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samedi 22 juillet 2017
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Révision Constitutionnelle: les religieux dévoilent leur position aujourd’hui

Rendez-vous aujourd’hui à la grande Mosquée de Bamako
Ayant été contacté par les partisans du Oui (gouvernement et majorité parlementaire) et ceux du Non (opposition parlementaire et Plateforme An tè abana), le Groupement des leaders spirituels musulmans du Mali a organisé, mardi dernier, au siège de la Fédération des Ançardine, sis à Banconi, une assemblée générale d’information des coordinations du District de Bamako, de Niamana, de Kati et de Kalaban -Coro.

Placée sous le haut patronage de son président, Chérif Ousmane Madani HAIDARA, cette assemblée générale du Groupement des leaders religieux s’est déroulée en présence de plusieurs leaders musulmans, membres dudit Groupement, notamment Mohamed Macki BA, secrétaire général du Groupement, et non moins président de l’Union des jeunes musulmans du Mali (UJMA) ; Harouna SANGARE ; Me Mody N’DIAYE, notaire de son état, rapporteur de la commission de synthèse des documents soumis au Groupement par les partisans du Oui et du Non de la révision constitutionnelle. On y notait également la présence des représentants des coordinations communales du Groupement des 6 Communes du District de Bamako, de Niamana, Kati, ainsi que et Kalaban-Coro.
Après avoir partagé avec l’assistance, les principales motivations de toutes les parties, les responsables leadeurs religieux ont informé les participants à l’AG que dans le souci d’associer tous (Haut conseil islamique, Ligue des imams du Mali, confessions chrétiennes), une copie des documents de toutes les parties leur a été remise pour analyse. Pour une éventuelle prise de position, le rendez-vous a été donné pour le jeudi (aujourd’hui) à la grande Mosquée de Bamako, dans l’après-midi. À l’issue de cette rencontre, selon les leaders religieux, une position commune de toutes les confessions religieuses (chrétiennes et musulmanes) du Mali sera dégagée.

Les raisons d’une démarche
Selon le secrétaire général du Groupement des leaders musulmans, Mohamed Macki BA, c’est après la marche des partisans du Non du 17 juin dernier, que les membres du Groupement ont cherché à comprendre le problème. C’est ainsi qu’ils ont saisi la Commission loi de l’Assemblée nationale. Suite à cette démarche auprès de l’Assemblée nationale, le ministre en charge de la Réforme de l’État, Me Kassoum TAPO ; la majorité parlementaire après suive de l’opposition parlementaire et la plateforme An Te A Bana ont, tours à tours, pris l’initiative sur eux de rencontrer le Groupement à son siège pour expliquer à ses membres, les raisons de leur pour et Contre.
Mohamed Macki BA a précisé que chacune des parties leur a remis une copie de ses documents.
Par ailleurs, a-t-il fait savoir, une Commission de synthèse de ces différents points présidée par l’un des vice-présidents du Groupement, Daouda DIA, président du groupement des Ulémas du Mali, a été mise en place. Et Me N’DIAYE, notaire de son état, a été désigné rapporteur de ladite Commission.
La Commission de synthèse, sans donner une position en faveur du Oui ou du Non, avait pour mission d’éclairer les membres du Groupement sur les aspects et notions juridiques qui opposent les deux camps.
Il ressort de l’exposé de Me N’DIAYE que les points de divergence concernent entre autres l’article 118 de la Constitution de 1992 qui parle de l’intégrité territoriale ; les pouvoirs du président de la République ; la désignation d’un tiers des membres du Sénat le président de la République, l’autorisation du mariage homosexuel, etc.
Sur chacun des points, la Commission de synthèse a donné des avis très éclairés ayant permis aux participants de comprendre les tenants et les aboutissants de ce problème qui semble plutôt politique.
La Commission a fait savoir qu’une permanence est ouverte au siège du Groupement où les membres du Groupement peuvent amener leurs propositions et suggestions relatives au projet de loi constitutionnelle.
Chérif Ousmane Madani HAIDARA s’est réjoui de la confiance et l’estime que toutes les parties (majorité et opposition) ont placées au Groupement des leaders spirituels musulmans du Mali. Ce dernier a, à son tour, invité les autres leaders religieux du pays (musulmans et chrétiens) pour qu’ensemble ils puissent sauver le Mali.
Pour lui, avant d’adopter toute décision commune qui engage le Groupement, il est de leur devoir de dirigeants de mettre les responsables des différentes coordinations au même niveau. Tel est le sens de la présente assemblée générale, a-t-il indiqué.

Sauver le Mali
« Nous sommes Maliens et nous en sont fiers. L’intérêt du Mali est celui des Maliens. La souffrance du Mali, que Dieu nous en préserve, est également celle des Maliens. Après avoir écouté toutes les parties (ceux qui sont pour et ceux qui sont contre) qui nous ont remis leurs écrits, au nom du Groupement des leaders spirituels musulmans, nous avons estimé qu’on ne peut pas et on ne doit pas travailler sans les autres leaders religieux (musulmans et chrétiens). Alors, nous avons décidé d’associer tous les leaders religieux de notre pays pour qu’on puisse ensemble comment, il faut sauver notre pays, le Mali. Ainsi, nous allons donner au Haut conseil islamique (HCI), à la Ligue des imams du Mali (LIMAMA), aux chrétiens et aux autres leaders religieux, les copies des documents que chacune des parties nous a remis. Après analyse de ces documents, les leaders religieux se retrouveront pour dégager une position commune, devant conduire le Mali à la paix et la stabilité, qu’ils vont soumettre aux plus hautes autorités du pays », a indiqué le président du Groupement.
Dans cette dynamique, une rencontre de tous les leaders religieux est prévue pour aujourd’hui jeudi à la grande Mosquée de Bamako.
Dans le même ordre d’idée, Cherif Ousmane Madani HAIDARA dit s’être entretenu avec Mahmoud DICKO, président du Haut conseil islamique ; et l’UJMA, à travers son président, Mohamed Macki BA, est en contact avec les jeunes chrétiens qui sont d’avis avec leurs frères musulmans. La LIMAMA sera contactée dès demain (ndlr hier mercredi).
Par ailleurs, a-t-il fait savoir, la campagne de dénigrement contre les leaders religieux ne vise qu’à bafouer les personnalités musulmanes afin de discréditer l’Islam. Pour lui, le Mali n’est pas arrivé là.

Mises en garde
Toutefois, a-t-il fait comprendre : « Le Mali est et restera sous l’égide des musulmans et des religieux jusqu’à la fin du monde et personne ne peut contre ». Et le président du Groupement d’ajouter : « C’est pourquoi nous avons dit aux politiciens (majorité et opposition) de travailler main dans la main pour l’intérêt général des Maliens. Cependant, nous n’allons jamais les laisser mettre du feu à notre pays. S’ils ne le font pas bien, nous (religieux) allons mettre quelqu’un de notre choix à Koulouba. Nous ne sommes pas des politiciens et nous ne le serons pas, le fauteuil dans lequel Dieu nous a installé nous suffit largement et éternellement. Combien de Présidents ont-ils cédé leur fauteuil en me laissant à ma place ? Alors, comment échanger son fauteuil contre un fauteuil éjectable ? », a-t-il martelé.
Le Mali, dira HAIDARA, n’appartient ni à la majorité ni à l’opposition. Il appartient aux Maliens. Celui qui vient pour le construire, ils vont l’aider à le faire. Mais celui qui veut y mettre le feu, ils vont prendre ses mains.
La démarche a été largement partagée par les participants qui ont salué la clairvoyance de leurs leaders.

Par Sékou CAMARA




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