Sans Tabou: affaire500 millions, le silence abasourdissant de Soumi champion

Soumaila CISSE, en vertu de son statut de chef de file de l’opposition, a reçu du gouvernement, la rondelette somme de 500 millions de francs CFA. Plus d’une semaine après, Soumaila CISSE ne pipe mot de cet avantage à lui accordé par l’État sur les finances publiques. Pourtant, le chef de file de l’opposition ne manquait plus d’occasion pour rappeler à l’opinion qu’il n’était pas encore mis dans ses droits, depuis le vote la loi par l’Assemblée nationale. Stratégie ou mauvaise foi ?

Il y a plus d’une semaine maintenant que cette nouvelle a fait le tour de la blogosphère et chacun y va de son commentaire sur les réseaux sociaux. Le plus surprenant dans cette affaire qui défraie la chronique de l’actualité politique nationale, c’est le silence abasourdissant du chef de l’opposition lui-même qui ne pipe mot sur son pactole et l’utilisation qu’il compte en faire. Puisqu’avant le payement de cette somme, que n’a-t-elle pas dit en vue de dénoncer le retard l’application effective de la loi portant statut de l’opposition, en République du Mali par le gouvernement. Cet appui est bien un droit pour le chef de file de l’opposition, mais est tenu aussi de rendre compte au peuple puisqu’il s’agit d’un fonds public. L’honnêteté politique voudrait qu’après autant de déclarations, pour le respect du statut même de l’opposition, Soumaila CISSE devait informer l’opinion nationale, ses militants et alliés de l’octroi des 500 millions pour les besoins de son cabinet.
Comment en dépit des critiques qu’il formule à chaque instant, le chef de file de l’opposition a du mal à montrer le bon exemple en matière de gestion du bien public ?
Pour de nombreux commentateurs, cet avantage financier accordé au seul chef de file de l’opposition est de nature à fausser inexorablement la compétition démocratique dans notre pays. Pour preuve, où est l’équilibre entre les forces politiques en présence s’il est accordé 500 millions par an, soit 2,5 milliards de FCFA pendant une mandature (5 ans) au chef de file de l’opposition alors qu’en face plusieurs autres dizaines de partis politiques régulièrement créés et prétendant aux mêmes objectifs, la conquête et l’exercice du pouvoir sont dans le besoin de se renforcer ?
C’est vrai, le Statut de l’opposition, à l’origine de ce traitement, est l’émanation de la volonté du peuple malien, à travers ses députés à l’Assemblée nationale, qui ont voté le texte dans un esprit de préservation et de renforcement des acquis démocratiques du 26 mars 1991. Cependant, au regard du contexte actuel du pays où les services de base sont insuffisants et même souvent inexistants, les forces armées qui manquent beaucoup de choses, notre peuple aura du mal à justifier ce geste.
Le Silence de Soumaïla Cissé face au geste du gouvernement à son endroit est le signe d’une ingratitude de la part du chef de fil de l’opposition qui, à tout égard, à des comptes à rendre à son peuple.
Votée à l’Assemblée nationale, le 19 février 2015, la loi portant statut des partis de l’opposition a été promulguée par le chef de l’État, le 4 mars dernier. 20 jours plus tard, Soumaila CISSE a été désigné chef de file de l’opposition par son parti, l’URD, qui parmi les formations de l’opposition possède le plus grand nombre de députés à l’Assemblée nationale. Sa nomination par le président de la République est intervenue le 10 juin dernier.

Par Sikou BAH

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *