Sans Tabou: CJA, ^pour la population ou pour les dividentes de la paix ?

Au moment où les signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale (groupes armés, gouvernement et partenaires) s’activent pour la mise en œuvre des clauses de ce document, on assiste à la naissance de nouveaux mouvements qui s’autoproclament défenseurs des populations dites de l’Azawad. Le dernier en date est le congrès pour la justice dans l’Azawad (CJA).

Le mouvement politico-militaire dénommé, Congrès pour la justice dans l’Azawad (CJA) venu des entrailles du MNLA se fixe entre autres comme objectifs d’œuvrer pour la justice, le progrès et l’équité en faveur de tous dans l’Azawad et est dirigé par l’ancien ministre de la Fonction publique, Hama Ag Mahmoud.
S’il y a une denrée plus convoitée actuellement au nord de notre pays, c’est bien la paix, le vivre ensemble, la concorde, tant les populations ont souffert du conflit de de 2012 qui n’a que trop duré. En tout cas, beaucoup d’observateurs s’interrogent sur la nécessité d’un mouvement armé pour mieux défendre les intérêts des populations du nord.
En fait, au nord de notre pays, c’est la paix qui préoccupe de nos jours les populations qui sont terrorisées, meurtries tous les jours par des affrontements, des affrontements communautaires, des enlèvements et séquestrations de personnes, par le vol de leurs biens, à cause de la prolifération des individus armés au nom d’une rébellion sécessionniste. Ces populations-là, au nom desquelles, des groupes prétendent prendre des armes, n’ont que faire de nouveaux groupes armés si ce n’est d’accentuer leur misère. Dès lors, on comprend aisément le sens de ces mouvements dont les responsables ne sont en train de se positionner que pour les dividendes de la paix qui profilent à l’horizon. Toutes les astuces sont maintenant utilisées pour se légitimer auprès des communautés.
Ainsi, en se désolidarisant de leurs amis du MNLA avec lesquels, ils ont traumatisé les populations du nord, les responsables du CJA ne manquent pas d’arguments pour justifier la naissance de leur business. C’est dans ce contexte qu’ils réaffirment leur attachement à l’application de l’accord pour la paix dans un Mali ‘’un et indivisible’’. À l’analyse, il ne s’agit ni moins ni plus que d’un changement de veste de la part des responsables de ce nouveau mouvement, en se conformant tout simplement à la direction du vent.
Par ailleurs, en se portant défenseur de la justice dans l’Azawad, les responsables de ce groupe mettent de l’huile sur le feu avec une appellation qui fait déjà polémique, parce que considérée comme synonyme de la division (Azawad). D’autre part, dans la lettre qui a annoncé la création de ce groupe, ses responsables en rajoutent à la confusion et à la polémique en classant la région de Tombouctou parmi les zones géographiques de l’Azawad.
En réalité, la Cité de 333 Saints n’a jamais été concernée par la chimérique azawad. La prolifération des microgroupes armés en ces temps de mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale ne fait que compliquer la tâche du gouvernement qui fait déjà face à plusieurs défis en vue de soulager les populations des zones conflictuelles. Ces problèmes se nomment: sécurité des personnes et de leurs biens, prise en charge des préoccupations liées à la santé, à l’accès à des produits alimentaires, l’eau potable, l’éducation des enfants…

Par Sikou BAH

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