Sans Tabou: autorités intérimaires, le jeu trouble de la CMA

Décidément, la Coordination des mouvements armés (CMA) est loin de renoncer à ses multiples manœuvres dilatoires consistant à mettre le bâton dans la roue de l’attelage devant mener à destination l’Accord pour la paix et la réconciliation. Chaque étape du processus est butée à un obstacle placé par les responsables de ce mouvement armé. Pompiers et pyromanes à la fois, les responsables de la CMA se brillent toujours par des critiques vis-à-vis de l’État par rapport aux retards accusés dans la mise en œuvre de l’Accord, alors que ce sont eux qui sont à l’origine du blocage du processus. Quel paradoxe !
Après avoir salué le décret pris par le gouvernement en conseil des ministres extraordinaire, concernant la mise en place des autorités intérimaires, les contestateurs de la CMA sont sortis encore de leurs gongs pour crier sur tous les toits en dénonçant une soi-disant incohérence constatée dans ledit décret. Un langage dilatoire propre aux responsables de ce mouvement et qui n’a d’autre but que de ralentir le processus et par ricochet prolonger la souffrance des populations.
En tout cas, grande fut la stupéfaction des Maliens d’entendre les responsables de la CMA manifester leur désaccord concernant certaines dispositions du décret qui permettra certainement de faire bouger les choses dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Cela, après plusieurs mois d’attente sans grande évolution sur le terrain ; malgré les appels incessants venant des populations du nord dont certaines parties sont sans autorités administratives et militaires depuis quelques années. La mise en place des autorités intérimaires sera le point de départ pour l’exécution de plusieurs étapes de l’Accord comme le désarmement, la démobilisation, la réintégration/réinsertion des ex-combattants, après le cantonnement. Et aussi, l’installation progressive de l’administration publique dans les régions du nord.
Malgré l’urgence et la pertinence de la mise en place des autorités intérimaires, les membres de la CMA persistent à créer le désordre pour faire monter les enchères. Ce, dans la logique d’embourber davantage le processus de sortie de crise pour des raisons inavouées.
Conformément à leurs vieilles habitudes en prenant comme alibi, le non-respect par le gouvernement de ses engagements, ils menacent de saisir la Médiation internationale. Cela pour amener le gouvernement à revoir certaines parties du décret. Cela, sachant bien que la Médiation internationale et la Communauté internationale qui sont garante de la mise en œuvre de l’Accord, n’ont jusque-là formulé aucun reproche contre cette décision du gouvernement qui a été au contraire saluée.
En tout cas, il est grand temps que la CMA arrête avec le dilatoire et contribue à la mise en œuvre rapide et efficace de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

PAR MODIBO KONE

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