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mercredi 25 mai 2022
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RPM : chasser la dissidence ?

Alors que les membres du Collectif pour la défense des statuts et règlement intérieur du RPM (CDSRI – RPM) évoquent un problème de légitimité écornée pour tout le bureau politique national du Rassemblement pour le Mali (BPN-RPM) en interprétant la décision du tribunal de la commune II, à la tendance Bocari TRETA, on murmure des sanctions contre ceux qu’on appelle la dissidence. Entre les deux clans des Tisserands, ce n’est pas encore le divorce, mais la fracture semble désormais inconciliable.

La chienlit s’installe au sein du parti du défunt président Ibrahim Boubacar KEITA. Le fossé de la discorde s’est élargi avec l’action en justice initiée par le collectif pour la Défense des Statuts et Règlement inté¬rieur du RPM qui a saisi le tribunal de la commune II pour invalider les résolutions du 3e Comité central.

Sans trancher l’affaire au fond, la décision de justice fait naître une polémique sur la légalité et la légitimité de l’actuel bureau politique national du parti. En effet, le tribunal de la commune II, en statuant en annulation sur les résolutions des 3es assises du comité central du parti a rejeté le mercredi 2 mars la requête des plaignants pour défaut de qualité.

Un jugement à interpréter qui vient donner une autre dimension au conflit entre les héritiers politiques de feu Ibrahim Boubacar KEITA. Ainsi, en commentant cette décision, les membres de ce collectif CDSRI – RPM) estiment que ce n’est pas un coup qui est porté à leur démarche, mais à l’ensemble de la direction du parti mise en place lors du dernier congrès ordinaire du parti, il y a 6 ans.

« Le Rassemblement pour le Mali (RPM) a tenu les assises de son 4e congrès ordinaire octobre 2016 au Palais de la culture. Le bureau est élu pour un mandat de 3 ans. Depuis, il n’y a pas eu de renouvellement de l’instance dirigeante du parti. C’est à ce titre que notre plainte a été rejetée pour défaut de qualité. En tant que membre de ce bureau, par ricochet le président Bocari TRETA est frappé par la même décision », nous a indiqué un membre du collectif CDSRI – RPM) dont les responsables, disent-ils, se battre pour le respect des textes du parti.

Pour lui, c’est tout le Bureau politique national du parti issu de ce dernier congrès qui est frappé par cette décision de justice. Ce n’est pas propre à un clan ou à ceux qui ont porté plainte, ajoute-t-il.

La conséquence de droit de cette situation, poursuit notre source, est qu’aucun responsable ne peut engager et agir au nom et au compte du RPM qui ne peut pas être contesté. Or, les textes du parti ne prévoient pas d’autre mécanisme de prise de décision lorsque le mandat du bureau arrive à terme. En clair, précise-t-il, des élections sont organisées  dans cette condition, TRETA ne peut pas être le candidat du RPM.

« Nous voulons empêcher cette situation, c’est pourquoi nous avons demandé d’aller à un congrès en vue d’éviter ce vide. Mais, on ne nous a pas écoutés », a indiqué notre interlocuteur qui lève toute équivoque en affirmant que « le combat n’est pas contre le leadership de TRETA ».

Toutefois, affirme-t-il, il ne faut pas être plaisant avec des actes qui peuvent compromettre l’avenir du parti.

En revanche, du côté du clan TRETA, on répond que c’est un tout simplement un commentaire pour tromper l’opinion des militants même s’ils ne nient pas que le mandat du dernier congrès ayant consacré l’élection de TRETA à la tête du RPM est arrivé à terme.  Bien au contraire, on le justifie : « ce n’est pas la 1re  fois que le bureau du parti fonctionne au-delà de son mandat. Cela n’est pas valable seulement au RPM, mais à toutes les formations politiques au Mali ».

Pendant tout ce temps, personne n’a rien dit et c’est maintenant après l’échec de leur action en justice qu’ils ressassent ce discours de défaut de qualité pour tout le bureau du parti, indique un responsable du RPM qui soutient la démarche de TRETA.

Selon lui, Bocari TRETA n’a pas refusé d’aller au congrès dont l’organisation demande des préalables en citant, pêle-mêle, le renouvellement des sections, le problème de mobilisation de fonds.

« Depuis quelques semaines, nous sommes en tournée pour le renouvellement des instances locales du parti. Et le week-end prochain, nous serions à Bla », a annoncé notre interlocuteur.

Puis, il lâche l’information selon laquelle des sanctions seront certainement prises à l’encontre des membres de ce collectif. En tous cas, c’est l’avis partagé par des cadres et responsables du clan de TRETA. Mais pour l’instant, ce dernier est toujours dans une logique de rassembler tout le monde.

PAR SIKOU BAH




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