Riz importé: victime d’une campagne de dénigrement ?

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Cette question a tout son pesant d’or, car depuis quelques jours, certaines informations accablantes envahissent les réseaux sociaux sur le riz importé qui sont deux, voire trois fois plus abordables que certains riz de la place. Il s’agit des vidéos et des photos d’un jeune chinois qui transforme carrément des sachets de plastique en des grains de riz. Et curieusement, ces riz importés indexés inondent nos marchés.

Le riz « MCR- RICE », « Kohinoor », « Kokeshi Rice » et autres qui étaient sollicités à cause de leur prix abordable jusqu’à ces derniers jours. Cette impopularité de ces variétés de riz pourrait s’expliquer par les allégations des internautes sur Facebook.
Créer une psychose chez les millions de consommateurs de riz, tel est sans doute l’objectif de cette campagne. Un objectif bien atteint, car des centaines de « facebooker » partagent ladite publication avec en appui des messages d’alerte très sérieux. Du coup ces riz étiquetés « très dangereux », car au lieu du riz, il s’agirait de granulés de caoutchouc que contiendraient les sacs de riz. Car, ne sachant plus ce qu’ils retrouvent dans les assiettes, les consommateurs préfèrent éviter ces riz au prix abordable au profil d’autres marques vendues dans les magasins de nos gros commerçants qui ont des marques bien connues. « Ces nouveaux riz importés sont très abordables, mais ne sont pas bons pour la santé, car contenant des granulés de caoutchouc. La santé n’a pas de prix, je préfère les autres que j’achetais avant », a dit une ménagère hier qui a repoussé une marque de riz chez son marchand de riz.
D’autres consommateurs, pour ne pas tomber dans le piège du « riz caoutchouc », proposent au vendeur d’apporter un bol d’eau, dans lequel ils versent une poignée de riz et observent pendant quelques minutes. Si par mésaventure un seul grain de riz remonte à la surface du récipient contenant de l’eau, cela confirmerait que la contenance du sac est un « mélange de granulés de caoutchouc et un peu de riz », nous explique une autre consommatrice.
Couper la route à cette rumeur prise au sérieux est un jeu d’enfant pour toute personne qui a la capacité d’analyse. Et pour cause ? Les granulés de caoutchouc fondent tout de suite dans l’eau chaude. Donc, ne peuvent pas un être servis comme un plat de riz. Et puis sur quelle base ces vidéos sont tournées ? À cette question on ne saurait répondre, avec toutes les possibilités qu’offrent les logiciels qui peuvent transformer un chat en une souris. Donc en quelques coups de curseur, des images sont falsifiées pour d’autres objectifs personnels. Sans faire une publicité de ces riz, nous constatons que ces arguments de granulés de caoutchouc à la place du riz ne passent pas dans nos assiettes, car la composition chimique ne permettra pas au caoutchouc de résister dans une marmite dont la température atteint les 100 degrés. Cela, jusqu’à preuve du contraire
Les raisons de la propagande.
Les spéculations des prix dans les marchés sont devenues incontrôlables, malgré les efforts du gouvernement pour assister les commerçants maliens à livrer les produits de première nécessité aux populations à des prix abordables. Donc suite à la mauvaise foi de nombre de commerçants de riz, le gouvernement, apprend-on, a décidé d’annuler les suspensions temporaires de paiements des taxes à tout commerçant qui ne respecterait pas ses engagements vis-à-vis de l’état comme l’y autorise la loi. Donc ne bénéficiant pas du soutien de l’État, ces commerçants mal intentionnés vendent plus cher leurs marchandises que ceux qui ont respecté les contrats qui les lient au gouvernement.
Outre cette évidence, le marché n’ayant plus de monopole comme on le voyait sous l’ancien régime avec ce produit très prisé au Mali, il y a eu la menace des autorités d’ouvrir le marché aux commerçants d’autres pays. La loi du marché devant réguler les prix, les consommateurs pourraient se frotter les mains. L’on apprend que c’est la peur de cette éventualité qui crée la panique dans beaucoup de milieux commerciaux pour donner lieu à toutes sortes de fantasmes, dont des vidéos dont la seule certification est la légende. Or, il est de notoriété publique que cela n’en est pas une en matière de réseaux sociaux comme on l’a vu à maintes reprises avec des manipulations menées de main de maître pour faire dire à l’image ce qu’elle ne voulait pas dire à l’origine.
En tout état de cause cette information ne fera pas longtemps son effet de psychose chez les consommateurs, à cause de cet argument infondé.

Par Christelle Koné

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