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jeudi 27 juillet 2017
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Sans tabou, importation d’engrais de la timac: le trésor saigné de centaines de millions

Après le scandale des cautions techniques, suite à la subvention des intrants agricoles par l’Etat, à partir de 2008, un autre est en cours d’exécution par certains opérateurs ayant obtenu, suite à un appel d’offres de la CMDT, des tonnages conséquents de la formule Coton au titre de la campagne agricole 2014-2015. La société fournisseur, apprend-on est baptisée Timac Italie.

Selon des sources bien informées, les soupçons ont été éveillés sur le prix extraordinairement bas du produit de cette société qui défie toute concurrence sur le marché international. Après investigations dans les milieux spécialisés, il est apparu que cette compétitivité repose sur un certain nombre de pratiques peu orthodoxes.

Le premier élément est que Timac livre des produits qui ne répondent pas aux standards internationaux.  C’est que révèle l’analyse faite par la SGS en Côte-d’Ivoire.

Les résultats de cette dernière sont sans appel pour l’engrais NPKSB : Le total nitrogène est de 9,6, alors que la norme est de 14 ; le total P2O5 est de 12,7, alors que la norme est de 18 ; le K2O Water soluble est de 13,5, alors que la norme est de 18.

Il est permis de déduire que Timac arrive à produire un produit aussi peu cher, en jouant simplement sur la qualité.

Le second élément concerne les forts soupçons qui pèsent sur la société Timac, en ce qui est du paiement des droits et taxes à l’importation.

Selon des sources concordantes, les engrais sont introduits au Mali comme étant de la matière première. Un stratagème de contourner les textes en vigueur. En effet, les engrais importés, hors Uemoa, payent 7,5% de droits et taxes. Or en les faisant passer pour de la matière première, selon les mêmes dispositions de l’Uemoa, l’importateur ne paye de 2,5%.

De l’avis de spécialistes, cette pratique frauduleuse pourrait causer un manque à gagner au trésor public s’élevant à plusieurs centaines de millions FCFA.

La fraude de la Timac induit une hypothèque sur les objectifs de production au titre la campagne agricole 2014-2015.

De l’avis d’experts, avec une solubilité de 10 à 12%, le P5O5 effectivement apporté à la plante ne dépasse pas les 1,5 à 2%. L’efficacité escomptée est plus basse qu’attendue. Ce qui devrait se ressentir sur les récoltes des régions qui recevront ce produit.

Des mêmes constats, la formule fabriquée par Timac Italie, il ressort qu’ils ont du mal à atteindre les nutriments demandés et que leurs NPK vont sûrement titrer moins qu’annoncé.

De sérieuses inquiétudes sont par ailleurs exprimées, quant aux conséquences de cet engrais frelaté sur la santé publique. Ce, d’autant plus que les substances rentrant dans sa composition ne répondent à aucune norme internationalement admise.

L’on apprend que la teneur en métaux lourds des régions qui recevront les engrais de Timac devrait être supérieure à la normale.

De sources proches de la compagnie de textile, les engrais ont commencé à être réceptionnés dans les magasins.

Les autorités nationales, victimes d’une première arnaque, dans le cadre des engrais subventionnés, sous l’ancien régime, vont-elles faire toute la lumière sur cette affaire en commanditant des analyses indépendantes ? Veilleront-elles, cette fois-ci, à ce que le droit soit appliqué dans toute sa rigueur pour les délits de fraude à l’importation, et à la concurrence déloyale… ?

Quant à l’organisation patronale des industries, (OPI), est-elle saisie, de telles pratiques ? Comme l’Etat, elle est interpellée pour faire le ménage à l’intérieur. Son rôle est d’autant plus important qu’il s’agit de protéger les unités de fabrication nationales, d’une part ; d’autre part, la production agricole nationale pour laquelle l’Etat a consenti de sérieux efforts dans sa logique de faire du Mali une puissance agricole.

     Par Bertin DAKOUO                                                           

 




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