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samedi 24 juin 2017
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SANS TABOU, 3e round d’Alger : transformer les obstacles en atouts

Il est une évidence que le début du 3e round du processus de négociations intermalien, le dimanche 19 octobre dernier, à Alger (Phase II de la Feuille de route des négociations dans le cadre du processus d’Alger), représente une chance de paix. Chaque fois que des protagonistes d’une crise acceptent de se parler, les portes d’une solution pacifique s’ouvrent. En cela, le processus d’Alger fonde des espoirs légitimes de règlement du conflit au Nord et dont Kidal est l’épicentre.

Pour autant, faudrait-il s’abstenir de céder à un optimisme béat? Le dialogue est une chance de paix à condition que les protagonistes partagent cette même vision. Dans notre cas spécifique, il est indispensable que les parties s’accordent sur le fait que l’unité nationale, l’intégrité territoriale, la forme républicaine et laïque de l’Etat sont des principes intangibles. Sur ces points, aucune concession ne devrait être à l’ordre du jour.

Cependant, assiste-t-on à une campagne à peine déguisée visant à remettre en cause ces principes réaffirmés dans la Feuille de route. Les groupes armés de la Coordination du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), et du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), soutiennent ainsi que le fédéralisme n’est pas antinomique de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale.

Quid alors de la forme républicaine de l’Etat? De tels assertions qui ne sont rien moins que du dilatoire ne sont pas sans entamer sérieusement le peu de confiance existant.

Il y a aussi des raisons de tempérer l’optimisme, d’autant plus que la vérité des négociations se trouve ailleurs. Non pas parce qu’elles se déroulent en terre algérienne, donc en dehors du pays; mais parce qu’elles sont devenues une arène où s’affrontent des intérêts divergents, souvent opposés. Il est clair que l’enjeu n’est pas seulement la reconnaissance du Mali en tant qu’Etat souverain; c’est aussi la reconnaissance et l’imposition de groupes armés comme des sortes de contre-pouvoir pouvant valablement représenter les intérêts étrangers.

La phase II de la Feuille de route, dans le cadre de processus d’Alger, est alors celle de la vérité. Ce, d’autant plus qu’elle doit traiter des questions de fond, à savoir l’organisation administrative dans les régions du Nord, le retour de l’autorité de l’Etat dans ces régions, le déploiement de l’armée et la réorganisation des forces de défense et de sécurité y afférente, la gestion de la sécurité des villes, la réforme du système judiciaire, la question du développement et de la répartition des ressources…

L’on se rappelle, la question du statut politique des régions du Nord a été le point d’achoppement du deuxième round de négociation à Alger. Elle restera encore le point nodal de cette nouvelle étape puisqu’elle se rapporte directement à l’unité nationale, à la forme républicaine et laïque de l’Etat.

Cependant, faut-il désespérer du fait de l’existence d’obstacles de taille sur la voie de la réconciliation? Il faudrait plutôt transformer ces obstacles en atouts pour y parvenir. Ce qui fait appel à tout le génie du peuple malien. En 2013, il a démontré qu’il pouvait déjouer les pronostics les plus catastrophes en réussissant des élections saluées par le monde entier. La réussite de la paix est l’autre défi qui ne saurait être au-delà de sa portée.

Par Bertin DAKOUO

 




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