Respect des droits des enfants: le parlement des enfants interpelle les autorités

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En marge de la 10e édition d’Oxyjeunes tenue, du 7 au 12 août dernier à Ségou, la présidente du parlement des enfants du Mali, Fadimata SANGARE, a lancé un vibrant appel aux autorités politiques nationales et internationales en vue de l’harmonisation des textes pour la promotion et la protection des enfants et leur application effective.

Pour la promotion et la protection des droits des enfants, il y a une multitude des conventions et traités qui ont été signés par des Chefs d’État d’Afrique et d’ailleurs, notent des responsables en charge de la question de l’enfance, dans notre pays. Parmi lesquels, la Convention des droits des enfants (CDE) et la Charte africaine des droits de l’homme.
Si pour ces responsables, ces engagements constituent de réelles intentions des autorités d’œuvrer en faveur du bien-être des enfants, leur application laisse cependant à désirer, à cause principalement du poids de la tradition et de la religion. À cet effet, ils ont souligné que notre pays, qui a signé et ratifié presque tous les textes et conventions de la protection des droits des enfants, est cité parmi ceux qui ont de la difficulté à les concrétiser sur le terrain.
« En dépit des efforts consentis par l’État et ses partenaires pour le respect des droits des enfants, il y en a certains qui continuent de subir toutes les formes de maltraitance comme des violences physique et morale », ont-ils regretté tout en soutenant que les acteurs doivent aller au-delà de la simple signature des textes pour passer à leur mise en œuvre.
Ces cas de violences constituent des phénomènes fréquents dans certains milieux, admet la présidente du Parlement des enfants du Mali, Fadimata SANGARE, qui estime toutefois qu’elles sont les conséquences de la non-application effective des textes sur les droits des enfants. Pourtant, a-t-elle ajouté : « il y a tellement de textes que notre pays a signé et j’avoue que je n’en connais pas tous. Ce qui veut dire ce que ce n’est pas le nombre de textes signés qui fera garantir aux enfants leur bien-être, mais leur application effective sur l’ensemble du territoire national ».
À cet égard, elle a interpellé les autorités politiques et administratives nationales au respect de leurs engagements en vue de permettre aux enfants de jouir pleinement de leurs droits fondamentaux.
Aussi, a-t-elle dénoncé la multitude de textes sur les droits des enfants qui, au lieu de promouvoir le bien-être des enfants, entretient la confusion. À cet effet, a-t-elle relevé, des contradictions patentes dans les différents textes sur les droits des enfants qui devraient être corrigées afin que les enfants du monde entier puissent bénéficier des mêmes traitement et faveur.
« Nous notons des grandes contradictions qui apparaissent dans certains textes juridiques de protection des enfants. Je prends pour exemple : la CDE et la Charte africaine des droits de l’homme se contredisent sur l’âge limite des enfants. Par ailleurs, dans certains textes, le choix est donné pour chaque État de fixer l’âge limite de l’enfance », a déploré la présidente du parlement des enfants qui plaide pour que des efforts soient faits à la fois pour l’harmonisation et l’application des textes qui ont fait l’objet d’une ratification.

Par Sikou BAH

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