Sans Tabou: autorités intérimaires, mouvements d’humeur des jeunes du nord

Le gouvernement du Mali, la MINUSMA et les groupes signataires de l’accord de paix ont trouvé un terrain d’entente, le samedi 5 novembre dernier, pour l’installation des autorités intérimaires dans certaines collectivités du nord avant le 15 novembre prochain. Seulement, voilà, cette décision ne semble pas être du goût d’une grande partie de certains mouvements de jeunesse du nord qui crient à leur exclusion quant au choix des membres devant siéger au sein de cette instance.

Le gouvernement du Mali, au cours de la session de son conseil extraordinaire des ministres du 14 octobre 2016, a procédé à la nomination des membres des autorités intérimaires ou des collèges transitoires des collectivités dans les régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Taoudénit, et Ménaka. Ces membres ont été choisis sur des listes proposées par les trois parties (gouvernement malien, Plateforme, CMA) conformément à une entente signée le 19 juin 2016.
Aussitôt nommées, ces différentes nominations font l’objet de contestation, tout d’abord, de la part de certains mouvements de la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad), mais aussi au niveau des populations du nord, notamment la jeunesse.
Les dernières manifestations en date sont celles des jeunes de Tombouctou, Ménaka et Taoudéni qui ont manifesté la fin du mois dernier contre l’installation de ces autorités transitoires prévues dans l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu des pourparlers d’Alger.
Ces manifestations de ces derniers temps font suite à celle des jeunes Gao, le mois de juillet dernier où les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser une manifestation contre la mise en place des autorités intérimaires, faisant, des victimes.
A Tombouctou, on pouvait lire sur les banderoles des manifestants : « Non aux autorités intérimaires exclusives. Non aux décrets du 14 octobre 2016 sur les autorités intérimaires. Oui à l’inclusive. Oui à l’accord d’Alger et au règlement pacifique de la situation à Kidal ».
Au regard de ces différentes revendications posées, on comprend aisément que les manifestations ne sont pas dirigées contre les autorités intérimaires en tant que tel, mais contre l’exclusion des jeunes qui joué un rôle important au moment de l’occupation dans la sécurité des populations. C’est pourquoi ces jeunes ont du mal à comprendre leur exclusion du processus aujourd’hui au profit d’autres personnes qui se la coulaient douce au moment où eux ils étaient entre les feux de djihadistes. D’où la cause noble de leur combat pour lequel le gouvernement doit avoir un regard.
En terme clair, les manifestants contestent les décrets du vendredi 14 octobre passé portant nomination des membres des autorités intérimaires et non la loi sur les autorités intérimaires elles-mêmes.
Ces mouvements de jeunes sont essentiellement animés par des résistants contre les djihadistes sous l’occupation des régions du nord en 2012.
C’est pourquoi des observateurs n’hésitent pas de qualifier ces actions des jeunes du nord comme des mouvements d’humeur contre leur exclusion dans le processus de DDR, dans le choix des membres des autorités intérimaires, etc.

Par Abdoulaye OUATTARA

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