Sans Tabou: déguerpissement, l’instrumentalisation des émotions !

Quelques semaines après son lancement, l’opération de déguerpissement des artères de Bamako lancée par madame le gouverneur du district, SACKO Aminata KANE, se trouve à un tournant décisif. Pour cause ! En dehors des soutiens presque des bouts des lèvres des acteurs (partis politiques, gouvernement, syndicats de commerçants et organisations de la société civile), la mobilisation semble faire défaut autour du gouverneur du district qui doit braver des poches de résistances pour pouvoir gagner son pari : « Bamako ville propre ».

Aux premières heures de l’opération, les élus des communes du district, les syndicats de commerçants, les autorités traditionnelles et coutumières de la capitale réunis autour du gouverneur lui avaient pourtant signifié leur accord pour la poursuite de l’initiative. Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, au cours d’une rencontre officielle avait également félicité Mme Sacko pour son courage avant de lui réitérer tout son soutien pour la réussite de sa mission.
Depuis, des commerces ont été déguerpis, des kiosques démolis aux abords des routes… mais plus rien, en termes d’actes concrets de soutien à la « dame de fer ». Ni le gouvernement ni les partis politiques de la majorité présidentielle encore moins les élus et les syndicats de commerçants n’ont voulu « salir » leur réputation, à travers de gestes à la faveur de celle qui a pris son courage avec ses deux mains pour s’engager dans une aventure, dont les biens faits profitent à tous les habitants de la capitale. À notre connaissance, seules les femmes de la majorité présidentielle ont initié une opération de salubrité au niveau du cimetière de Lafiabougou en guise de soutien à l’initiative de Mme Sacko. Il s’agissait là pour les femmes de la CMP de manifester non seulement leur solidarité aux populations riveraines du dépôt d’ordre de la Commune IV, mais aussi apporter leur soutien au Gouverneur Ami, à travers la vaste opération d’assainissement entreprise dans la capitale.
Depuis la grande rencontre au gouvernorat, Mme Sacko Ami KANE, le gouverneur, se bat presque seule contre les récalcitrants à l’opération de libération du domaine public souvent galvanisés par des campagnes d’instrumentalisation. Pas plus tard que le lundi dernier, des manifestations de cette nature ont opposé au marché Dabanani et devant l’Assemblée nationale, de jeunes excités et forces de l’ordre. Ni même le gouvernement ni aucune autre autorité districale n’a daigné faire un communique condamnant ces actes antipatriotiques. Autant dire, selon plusieurs observateurs, que les soutiens exprimés à Ami Kane, lors de la réunion du gouvernorat ne l’étaient que des bouts des lèvres et les accords enregistrés n’étaient que des accords de principe des acteurs. À fond, chacun avait donc sa stratégie. Un des défauts qui gangrènent notre société est l’incivisme et la contestation face à toutes les décisions politiques. Il se manifeste, dans ces cas de figure, par une véritable instrumentalisation de l’émotion des mécontents. Toute chose qui sous-tend les dernières manifestations visant à saboter l’action du gouverneur.

PAR MODIBO KONE

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