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samedi 24 octobre 2020
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‘‘Sanké mô’’: la fête n’est pas une course à la mort

La communauté Bwa et alliés ont organisé, le samedi dernier, la 1ere édition de la nuit ‘’Sanké mô’’ pour pérenniser l’esprit de cette manifestation séculaire. Événement culturel majeur du pays, le ‘’Sanké mô’’ est aujourd’hui confronté à de graves menaces. D’édition en édition, l’événement est endeuillé par de nombreuses morts des jeunes qui se donnent à des courses de moto effrénées.

Placée sous le thème : ‘’la culture pour la paix, le développement et la cohésion sociale’’, la 1ere édition de la nuit ‘’Sanké mô’’, organisée par l’Association du Carrefour de développement et de la paix au Mali (CDPM San Niéta) a eu lieu au Palais de la Culture de Bamako. C’était en présence de nombreuses personnalités, des autorités administratives et politiques du Cercle de San et de la région de Ségou. Le Palais était également pris d’assaut par les communautés Bwa et alliés.

Souhaitant la bienvenue, le président du CDPM, Mamadou Lamine TRAORE, a indiqué que l’organisation de cette nuit est uniquement une simulation et ne constitue aucunement la délocalisation d’un rite traditionnel de plusieurs siècles, patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO à Bamako. Il s’agit, selon lui, de préserver l’esprit du ‘’Sankè mô’’.

Ce rendez-vous annuel est très menacé par plusieurs défis, a alerté M. TRAORE. Parmi lesquels, il a cité pêle-mêle, la chute progressive du taux de mobilisation des ressortissants de San qui naguère honoraient de leur présence la manifestation ; le flétrissement de la marre Sanké dû à des facteurs naturels (la mauvaise pluviométrie) et à des facteurs anthropiques (pression du développement urbain de la ville de San).

Il y a également les courses folles à moto des jeunes à la veille de la fête provoquant parfois des accidents mortels et qui endeuillent l’événement, a ajouté le président du CDPM. Les jeunes, estime-t-il, créent les conditions de se mettre en danger. « Chaque motocycliste enlève les freins, les tuyaux d’échappement et les phares et lance dans des courses folles pour faire mordre la poussière aux autres », a-t-il décrit la scène.

Or, soutient-il, le rite du ‘’Sanké mô’’ n’est pas une course à la mort. « D’année en année le nombre d’accidents augmentait lors du ‘’Sanké mô’’ et on dénombrait une dizaine de morts et une cinquantaine de blessés », a-t-indiqué. Ces faits qui sont en train de porter atteinte à la portée historique et culturelle de cet évènement, de l’avis des parents qu’il partage.

A chaque édition, cette composante du « Sanké mô » coupe le sommeil aux populations, aux participants, aux organisateurs, aux autorités municipales et nationales. Et pourtant, a fait savoir M. TRAORE, elle est une intrusion, une pratique incongrue qui s’est invitée dans un rite traditionnel séculaire dont l’essence réside dans l’humilité d’une population dont les vertus lui ont assuré une résilience à des épreuves de toutes natures.

« Nous saluons les efforts et invitons toutes les associations de ressortissants de San à inscrire en priorité dans leurs activités en faveur du ‘’Sanké mô’’ l’appui à apporter aux autorités locales et nationales en vue de vaincre ce mal qui ternit l’image de ce patrimoine culturel immatériel», a exhorté le président du CDPM.

Les animations musicales, les danses autour des représentations du bois et du puits sacré ont aussi marqué la soirée.

Par Sikou BAH




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