Sans Tabou: Abou Tourab, après le pardon, la nécessité de collaborer

Le djihadiste malien Ahmad Al Faqi Al MAHDI dit Abou TOURAB, a demandé pardon lundi à son peuple en plaidant coupable à l’ouverture de son procès historique à la CPI, de la destruction en 2012 de mausolées classés Patrimoines de l’humanité à Tombouctou, appelant les musulmans à ne pas imiter ces actes « diaboliques ».

Ce repenti du djihadiste sonne comme une bouffée d’oxygène pour le processus de paix et la réconciliation en cours dans notre pays. Pour donner la preuve que son repenti est sincère, il doit aller au bout de sa logique en collaborant avec la justice pour qu’elle puisse mettre la main sur ses éventuels complices et l’ensemble des commanditaires des crimes crapuleux qui ont eu lieu au nord de notre pays pendant l’occupation.
En effet, la comparution de Ahmad Al Faqi Al MAHDI l’un des auteurs de la destruction des mausolées classés au Patrimoine mondial de l’humanité à Tombouctou, devant la CPI (Cour pénale internationale) avait été vivement salué par les populations du nord toutes les organisations de défense des droits de l’homme.
Pour la petite histoire, le Mali a saisi la Procureure de la CPI le 13 juillet 2012 pour tous crimes commis dans notre pays pendant l’occupation djihadiste. Le 16 janvier 2013, le Bureau du Procureur a formellement ouvert une enquête sur les crimes allégués relevant de sa juridiction commis au Mali. Le 13 février 2013, le gouvernement malien et la CPI ont conclu un accord de coopération en application du Chapitre IX du Statut de la CPI. La Chambre préliminaire a délivré le premier mandat d’arrêt dans la situation au Mali, sous scellés à l’encontre de M. Al FAQI le 18 septembre 2015. Une semaine plus tard, Al Mahdi alors détenu par les autorités nigériennes a été transféré à la CPI.
Comparu lundi dernier devant le juge de la CPI, Ahmad Al Faqi Al MAHDI a dit ce ceci après la lecture des charges retenues contre lui : « Votre Honneur, j’ai le regret de dire que tout ce que j’ai entendu jusqu’à présent est véridique et reflète les événements. Je plaide coupable ».
Comme une cerise sur le gâteau, il a ajouté : « Je me tiens devant vous dans cette enceinte plein de remords et de regrets. Je suis fort contrit de mes actes et de tous ces préjudices que cela a causé à mes êtres chers, à mes frères et à ma mère patrie, la République du Mali, et aux membres de l’humanité aux quatre coins du monde ».
Suite à l’interpellation du djihadiste, la FIDH, l’AMDH et 16 autres organisations maliennes de défense de droits humains au terme d’enquêtes dans le nord du Mali avait porté plainte en mars 2015 devant la justice malienne, contre lui et 14 autres présumés responsables de graves crimes commis à Tombouctou. Ces organisations considèrent que le Bureau du Procureur devrait également examiner les allégations crédibles impliquant Al Mahdi dans la perpétration de crimes internationaux commis à l’encontre de la population civile, y compris les crimes de viol, d’esclavage sexuel et de mariage forcé.
En ce qui concerne le procès qui s’est ouvert lundi dernier, le Touareg Abou TOURAB est accusé d’avoir dirigé intentionnellement des attaques contre neuf des mausolées de Tombouctou et contre la porte de la mosquée Sidi Yahia entre le 30 juin et le 11 juillet 2012.
Aujourd’hui, en choisissant de plaider coupable, il montre la voie pour la réconciliation des Maliens. Dans un contexte comme le nôtre, le pardon est aussi un passage obligé pour arriver à une paix durable.

Par Abdoulaye OUATTARA

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