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mercredi 14 avril 2021
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La République se maraboutise quand les Imams gouvernent à la place de ceux qui gouvernent

En déposant ce mardi 18 août 2020, le Président démocratiquement élu du Mali, l’engagement de l’armée nationale à travers le Comité national pour le salut du Peuple était d’aider à ouvrir une nouvelle page. Cette nuit-là, ces jeunes officiers ont promis de s’investir en apportant leur contribution de fils du Mali et de patriotes à l’émergence d’une nouvelle perspective, d’un nouveau Mali, le Mali Koura tant déclamé sur le Boulevard de l’indépendance.

Les défis qui sont ceux de notre nation interpellent et invitent à la convergence, à l’union sacrée de l’ensemble des filles et fils de ce Mali que chacun veut voir rayonnant. Le renouveau que chaque Malien souhaite de tous ses vœux ne peut sa bâtir dans les camps et casernes militaires qui restent eux-mêmes à réformer. Mais, il ne peut se construire aussi dans les laboratoires d’experts autoproclamés en tous genres qui pullulent comme des champignons pendant cette Transition, ni même à travers meetings politiques et/ou prières collectives dans une mosquée, fut-elle celle de Badalabougou.
Après 5 mois de dilettantisme et d’errance criarde, il faut en convenir : la rectification de la trajectoire est indispensable. L’erreur serait de désigner comme cela semble se profiler un bouc émissaire. Or, les hésitations et les concessions, çà et là ont été globalement aperçues et analysées comme des fuites en avant collectives. Remettre tout sur le dos du gouvernement serait une de plus qui ne ferait que déplacer le problème sans le résoudre comme par le passé.
Le problème n’est pas que le choix des hommes, la position des hommes et des structures, la stratégie et la qualité de la gouvernance et les ambitions réelles et supposées ne sont pas sans conséquences sur la situation peu enviable que le pays connaît.
Transition n’est pas ‘’transigeance’’. Pour ne pas reprendre les termes du titre du Roman, ‘’Allah n’est pas obligé’’, les autorités n’ont pas besoin d’aplatissement, de compromission et d’allégeance en acceptant tout, y compris le risible et l’inacceptable de la part ceux-là dont le soutien encombrant d’hier vaut à IBK toutes les misères et toutes les injures aujourd’hui.
Il urge que les plus hautes autorités de la Transition tirent les leçons de l’épisode de l’histoire qui leur vaut d’être aux commandes de la République qu’ils ne peuvent et ne doivent en aucun cas laisser se paupériser, non se bananiariser, pardon se maraboutiser. Si les Marabouts ont un rôle positif à jouer sous la Transition, c’est d’officier la prière et d’arrêter de diriger à la place de ceux qui dirigeant.

PAR BERTIN DAKOUO




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