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vendredi 18 août 2017
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Résolution des conflits au Mali: l’approche novatrice de la CONASCIPAL

Après la crise politico-sécuritaire de 2012 qui a ébranlé le pays et affecté plus particulièrement les régions du Nord, la Coalition nationale de la société civile pour la paix et la lutte contre la prolifération des armes légères (CONASCIPAL-Mali) et son partenaire suédois, SIPRI, ont effectué une recherche sur le terrain afin de s’informer de la perception des communautés sur la situation sécuritaire, les conflits existants et leurs causes ainsi que leurs attentes, en matière de sécurité, de réconciliation et de développement. Les résultats de l’exercice ont été partagés, hier à travers un séminaire, organisé au Grand Hôtel de Bamako.

Alors que l’histoire des rebellions, dans le nord du Mali, date depuis les premières années de l’indépendance, voire même avant, le constat est que jusqu’à présent les divers efforts qui ont été investis pour leur résolution n’ont pas apporté une solution durable aux problèmes de la source de ces rebellions.

Une des raisons de ce manque de progrès dans la résolution de ces conflits est la non-inclusion de toutes les parties prenantes dans le processus de paix, particulièrement les communautés de base qui, en fin de compte, se trouvent à l’épicentre de ces conflits.

Une implication effective des communautés de base dans le processus de paix requiert des contributions de la société civile, à travers laquelle ces communautés peuvent exprimer leurs préoccupations et points de vue sur les mesures pouvant répondre à ces préoccupations.

En dépit des défis non négligeables, liés à la crise politique et sécuritaire, que traverse le pays, la société civile présente des potentialités réelles pouvant contribuer à la construction d’une paix durable au Mali.

Pour que cette contribution soit efficace, elle doit être guidée par une vision stratégique, basée sur des connaissances factuelles du contexte en question et une analyse adéquate des défis existants, y compris les facteurs historiques, culturels, politique et socioéconomiques.

Une bonne compréhension des conditions du contexte en question est nécessaire afin d’apporter des réponses appropriées et efficaces.

L’importance d’une bonne compréhension des causes et manifestations des conflits ainsi que l’implication d’une telle compréhension dans le choix et l’orientation des activités prioritaires d’une stratégie de consolidation de la paix ont été soulignées par le Bureau d’appui à la consolidation de la paix des Nations Unies (UNPBSO), en ces termes: «Une consolidation de la paix réussie est un processus à long terme qui s’attaque aux causes profondes des conflits, concilie les différences, la normalisation des relations sociales, politiques et économiques et le renforcement des institutions nationales et locales qui peuvent gérer les conflits sans recourir à la violence».

C’est dans cette ligne d’idées qu’une recherche sur le terrain a été initiée par la Coalition nationale de la société civile pour la paix et la lutte contre la prolifération des armes légères (CONASCIPAL-Mali) et son partenaire suédois SIPRI.

Ils ont rendu public, hier, les fruits desdites investigations, à travers un séminaire de lancement du rapport de recherche sur le thème : « Causes et manifestations des conflits au Mali : une perspectives de la société civile ».

Les résultats de la recherche sur le terrain présentés, dans ce rapport, ont été générés au sein du projet de Renforcement des contributions de la société civile à la paix, à la sécurité et au développement au Mali.

L’objectif de ce projet, selon la Directrice exécutive de la CONASCIPAL,  est de développer une vision stratégique pour la société civile pour ses contributions à la paix, la sécurité et le développement au Mali.

Le projet, a expliqué Dr Mariam Djibrilla MAIGA, est basé sur le principe que, pour que des stratégies soient viables, elles doivent être solidement ancrées sur la connaissance et la compréhension des questions fondamentales à traiter.

C’est pour cette raison que la première étape de ce projet a été un processus global de recherche, y compris la recherche sur le terrain dans le nord du Mali et à Bamako ainsi que des séminaires et des tables-rondes avec les parties prenantes et les experts concernés, avec l’objectif de construire une base solide pour le développement d’une telle stratégie.

En tout cas, du développement fait par la patronne de la CONASCIPAL, une fédération d’associations maliennes visant  à servir de cadre de dialogue et de concertation pour l’information et l’éducation des communautés et à contribuer à la prévention et à la gestion des conflits et à la mise en œuvre du moratoire sur les armes légères dans l’espace CEDEAO, la recherche sur le terrain, a été réalisée par des membres de la société civile au Mali, organisés en quatre équipes de trois chercheurs sur le terrain, pour les régions de Gao, Kidal, Tombouctou et le District de Bamako.

Ces chercheurs de terrain, s’en félicite-t-elle, ont fait un travail énorme dans des conditions difficiles et même souvent au prix de leur propre sécurité. C’est pourquoi elle a espéré que ce rapport servira à une collaboration, élargie entre les divers segments de la société civile en vue d’apporter une contribution efficace à une paix durable.

Le représentant du ministre de l’Intérieur et de la sécurité a salué l’engagement et la détermination de la  CONASCIPAL à trouver de solutions pour la consolidation de la sécurité et de la paix durable dans notre pays.

Pour Sékou Naman COULIBALY, l’enjeu pour le Mali est de parvenir à la stabilisation et surtout l’apaisement des cœurs et des esprits, gage de la réconciliation nationale entre tous les fils du pays.

Par ailleurs, après la présentation du rapport, la rencontre a été l’occasion pour les participants de discuter de l’état des lieux du processus de paix en cours ; du conflit politique entre l’Etat et les groupes armés du Nord ; et la réalimentation de la discussion sur le rôle de la société civile dans la consolidation de la paix.

 Par Mohamed D. DIAWARA         

 




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