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mercredi 16 août 2017
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Révélation sur le premier conseil des ministres: IBK sonne la fin de la récré

S’attaquer aux besoins les plus pressants des populations maliennes et leurs aspirations les plus légitimes, sans oublier la donne sécuritaire au nord qui sape tous les efforts qui ont déjà été entrepris en termes de stabilisation du pays, telle est l’indication la plus claire et précise donnée par le président IBK à son nouveau gouvernement lors du premier conseil des ministres du mercredi dernier.

Pour ceux qui en doutaient encore, entre le Président Ibrahim Boubacar KEITA et son nouveau Premier ministre,Modibo KEITA, il y a une profonde estime et une confiance aveugle que le premier voue au second. C’est  à cette brûlante réalité que les ministres du nouveau gouvernement, fraîchement nommés, pour les uns, et reconduits, pour d’autres, réunis  en Conseil des Ministres de prise de contact, ont été confrontés quand, sans coup férir, le Chef de l’Etata fait les éloges de son Premier Ministre en insistant sur sa qualité « d’Homme d’Etat, d’Homme de devoir » et surtout « d’Homme de service jamais démenti», référence faite à la riche et belle expérience de celui a désormais la charge de conduire l’action gouvernementale. C’est là une qualité, sinon la qualité, pense le Président IBK, indispensable à la réussite de la coordination de l’action gouvernementale. Autrement dit, les nouveaux ministres sont invités à suivre l’exemplaire dévouement de leur Chefdans la reconstruction d’un Mali renouveau.

Et pour qui connaît les méandres de la décision politique, il ne s’agit pas là d’un détail sur le caractère de Modibo KEITA qui même, bardé de tous les diplômes académiques,aura été professionnellement un grand commis de l’Etat qui force l’estime et le respect par ses qualités intellectuelles et morales.

Le président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, a aussi dit autre chose à son gouvernement.

Premier responsable du pays, il a tenu à rappelé que la situation générale est difficile, même très difficile au point d’avoir pu être comparée au « parcours du combattant ». Il faut, d’après lui, assez de courage et méthode.

Même si le locataire de Koulouba s’est refusé de nommer le nouveau gouvernement comme un « gouvernement de combat », il a juste tenu à faire atterrir la balle sur terre en déclarant qu’il ne s’agit que « d’un gouvernement de la République ». Mais non sans mettre l’accent sur la responsabilitécollective et de chacun des ministres, sous l’autorité du Premier ministre, à réussir les challenges et les nombreux défis auxquels le pays est confrontés et pour la résolution desquels ils sont tous appelés par le peuple et la Nation entière.

Tout un état de fait qui sera l’ossature de la toute prochaine feuille de route du chef de l’exécutif.

Mais déjà, le président IBK, dans sa toute première adresse aux membres du nouveau gouvernement, en a donné la substance des nouvelles orientations,à travers plusieurs paramètres.

Le premier est une invitation à s’atteler urgemment pour relever le défi sécuritaire avec la dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du pays et la montée en puissance des violences dans cette partie du pays.

Le 5 décembre dernier, huit personnes ont péri au cours d’une attaque terroriste visant des soldats maliens, dans la région de Nampala, localité située au sud de Tombouctou, près de la frontière mauritanienne. Bien avant cet attentat, un autre avait arraché à la Mission des Nations unies au Mali (MINUSMA), 5 de ses soldats. C’est encore le contingent nigérien qui avait été visé. En effet, 6 soldats de ce contingent avaient été blessés récemment dans l’explosion d’un engin télécommandé, au passage de leur véhicule entre Ménaka et Ansogo dans le Nord du pays.

En octobre dernier déjà, faut-il le rappeler, ce contingent nigérien avait perdu 9 de ses hommes dans une attaque terroriste dans cette région de Gao.

La situation est d’autant plus préoccupante que cet attentat contre les troupes onusiennes au Mali est intervenu le même jour où des camions transportant du matériel onusien, ont été interceptés et brûlés par des hommes armés et surtout juste quelques jours après l’attaque terroriste qui a coûté la vie au maire d’Anderanboukane, Aroudeiny Ag Hamatou, dans la même région. Ces attaques traduisent toute la témérité, l’audace des islamistes qui écument cette zone. Elles sont la preuve, si besoin en était encore, qu’ils sont bien là et qu’ils ne sont nullement impressionnés par les dispositifs militaires mis en place pour les contrer.

Il s’agit là d’une situation déplorable qui, selon le Président IBK, doit interpeller tout le gouvernement et chacun des ministres, dans son domaine, afin d’y faire face avec rigueur et détermination.

Le second défi pressant, aux yeux du chef de l’Etat, face auquel il a, selon nos sources, invité le gouvernement à s’attaquer, c’est d’imprimer une dynamique nouvelle à l’action gouvernementale.

Bénéficiant déjà d’un préjugé favorable, fondé sur sa maîtrise des rouages de l’Administration malienne, son intégrité morale à toute épreuve et son culte du travail méthodique et bien fait, il s’agira pour le nouveau Premier ministre de le traduire dans le fait en « coachant » son équipe, comme l’a instruit le Président IBK, et surtout en suivant au quotidien l’action gouvernementale, pour qu’à chaque instant les uns et les autres s’interrogent sur l’effectivité de leur contribution à faire avancer vers de l’avant et à se porter mieux que par le passé. L’objectif étant, a souhaité le Président, de s’attaquer aux vrais problèmes et aux aspirations légitimes des Maliens en matière d’amélioration de leurs conditions de vie, de distribution de la justice sociale, de la lutte contre la corruption et de la délinquance financière ; d’accès aux services sociaux de base, etc.

Par, ailleurs, selon nos sources, le Président Ibrahim Boubacar KEITA a beaucoup insisté sur une charte de bonne conduite axée  le respect et sur la loyauté à l’égard du Premier ministre, ainsi que la solidarité gouvernementale et le sens de la responsabilité collective.

Aucun pays au monde ne sera convié au banquet de l’universel qui ne l’aura mérité. C’est dans ce sens que IBK a convié les membres du gouvernement à mettre l’accent sur la qualité des ressources humaines dans les services et dans l’administration afin de tirer de pays vers le haut avec des taux de croissance à deux chiffres, condition sine qua non de faire sortir les populations maliennes de la précarité tout en amorçant un développement harmonieux du pays.

Autre paramètre, c’est l’écoute des partenaires et des acteurs sociaux.

Car, plus on est informé, mieux on recadre ses revendications, a-t-il conseillé à ses ministres. Donc, plus de rétention d’informations de la part des cabinets qui mettent tous sous le sceaux du secret d’Etat ?

Sans compter que les membres du gouvernement doivent aussi veiller au respect des engagements vis-à-vis de tous les partenaires. Autrement dit en nes’engageant pas sur des propositions qu’ils ne pourront pas tenir, aégalement averti le président de la République.

Le tout sans succomber à la tentation de détournement et de malversations dans la gestion des affaires.  Aux commandes depuis près de deux ans, il a conscience des dérives pernicieuses qui ont capté l’Etat sous les deux gouvernements précédents.

L’intention est noble et louable, reste sa mise en chantier. Car, plus que tout autre, le président IBK sait autant grandes les attentes de son peuple, légitimes aussi ses colères voire ses déceptions quant aux engagements depuis septembre 2013.

Pour l’Honneur et le Bonheur des Maliens, c’est un challenge ; pour le Mali, un tournant à ne pas rater.

Par Mohamed D. DIAWARA




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