, l’OPI selon son président, préconise 12 mesures urgentes au Gouvernement de transition, à savoir : apurer l’ensemble de la dette intérieur au 31 décembre 2020, et diligenter le paiement des mandats au titre de 2020, à hauteur de 100 milliards de F CFA ; diligenter le paiement ou la compensation des crédits de TVA due aux entreprises ; accorder des remises d’impôts au cas par cas aux entreprises privées impactées par les mesures du COVID-19.
De même, l’OPI demande au Gouvernement d’annuler, selon les natures des constats faits, les pénalités issues des contrôles fiscaux ; d’imposer aux banques le crédit aux entreprises au taux de 4% que la BECEAO recommande ; de mobiliser l’appui financier que la Banque mondiale a souhaité au Mali pour la lutte contre la COVID-19 en concédant partie aux entreprises (lettre 2020/35 du 04 mars 2020 signé par Jean Claude TCHANCHOJAG, administrateur du Groupe Afrique à la BM).
Toujours en vue de soulager les acteurs industriels, l’OPI invite l’État à réaliser toutes les autres promesses à caractère financier tendant à améliorer la santé de nos entreprises, contenus dans le discours du 10 avril 2020 du président de la République ; de supprimer la contribution générale de solidarité de 0,5% sur le chiffre d’affaires, instaurer par la loi n° 2018-010 du 12 février 2018, qui va exporter.
Il s’agit aussi de l’extension de la TVA réduite à toute la production nationale ; la suppression de la TVA sur les produits industriels sur une période de 12 mois pour relancer l’activité ; ainsi qu’un plan d’urgence pour les usines à l’arrêt. Autres mesures préconisées par l’OPI, soutenir les entreprises impactées par la fermeture des frontières à la suite de l’embargo de la CEDEAO.
Des différentes interventions, il ressort que le monde des affaires en générale, le secteur industriel en particulier, souffre de facteurs préjudiciables à l’épanouissement des acteurs.
Parmi lesquels, les acteurs ont dénoncé les fonctionnaires opérateurs économiques qui coupent l’herbe sous les particuliers. Il s’agit aussi de la mauvaise fourniture de l’électricité ; le manque d’application des textes.
Pour sortir de l’ornière, les acteurs préconisent la promotion du consommé malien, la lutte contre la concurrence déloyale, la promotion de l’auto emploi, etc.
Pour le ministre NIANG, il s’agit d’anticiper sur les problèmes face à la crise multidimensionnelle que connaît le pays. Selon lui, cette rencontre se veut un cadre de création d’un climat favorable à l’éclosion et au développement des opportunités.
S’adressant aux industriels, le ministre Arouna NIANG a indiqué que le Gouvernement, à travers son département, s’engage à les accompagner pour les hisser plus haut afin de les rendre compétitives face à la nouvelle donne économique. À travers un diagnostic partagé, il s’agira selon le ministre, d’identifier les difficultés que connaît le secteur industriel et proposer des solutions idoines pour les transcender. Conformément à la feuille de route de la transition, a-t-il fait savoir, le département déclinera un programme de travail dans les prochains jours, afin de maximiser les résultats sur cette période de transition. Et cela, à travers la mise œuvre de projets innovants et structurants. Pour l’avènement du «Nouveau Mali», a-t-il insisté, un véritable changement de comportement s’impose.
Il a rassuré ses interlocuteurs que les chantiers déjà ouverts seront poursuivis et achevés. Il s’agit notamment de la fusion de Sukala S-A et N’Sukala S-A en passant par la relance de l’usine de thé Farako, à la réalisation d’un abattoir moderne pour permettre l’exportation de la viande du Mali.
« Ne perdons pas de vue l’impératif temps. Dix-huit mois ont vite fait de passer alors que les attentes de populations sont aussi nombreuses que légitimes », a dit le ministre NIANG.
« Si on ne se donne pas les mains, nous sommes tous perdants. Mes résultats seront ceux que vos m’aurez aidé à obtenir », a conclu le chef du département.

Par Abdoulaye OUATTARA




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