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mercredi 22 novembre 2017
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Sans tabou, ébola: l’incohérence gouvernementale

On le sait depuis la détection de la maladie à virus Ebola en Guinée voisine, le Mali a pris d’importantes mesures préventives contre la maladie. Malgré tout, la sale maladie, de façon insidieuse, a fait ses premières victimes, sur notre territoire, qui ont eu des contacts en Guinée ou avec des patients venus de Guinée.

Depuis un certain temps, les directives sont adaptées en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique.

Si au départ, on se contentait du simple lavage des mains et de la prise de température systématiques de tous les passagers en provenance de la Guinée, depuis l’histoire de la défunte petite fille de Kayes, la vigilance a été renforcée par l’enregistrement de tous les véhicules, leurs chauffeurs et passagers avec surtout la provenance, la destination, les contacts, l’heure de passage du véhicule, ainsi que la température des passagers.

Pis, depuis le 10 novembre 2014, suite aux événements de la Clinique Pasteur, il a été instruit verbalement de ne laisser passer aucun malade en provenance de la Guinée, à fortiori accepter un malade guinéen dans un centre de santé (public ou privé) malien.

Par ailleurs, les autorités maliennes ont intensifié les campagnes d’information et de sensibilisation sur la maladie d’ Ebola; ainsi que les mesures d’hygiène individuelle et collective à observer et  respecter, tel que édictées par les services sanitaires.

Comme si cela ne suffisait pas, même si ce n’est pas de façon officielle, toutes les grandes manifestations ou grands regroupements publics sont annulés ou reportés. On en veut pour preuves, la décision de report, voire de l’annulation de la Nuit Miss ORTM, le report de la visite du ministre de l’Énergie à Baraouéli, le 15 novembre dernier, etc.

Mais, le paradoxe est que nulle part, même à Kouremalé, considéré comme l’épicentre de la maladie au Mali, où les élèves maliens et guinéens fréquentent les mêmes écoles, et  la foire, où se côtoient Maliens et Guinéens, les autorités maliennes n’ont daigné fermer un établissement public ou privé, encore moins décidé de l’interdiction formelle d’une ‘manifestation à grand public.

Les exemples les plus tangibles sont, entre autres, le match Mali-Algérie comptant pour la 6è journée des éliminatoires de la CAN 2015; le 3è congrès ordinaire du parti URD qui a drainé une foule massive.

Il n’est un secret pour personne que l’interdiction des grandes manifestations au Mali, comme partout ailleurs, a des conséquences sociales et économiques très graves pour une population dont la majeure partie vit le jour au jour (la pitance journalière est cherchée au quotidien), sans oublier que les séquelles de la crise de 2011-2013 ne sont encore cicatrisées.

Alors, l’on voit mal, comme un régime, dont on sait dans quelle circonstance, il est venu, peut se permettre d’interdire les grandes manifestations ou rassemblements de l’État et autoriser celles ou ceux organisés par les particuliers. Ou encore laisser les marchés et écoles ouverts, au motif que l’épidémie n’a pas atteint ce seuil.

Et pourtant, c’est pour les mêmes raisons (Ebola) que le gouvernement a soit reporté ou annulé ses événements à grand public.

C’est la preuve de l’incohérence, à moins que les vraies raisons ne soient dites aux Maliens qui doivent pourtant le savoir.

Par Sékou CAMARA

 




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