Search
vendredi 18 août 2017
  • :
  • :

Sans tabou, droits humains : le Mali rattrapé par ses engagements

Le Mali, à l’instar de la communauté internationale, a célébré hier la journée internationale des droits de l’homme pour stimuler la promotion des droits fondamentaux alors que les chiffres ne sont pas fameux pour notre pays, en matière d’application des textes ratifiés internationalement.

Le Mali est aujourd’hui auteur de nombreuses conventions et accords sur le terrain du respect des droits de l’homme dont les mises en œuvre suscitent encore des polémiques. Ce faisant, dans presque dans tous les domaines de développement, le Mali n’a pas hésité de mettre son cachet sur des textes. À cet égard, le pays est cité parmi les premiers signataires des textes internationaux sur les droits humains. Pour quel impact, est-on aujourd’hui en droit de s’interroger?

S’il s’agit d’une volonté politique affichée des autorités vis-à-vis de la communauté internationale, il n’en demeure pas moins malheureusement que la plupart de ces documents ne connaissent pas d’application dans la pratique. Paradoxalement, le Mali est cité comme premier dans la ratification, mais indexé comme le dernier dans l’application des textes auquel il a souscrit volontiers. Par conséquent, l’espoir que les populations et les acteurs en faveur des droits de l’homme fondent à l’application de ces textes se trouve déçu.

Aujourd’hui, à l’heure du bilan le pays est à la traine, en termes d’accès de la population à des services et la protection de certains droits fondamentaux qui ont fait l’objet d’engagements de la part des autorités vis-à-vis du monde entier.

En guise d’exemple, notre pays s’est engagé à éliminer le travail des enfants et de bannir toute forme de maltraitance envers les enfants. Cependant, selon l’enquête nationale sur le travail des enfants réalisées par notre pays et l’Organisation internationale du travail, de milliers d’enfants continuent de subir «l’exploitation des enfants» de même que de milliers d’autres occupent les rues pour mendier, malgré les dispositions de notre Code pénal, en la matière.

Aussi, dans le domaine de la santé, pour se conformer aux résolutions de l’assemblée de l’UIP afin d’atteindre les OMD 4, 5 et 6, le gouvernement doit augmenter le fonds alloué au secteur de la santé à, au moins 15% du budget national, conformément aux exigences d’Abuja de 2000. Dans les faits, il en est autrement. Dans le même secteur, il est dit que le gouvernement devait s’atteler au financement du Plan stratégique national de développement des ressources humaines adopté en 2009 qui devrait aider le pays à combler le déficit de 58% en la matière, selon les normes de l’OMS, pour l’accès à la santé.

Par Sikou BAH




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *