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samedi 22 juillet 2017
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Rentrée solennelle de l’Enseignement supérieur: quel plan de redressement du sous-secteur?

Le président de la république, Ibrahim Boubacar KEITA, préside aujourd’hui la rentrée solennelle des institutions du ministère de l’Enseignement supérieur, dans le contexte d’un Enseignement supérieur et de la recherche malade dans notre pays: effectifs pléthoriques, manque d’infrastructures et d’enseignants, en nombre et en qualité; climat de méfiance entre le gouvernement et les syndicats enseignants… Que peut faire le président IBK pour qui, ‘’le peuple attend de l’école de nos enfants qu’elle soit excellente, une école qui leur permet d’acquérir effectivement les savoirs dont ils ont besoin pour devenir des hommes, des responsables et des bâtisseurs. L’Etat a le devoir de réaliser cette école, je m’emploierais à ce que cela soit fait’’.

Si l’on peu se réjouir aujourd’hui de la dissipation des nuages dans le ciel des rapports entre le gouvernement et les syndicats de l’Enseignement supérieur et de la recherche, il n’en demeure pas moins qu’il reste encore beaucoup d’efforts à faire pour la réussite d’une année universitaire 2014-2015 au niveau de l’ensemble des grandes écoles, des facultés et instituts des universités de la place. Après une brouille avec le bureau exécutif du Syndicat national de l’Enseignement supérieur et de la recherche, tout semble aujourd’hui rentrer dans l’ordre, au niveau de cet ordre d’enseignement pour annoncer en grande pompe une rentrée solennelle.

Confiance retrouvée

Selon le secrétaire général du SNESUP, les choses sont rentrées dans l’ordre. «Après notre lettre de protestation auprès du directeur du budget, nous avons eu une réponse précise de la part du ministre de l’Economie et des finances avant d’être reçu par le ministre de l’Enseignement supérieur. Aujourd’hui, il n’y a plus de nuage dans nos relations avec le gouvernement», nous a-t-il expliqué. Mais, le syndicat ne baissera pas la garde et fera un suivi rigoureux du protocole d’accord sur le terrain.

Après la déclaration de politique général du Premier ministre et les dernières journées de  concertation sur l’Enseignement supérieur et la recherche scientifique, dans notre pays, les regards restent tournés vers le président de la République qui a promis aux Maliens un enseignement de qualité répondant aux besoins de développement du pays, lors de sa campagne pour les dernières joutes électorales.

«La rentrée des institutions du ministère de l’Enseignement supérieur», de ce matin sous la présidence du chef de l’Etat, sera certainement mise à profit par ce dernier pour annoncer les mesures concrètes qu’il compte prendre pour la bonne marche de ce sous-secteur, dans les prochaines années. Ces dispositions se mesureront, en termes de moyens mobilisables pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des professeurs, des étudiants et des administrations universitaires et  de recherche.

En plus de la problématique du déficit de personnel, d’équipement et d’infrastructures, une autre équation et non des moindres se pose à la politique d’Enseignement supérieur dans notre pays. Il s’agit de la prolifération des établissements d’enseignement supérieur privés et le manque d’institution d’assurance qualité. Dans certains cas, c’est une concurrence sauvage qui s’installe entre ces établissements privés et ceux publics de la place. D’autre part, c’est un problème de reconnaissance, par l’Etat, des diplômes délivrés par ces établissements. Mais, il ne s’agit pas seulement des établissements privés. Car, la fonction publique n’emploi pas certains diplômés des écoles publiques. Souvent, c’est les établissements publics même qui se trouvent en déphasage total avec les réalités du marché de l’emploi, en termes de contenu des programmes d’enseignement dispensés. Toute chose qui pose aujourd’hui la nécessité d’un vrai espace de dialogue entre les promoteurs privés et les acteurs de l’Etat. Car, une formation qu’elle soit dispensée dans le privé ou dans le public, elle n’a que pour finalité l’emploi pour le diplômé. Au public comme au privé, c’est l’avenir du Mali et des Maliens tout court qui se joue, à travers le sous-secteur. Pour cela, l’Etat et les promoteurs privés doivent être complémentaires et non des concurrents.

Propositions des journées de concertations

Il est à noter que le système d’enseignement supérieur, dans notre pays, connaît une crise multiforme, depuis plus d’une décennie. Aujourd’hui, l’évolution des enjeux de l’Enseignement supérieur, les effets de la mondialisation sur ce sous-secteur, partout dans le monde, conduisent les institutions d’enseignement supérieur à s’engager unanimement dans la compétition pour développer la culture de l’excellence, à l’échelle internationale. Aussi, ces institutions cherchent-elles à offrir des opportunités accrues de mobilité académique transnationale aux étudiants et aux enseignants favorisant ainsi la double diplomation, la cotutelle de thèse, l’accréditation internationale, etc.

Ainsi, pour permettre à nos institutions nationales d’enseignement supérieur et de recherche de faire face à tous ces défis, les autorités nationales, en partenariat avec l’UEMOA, ont organisé une Concertation nationale sur l’avenir de l’Enseignement supérieur, dans notre pays, les 7, 8 et 9 avril 2014.

A l’issue des travaux de cette rencontre, les participants ont, entre autres recommandé, l’adoption d’une loi faisant de l’Enseignement supérieur une priorité nationale; l’adoption des textes relatifs à la réforme du sous-secteur; un plaidoyer en faveur de l’Enseignement supérieur et la recherche scientifique; la création d’un fonds spécial (extrabudgétaire) pour l’Enseignement supérieur; l’augmentation du budget alloué, la mise en place d’instrument et d’outil pour la planification stratégique de l’Enseignement supérieur et la recherche scientifique.

Il également apparu indispensable, pour les participant, de procéder à la mise en place d’un système fiable pour la collecte, le traitement et la diffusion des données statistiques pour les besoins de planification; l’élaboration et l’adoption d’une carte universitaire nationale précisant les pôle, les établissements, les types d’établissement; la création d’une autorité autonome chargée de l’Assurance qualité dans l’Enseignement supérieur; la signature d’un pacte de stabilisation sociale pour l’apaisement de l’espace universitaire et la réalisation d’infrastructures adéquates et leur équipement pour toutes les Institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR).

Par Sidi DAO

 




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