Sans Tabou: ces dépités qui ignorent tout de leur mission

« Marquer juste sa présence à l’Assemblée nationale et le lever fièrement la main s’il s’agit de voter », tel est le sens que certains députés ont donné au rôle d’un élu à l’Assemblée nationale ou du moins de leur présence à l’hémicycle. Sans aucun respect à l’égard de l’Institution parlementaire, à laquelle ils tirent leur privilège, certains élus de la nation ne se réjouissent que dans les bavardages des coulisses de l’Assemblée en pleins travaux de plénières.

Véritable vitrine de l’ancrage de la démocratie et du fonctionnement de l’État, l’Assemblée nationale semble malheureusement perçue autrement par des députés de notre parlement. Ignorance ou volonté de sabotage ? Difficile de juger même si l’on sait que certains de ces élus se sont battus pour ce statut afin de mieux mener leurs business. Mais de là se comporter comme des élèves de l’école fondamentale qui ne se réjouissent à l’école que pendant les temps de recréation ou d’absence du maître est une inquiétude à déplorer chez nos honorables députés. En effet, à Bagadaji, pendant les jours de plénières, nos députés sont de façon permanente en recréation. Face à cette triste réalité, un observateur se demandera véritablement le temps que ces élus consacrent plénière.
Et pourtant, il est clair pour le Malien lambda, que le député qui représente le peuple, légifère au nom de ce dernier et a l’obligation de défendre l’intérêt général de la nation, à travers le vote des projets des lois, le contrôle de l’action gouvernementale ; entre autres. Mais au lieu de se concentrer à ces missions, il est déplorable qu’à l’hémicycle de Bagadaji, que les plénières soient devenues des moments de retrouvailles en « grin », mis à profit pour discuter de tout sauf du concret, sauf l’intérêt général du peuple.
Dans les couloirs, ils se signalent par-ci par-là, en aparté, pour discuter et échanger sur d’autres sujets qui n’ont certainement rien à voir avec l’ordre du jour de la plénière. Sinon autrement, pourquoi ne pas le dire en face ?
De plus en plus, ils sont nombreux, nos concitoyens à se plaindre et à dénoncer ce comportement peu orthodoxe de nos très honorables députés. Des fois, le président Issiaka SIDIBE est obligé de rehausser le ton pour rétablir le calme lors des séances de plénières. Le cas récent est celui de la session du mardi dernier où le président de l’Institution a dû interrompre les interventions à plusieurs reprises pour rappeler ses collègues à l’ordre et au respect des intervenants. Où en sommes-nous donc ? En tout cas, l’image de l’Assemblée nationale doit être autre que cela !
Les gesticulations, les invectives ou les cris poussés, les bourdonnements par-là, la réception des appels téléphoniques par ici, des causeries débats… à côté de ceux-ci, il y a le groupe des « députés net » qui sont câblés, à tout temps sur leur téléphone pour animer les réseaux sociaux, à chatter… sans aucune considération pour les débats et communications sur des projets de loi en cours de débat pour être votés.
Ces attitudes très fréquentes chez nos députés sont regrettables au sein de notre représentation nationale parce que ne sont pas de natures honorables pour l’image de l’Assemblée nationale qui, avant tout, est l’émanation de la souveraineté du peuple.
Alors la question à laquelle l’on est en droit de se poser est : sur base adoptent-ils les projets de loi s’ils ne suivent pas les interventions ? Avec quels moyens et arguments contrôlent-ils l’action gouvernementale, votent-ils les lois du moment où ils sont préoccupés par autres choses.

Par Sikou BAH

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