Retard des salaires des agents du RAVEC: le directeur national de l’Etat civil rassure

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Depuis un certain temps, les agents du Recensement administratif à vocation d’état civil (RAVEC) souffrent d’un retard de 4 mois sur le paiement de leur salaire. En effet, ne pouvant plus, ils menacent de rendre le tablier, laissant les quelques rares Maliens non encore recensés à leur triste sort. Pour en savoir davantage sur cette situation qui prévaut actuellement, notre équipe de reportage a rencontré, hier mardi, le Directeur national d’état civil, Ousmane BAGAYOKO, qui explique ce retard par non seulement le respect des règles administratives obligatoires des partenaires, mais également les difficultés d’acheminement des salaires des agents au niveau de certaines localités du pays.

S T, un agent opérant à Ouéléssébougou, lance un ultimatum : « Cela nous fait 4 mois sans rien. Je suis venu faire la fête de Tabaski en famille, les mains vides. Nous avons tout fait pour qu’au moins, ils payent un mois, cette requête a été vaine. Si rien n’est fait, nous serons obligés de laisser le travail», a-t-il dit, la voix nouée par la désolation.
Approché hier Mardi par nos soins, M. BAGAYOKO rassure ces agents démotivés.
A son avis, les procédures de paiement sont à l’origine de ce retard :
«Nos partenaires signent des contrats de 6 mois, le décaissement se fait à chaque renouvellement de contrat. Donc après le premier semestre, les partenaires ont procédé à des évaluations avant de payer une deuxième tranche. Même après le décaissement de cette deuxième tranche, il faut toute une procédure administrative avant que les agents perçoivent leur salaire. Car ce sont les gouvernorats des différentes régions qui doivent assurer l’acheminement des salaires dans les cercles et ensuite dans les mairies pour que les agents puissent les percevoir», a-t-il révélé. Toutefois, il a rassuré que tous les moyens sont en cours pour que les salaires du 2è semestre leur parviennent en intégralité.
Et M. BAGAYOKO de faire savoir que les agents de Bamako ont déjà été payés, car ils sont proches de la direction nationale.
En effet, grâce l’engagement du gouvernement en partenariat avec le PNUD, à travers son Projet d’appui au processus électoral (PAPEM), il a été décidé de continuer les opérations du RAVEC sur toute l’étendue du territoire national. Cela pour permettre de donner un acte de naissance à tous les Maliens ; sécuriser les documents de voyages ; et enfin enregistrer chaque Malien dans le fichier électoral.
Après une rupture à cause de la crise de 2012, les agents de terrain ont repris les activités en 2014. Le bon déroulement cette opération a été mis en mal par le retard des salaires de certains acteurs. Offusqués par cette situation, certains agents, à savoir ceux des régions ont décidé de plier armes et bagages pour rejoindre leur famille respective.
Selon M. BAGAYOKO, à la date du 25 aout 2016, 15 122 408 Maliens dont 7 309 561 femmes et 7 812 847 hommes ont été recensés ; et 14 millions parmi eux ont déjà leur carte NINA.
Rappelons que cette phase consiste à renouveler des serveurs informatiques et à la commande des cartes NINA vierges. Un document très important eu égard à ces nouvelles applications. Et pour cause, la carte NINA a été utilisée lors des élections générales de 2013 comme carte d’électeur. Mieux, en 2016, elle a acquis la valeur de la carte d’identité nationale.

Par Christelle KONE

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