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jeudi 22 juin 2017
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Restitution des pourparlers aux forces vives: les vérités de Mara, les assurances de Diop

Le Premier ministre a présidé, hier lundi, au CICB, la cérémonie d’ouverture de l’atelier national d’information et de sensibilisation sur les pourparlers inter-Maliens inclusifs de paix d’Alger. A travers cette rencontre, il s’agit de mieux outiller la délégation gouvernementale pour le 3è round des pourparlers.

C’était en présence des membres du gouvernement dont les ministres des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la coopération internationale, Abdoulaye DIOP, (chef de la délégation gouvernementale à Alger); de la Décentralisation Ousmane SY; des Domaines, des affaires foncières et du patrimoine de l’État, Tiéman Hubert COULIBALY. Aussi, les représentants des confessions religieuses; les notabilités de Bamako; le corps diplomatique et les représentants des organisations internationales accréditées au Mali étaient présents.

Prennent part également à cet atelier de deux jours (17 -18 novembre), les représentants du gouvernement (ministres, les directeurs nationaux, les directeurs de services…), les élus, les syndicats, les chambres consulaires, les partis politiques, les ordres professionnels, la société civile, les partenaires techniques et financiers, etc.

L’objectif de la rencontre est de faire des propositions détaillées sur les segments du processus de paix afin que le prochain accord soit le dernier de cette crise qui n’a que trop duré.

L’esprit de la rencontre

‘’Soyez originaux, faites des suggestions pertinentes, précises, pénétrez dans le fond et attaquez vous aux racines du mal. Ne laissons aucun débat, ne tournons le dos à aucune proposition nous permettant de sortir ici avec des solutions constructives et contributives à une paix définitive au Mali. Dans vos travaux de groupe, soyez originaux, sortez des sentiers battus et nourrissez nous de vos idées’’, a orienté le Premier ministre MARA.

Car, a-t-il soutenu, l’équipe en charge de conduire la délégation gouvernementale se rendra en Algérie, animée par les suggestions des participants à l’atelier et déterminé à obtenir les accords les plus complets, les plus détaillés et les plus précis.

‘’Nous nous emploierons à ce que le nouveau climat induit par les accords permettent des réformes significatives sur les plans institutionnels et de gouvernance, sur le plan de la défense et de la sécurité et que des actions précises et massives soient engagées en matière de réconciliation nationale et de développement socio économique au Nord et partout sur le territoire. Le chef de l’État s’y engage et fera en sorte que la Nation soit mobilisée derrière lui pour ce faire’’, a déclaré Moussa MARA.

Seul, le règlement pacifique des questions de rébellion, a martelé le PM,  permettra de mobiliser la nation entière derrière les forces armées et de sécurité pour mener une lutte longue et difficile contre le terrorisme et le trafic de drogue; aussi, il permettra de distinguer une fois pour toute ceux qui veulent réellement le développement de leur région, de leur commune et le progrès de leurs communautés et ceux qui veulent profiter de l’environnement d’insécurité pour continuer à s’adonner aux pratiques néfastes et rétrogrades qui les caractérisent.

«L’Azawad en tant qu’entité regroupant les régions de Tombouctou, Gao et Kidal n’existe pas. Cela n’est pas vrai historiquement. Cela n’a aucun fondement géographique et encore moins culturel. Cela est faux sur tous les plans. Alors pourquoi s’évertuer à donner un corps à une réalité qui n’existe pas? En  lieu et place de cette entité illusoire, nous avons des territoires divers, hétérogènes, abritant des communautés diverses et hétérogènes qui ont des cultures, traditions, activités socioéconomiques diverses et hétérogènes mais complémentaires formant un ciment et source de coexistence pacifique multi séculaires», a fait savoir le Premier ministre.

Le Mali hier, le Mali aujourd’hui, le Mali demain, le Mali toujours

Cette diversité, source de richesse et d’harmonie à un socle, le vivre ensemble dans un même ensemble: le Mali.

‘’Oui le Mali qui existe bel et bien, lui qui de par les siècles, illustre la communauté de destin entre les habitants de notre pays à travers les empires, les royaumes, les brassages, le commerce, les échanges, le métissage. Oui, le Mali existe, coloré, divers, assumant cette diversité et proclamant notre volonté commune d’avancer, blancs, noirs, musulmans, chrétiens, animistes est parfaitement illustrée par notre devise: un seul peuple, vers un seul but animée d’une même foi.’’, a indiqué Moussa MARA.

Donnons-nous tous la main pour préserver ce qui fait notre force, notre unité dans la diversité, a-t-il plaidé, avant d’ajouter : ‘’Ouvrons-nous à tous ceux qui se sont égarés dans une quête illusoire car non opportune, non partagée et non fondée sur des réalités intangibles. Disons leur: venez dans la République, bâtir avec nous un nouvel élan pour la nation malienne’’.

Il a demandé à la communauté internationale de conforter le Mali dans cet élan pour faire face aux menaces de la bande sahélienne: le terrorisme importé et le narco trafic.

‘’Soyez sûrs que jamais, pas plus aujourd’hui que demain, nous ne sommes prêts à toucher à ce qui fait le Mali, sa souveraineté d’État unitaire sur un espace occupé par des communautés variées mais complémentaires: l’armée nationale sera nationale, la police sera nationale, la diplomatie sera nationale, la monnaie sera nationale, les frontières seront nationales dans les limites reconnues internationalement, l’État sera national, républicain, laïc et démocratique. Cela n’est pas négociable’’, a martelé le chef du gouvernement du Mali

Le mea-culpa de l’État

Mais, le Premier ministre sait que l’État du Mali est à reformer.

‘’Nous devons, au Mali, faire le constat que les problèmes du nord sont une des manifestations brutales de ce que nous déplorons tous de Kayes à Taoudéni, de Nioro du Sahel à Tidarmene ou Inekar, de Manakoro à Abeibara, c’est-à-dire, un État qui n’arrive pas à nous protéger, qui a du mal à être équitable entre nous, qui ne nous donne pas les mêmes chances quel que soit notre situation socio-économique, de nous réaliser. Un État qui peine à nous offrir les services de base dont nous avons besoin, qui encourage difficilement l’originalité et les initiatives, qui profite mal de l’incroyable énergie que nous avons, nous les Maliens, à trouver par nous-mêmes les solutions à nos problèmes. Cet État qui a mal à sa gouvernance, quelques fois à son leadership, souvent à son administration et dans ses rapports avec les usagers, est à reformer.’’, a avoué le PM.

Les difficultés d’accès-s à l’eau comme à l’éducation ou à la santé, les problèmes d’enclavement, l’injustice ou l’impunité sont des maux dont souffre le Malien de Gao comme son frère de Kadiola, sa sœur de Kidal comme son cousin de Kita ou sa nièce à Bamako.

‘’Donnons-nous la main pour bâtir ensemble un Mali uni dans sa diversité, qui donne la chance à chacun de ses enfants de bien vivre sa différence. Ayons une armée colorée et diverse comme l’est la Nation. Donnons la possibilité aux communautés de s’exprimer, d’avoir voix au chapitre à travers leurs représentants légitimes. Mais ne permettions pas que certains individus réclament des avantages indus, pistolet à la main. Ne permettons pas que quelques dizaines de personnes fassent un véritable braquage au dépens de 15 millions d’âmes laborieuses.’’, a indiqué le Premier ministre, Moussa MARA.

Les participants mis dans le bain

Auparavant, le chef de la délégation gouvernementale pour les pourparlers d’Alger et non moins ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la coopération internationale Abdoulaye DIOP, a exposé sur le processus des pourparlers inclusifs, le document de synthèse de la médiation et le mémorandum du gouvernement.

Sur ce dernier élément (mémorandum du gouvernement), le ministre, chef de la délégation gouvernementale, a présenté, point par point, des questions aux participants. Il s’agit des questions politiques et institutionnelles (révision de la constitution du Mali, l’expression régions intégrées, la zone de développement, le droit pour les régions d’adopter la dénomination de leur choix, la représentation des communautés à l’Assemblée nationale, la représentation des communautés dans les autres institutions et services publics, le rôle des autorités traditionnelles et des cadis, la représentation de l’État au niveau des régions, la période transitoire);  aux question de développement économique et social (le développement, les moyens financiers de l’État à transférer aux collectivités territoriales, la protection sociale); et aux questions de défense et de sécurité, le processus de DDRR….

Sur ces différentes questions, le gouvernement a soit fait des propositions, soit des réserves et même plus d’explication.

Selon l’exposant, le gouvernement  ne peut prendre des engagements qui, au lieu de souder, divise la Nation malienne. C’est pourquoi, il a demandé le conseil et l’orientation de tous avant la 3è et probablement la dernière phase des pourparlers inter-Maliens d’Alger.

 

Par Hamidou TOGO et Mariam KABA (Stagiaire)

 




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