« Répression violente des manifestations »: le groupe VRD interpelle le gouvernement

Dans le cadre des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le groupe Vigilance républicaine et démocratique (VRD) entend interpeler le gouvernement sur sa gestion des manifestations pacifiques qui commence à montrer ses limites avec son cortège de morts d’hommes à chaque manifestation. Le groupe a adressé, dans ce sens, au président de l’Assemblée nationale, Issiaka Sidibé, une lettre signée de son patron, hier mardi 23 août.

Le groupe VRD demande au président l’Assemblée nationale de saisir dans les 24 heures qui suivent la conférence des présidents et d’assurer la transmission de la présente interpellation au Chef du Gouvernement.
« En application des dispositions de l’article 91 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale du Mali qui dispose entre autres que : « En dehors des cas d’interpellation visés à l’alinéa 2 de l’article 90, tout député qui désire interpeller le Gouvernement sur l’exécution d’un programme adopté par l’Assemblée nationale ou sur une question d’actualité, en informe le président en séance publique et la dépose immédiatement », j’ai l’avantage de déposer la présente question d’actualité auprès de votre haute autorité afin d’interpeller le gouvernement », indique la lettre.
L’interpellation porte, selon la lettre du VRD, sur ‘’le recours à la répression par le gouvernement pour contenir les manifestations civiles pacifiques et les mécontentements des populations’’.
Le président du VRD, par ces mots fait référence aux manifestations organisées à Gao, le 12 juillet 2016, pour protester contre la mise en place des autoritaires intérimaires ; aux manifestations organisées à Bamako, le 30 juillet 2016, en réaction aux actions de déguerpissement des voies publiques ; aux manifestations organisées, le 17 août 2016, à Bamako, devant le Tribunal de la CIV à la suite de l’arrestation du chroniqueur de Radio Mohamed Youssouf BATHILY dit « Ras BATH ». Toutes ces manifestations, dit-il, se sont soldées par la mort, par balle de plusieurs personnes, et des blessés.
Dans un cadre de fair-play démocratique, le VRD compte avoir une explication du gouvernement de ces actes de violence, malgré la volonté clairement exprimée par ce dernier de faire des éclairages sur chaque cas.
Pour rappel, à Gao, lors de la visite d’une délégation de haut niveau sur instruction des plus hautes autorités, le ministre de la Justice avait instruit une enquête sous la direction du procureur de la République de Gao sur l’ensemble des faits, en particulier les pertes en vies humaines et les dégâts matériels constatés.
Le juge d’instruction a été par la suite saisi en vue de l’ouverture d’une information judiciaire. Une suite a été donnée à cette instruction.
Lors d’une conférence de presse, le ministre Konaté expliquait la situation de ce dossier : « Nous savons de quoi sont tombées les 4 personnes ; nous avons des informations sur la nature des balles. L’expertise balistique est en cours pour déterminer qui a tiré. D’ailleurs, une balle a été transportée à Bamako pour les besoins d’enquête. Nous ne sommes pas sûrs que toutes les balles aient été tirées par les FAMAS. La preuve est que certaines balles ont été tirées de près et d’autres dans le dos des manifestants. Or, les FAMAS étaient plutôt en face ».
Pour ce qui est du cas de la dernière manifestation également, la police a clairement indiqué qu’elle n’était pas responsable des tirs à balles réelles.

Par Sidi Dao

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