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jeudi 14 décembre 2017
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Sans tabou: Alger II, Les grandes manœuvres des rebelles

En prenant prétexte de la présence de la présence de la CMFPR à côté de la délégation malienne, de la définition hic et nunc du statut de l’Azawad, les groupes armés rebelles ne font rien moins que d’user d’arguties pour plomber le processus de négociation.

Il y a une constante chez les groupes armés de Kidal (MNLA, HCUA et MAA+CPA), c’est de souffler le chaud et le froid. Alger II ne fera pas exception à la règle. En effet après avoir paraphé, devant les caméras du monde entier la « Déclaration de cession des hostilités » ; la « Feuille de route des négociations dans le cadre du processus d’Alger », voici les rebelles qui font une manœuvre forcée pour tenter d’écraser la Feuille de route. À peine les négociations débutées le lundi 15 septembre dernier qu’elles ont été suspendues. Pudiquement, l’on parle de raisons techniques. Peu importe la couche de vernis mise pour rendre cette suspension comestible ; la vérité est que les groupes armés (sans la CM-FPR) ont décidé de vider la salle en posant sur la table deux sujets de diversion. Le premier, c’est que la Coordination des mouvements, forces patriotiques de résistance (CMFPR) était assise à côté de la délégation malienne. Ambéry Ag RHISSA, négociateur en chef des rebelles, n’en espérait pas tant pour exiger du Médiateur de clarifier cette situation. Pourquoi une telle demande s’il est avéré que la CMFPR n’est pas une autre mamelle du MNLA qui est le mouvement originel de Ambéry ? En effet, la CMFPR n’a pas plus de raison d’aller signer un acte de mariage avec les autres groupes armés qu’elle n’a de raison de décréter un divorce avec la délégation gouvernementale. En faire de la présence de la CMFPR auprès de la délégation gouvernementale, toute une montagne, ne peut que traduire une prédisposition à provoquer un clash pour des bagatelles. Le deuxième sujet de diversion, consiste pour les rebelles, à créer de toutes pièces un ordre de jour et à vouloir l’imposer aux autres membres des Commissions politique et développement. Nulle part en effet, il n’est que la définition d’un statut politique du Nord du Mali était un préalable au démarrage des négociations. En présentant une telle exigence, les rebelles de Kidal savaient pertinemment que le seul gain qu’ils pouvaient en tirer était une perte de temps. Mais un gain important eux dans la mesure où il pourrait permettre d’entamer la patience de leurs interlocuteurs ; question éventuellement de les pousser à la faute. Pour la perte de temps, le pari est réussi. Pour des négociations qui étaient prévues pour durer du 17 août au 11 septembre et qui ont été reportées au 1er septembre, pour donner lieu à un boycott de la séance inaugurale 15 jours plus tard, soit le 15 septembre, incontestablement les rebelles ont réussi un coup de maître. Sur ce plan, ils sont en train de réussir à imprimer leur rythme aux négociations qui, selon de nombreuses sources, pourraient trainer en longueur jusqu’en fin d’année. Pourtant dans les « Principes devant guider le déroulement des négociations de paix », contenus dans la Feuille de route, il est clairement dit : « Les négociations visent à poser les fondements du processus de paix, basé sur un travail de fond.

Ce processus doit être mené sans précipitation, mais avec la volonté d’avancer ». En introduisant un nouvel ordre du jour et en vidant la salle, les rebelles de Kidal, non seulement jouent de précipitation ; mais également, ils marquent leur volonté de faire du surplace, si ce n’est un recul.  Un jeu trouble auquel les Médiateurs et les parrains des rebelles de Kidal auront tout loisir de goûter et d’apprécier la qualité.

Par Bertin DAKOUO




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