Sans Tabou: déguerpissement, la fumisterie politique de l’opposition

Contrairement à la majorité des acteurs eux-mêmes (commerçants, artisans…), l’opposition politique de notre pays demande l’arrêt des opérations de libération des voies publiques initiée par le gouverneur du district de Bamako. Motifs : une opération parachutée sans aucune information ni concertation préalable avec ‘’les acteurs concernés’’ donnant lieu à des violences qui n’avaient pas lieu d’être. Qu’en est-il réellement ? Éclairages !
Décidément, les responsables de l’Opposition dite démocratique et républicaine en occurrence ceux de l’URD voient tout en opposition et fonds de commerce politique. Ainsi, après douloureux événements de Gao et de Nampala, le gouvernement est de nouveau mis à l’index dans l’opération de libération des voies publiques. L’opposition accuse et demande l’arrêt immédiat des opérations et l’engagement de négociations avec les acteurs.
« L’URD estime que le Gouvernement de la République du Mali, avant d’autoriser de telles opérations, aurait dû exiger qu’un véritable dialogue avec les acteurs concernés soit engagé d’une part, et s’assurer que des sites de recasement aient été préalablement aménagés pour les déguerpis d’autre part. L’URD déplore ce manque de communication et demeure convaincu que seul un dialogue franc et sincère pouvait éviter à notre capitale le dérapage sanglant et inadmissible qu’elle a connu le samedi dernier… C’est pourquoi l’URD demande au Gouvernement : 1-d’instruire immédiatement au Gouverneur de Bamako d’arrêter lesdites opérations ; 2-d’engager un dialogue franc et sincère avec tous les acteurs concernés », peut-on lire dans son communiqué en date du 1er août 2016. Ce jugement et cet appel des partis de l’opposition en général et de l’URD en particulier sont contraires aux conclusions de la dernière rencontre entre le gouverneur et les acteurs (commerçants, syndicats de commerçants, notabilités, groupements religieux et autres organisations de la société civile). En effet, lors de cette rencontre, les acteurs ont d’abord reconnu que l’opération n’avait pas été parachutée et des concertations ont eu lieu en amont, contrairement aux déclarations des opposants fumistes. Une commission a même été mise en place présidée par la mairie du district. Ils ont certes posé des conditions, notamment pour la mise à disposition de marchés pour le recasement des déguerpis, mais tous ont donné leur feu vert pour la poursuite des opérations en cours. C’est d’ailleurs, la raison pour laquelle, les déguerpissements se sont immédiatement poursuivis dès le lendemain pour la libération des voies publiques. Pourquoi alors ces contrevérités de l’Opposition dite républicaine et démocratique ? Pourquoi l’Opposition veut-elle être plus royaliste que le roi, les « acteurs concernés » qui ont donné leur quitus ?
Pire, contrairement à ce que les opposants confirment pour fustiger, dans leur communiqué, le caractère non inclusif de cette opération, une commission a été constituée et composée des représentants des commerçants détaillants, des transporteurs ainsi que des responsables des services techniques de l’État sous la direction du maire du district, Adama SANGARE, plusieurs mois plutôt. Son objectif était de sensibiliser, d’informer les acteurs de libérer les domaines publics, les voies publiques et les artères.
Mieux, cette commission, périodiquement avec ses membres, a effectué de nombreuses visites au grand marché de Bamako et alentours dans le cadre du suivi de l’opération. A toutes les visites et à tous les niveaux, les occupants ont été alertés, informés, sur la nécessité de l’opération qui allait contribuer à faciliter la fluidité et rendre Bamako propre afin qu’elle retrouve son lustre d’antan : « Bamako la coquette ».
Le témoignage de Dramane KONE, membre de la commission, est plus qu’édifiant : « Tous les jours, de 8 heures à 18 heures, nos hommes passaient au marché pour véhiculer des messages sur la nécessité d’obéir aux différentes mesures annoncées pour la libération des voies publiques. En tant que commerçant, je pense que la réussite de cette opération doit interpeller d’abord les commerçants et les transporteurs ». Cet autre témoignage en date du 6 avril dernier d’un autre commerçant détaillant, Mamadou KEITA, installé en face de l’Assemblée nationale en dit long sur l’opération. Au passage de la commission, il nous a confié : « Vraiment nous sommes en insécurité en restant ici. Chaque fois, des équipes passent nous demander de libérer les voies publiques. Je salue la démarche de la mission qui est en train de privilégier la sensibilisation, et l’information ».
Ces témoignages prouvent à suffisance la mauvaise foi de l’opposition à reconnaitre les efforts déployés en amont de cette opération. Une opposition fumiste peut-on dire sans risque de se tromper.

Par Sikou BAH

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