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mardi 20 avril 2021
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Sans Tabou, fausses vignettes: aller au-delà des arrestations

La mairie du District de Bamako avec l’appui des autorités policières ont mis le grappin sur des réseaux de fabrica-tion et de vente de fausses vignettes qui alimentent le marché de la capitale. Une prouesse à saluer et à encoura-gée, mais qui gagnerait en crédit si des suites judiciaires étaient données à ces affaires. C’est qui manque d’ailleurs dans la plupart de cas où des délinquants financiers sont arrêtés puis fièrement relâchés sans qu’il ait véritablement de poursuite judiciaire contre eux. Le fait est véritablement une drôle de manière de lutter contre le vol, la tromperie, du faux et de l’usage du faux…

Dans le cadre de la lutte contre l’usage de fausses vignettes largement rependu dans la capitale, la mairie du Dis-trict de Bamako avec des autorités policières qui viennent d’opérer des arrestations de plusieurs personnes impli-quées dans la fabrication et la vente de fausses vignettes. Parmi lesquels, on cite des agents de certaines collecti-vités, des commerçants et hommes d’affaires qui se sont professionnalisés dans cette pratique.
Ces arrestations sont annoncées, en grande pompe, à la mairie centrale et mettent en évidence le dynamisme de la collaboration et de la coopération entre les élus et les autorités policières. L’acte, nul doute, mérite d’être salué et félicité. Mais ce qui importe le plus pour le citoyen lambda et le trésor national, c’est bien la suite donnée à ces ar-restations et non les slogans qui les entourent.
Pour la lutte contre cette pratique, la mairie centrale de Bamako y est fortement engagée. Mais les efforts fournis, depuis de nombreuses années, peinent à produire les effets escomptés.
Plusieurs témoignages corroborent cette thèse, soutenant que les personnes arrêtées sont très souvent libérées quelques jours après leur arrestation, sans que des enquêtes ne suivent leur chemin normal.
« Des gens sont arrêtés puis sont relâchés », déclare un personnel de la mairie centrale qui estime que seule l’application de la loi, dans toutes ses rigueurs, pourrait réduire significativement ces cas de fraude.
Pour le receveur-percepteur de la mairie du District de Bamako, Aguissa Zoulaly MAIGA, chaque année au moins 30 personnes sont arrêtées par les autorités policières pour trafic de fausses vignettes. Il regrette par ailleurs que dans la plupart des cas aucune suite judiciaire n’est donnée aux différentes affaires.
Dans tous les cas, selon lui, le démantèlement de ce réseau n’est pas un fait nouveau. Car chaque année, a-t-il affirmé, des individus sont arrêtés pour confection et vente des fausses vignettes sans véritablement suite judi-ciaire.
Ainsi, il est unanimement partagé dans le milieu que le phénomène ne saurait être combattu, dans l’impunité géné-rale. Car, dit-on, il ne suffit pas d’arrêter des gens et les exposer à la télévision pour les remercier après, en les libérant.
Nous pensons que la bonne conduite des enquêtes, au-delà de leur rôle dans la recherche de la manifestation de la vérité, dans une affaire, a des effets dissuasifs pour tous ceux qui sont tentés par la même infraction.

Par Sikou BAH




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