Sans Tabou: inondation, la rançon de l’incivisme

Plus de 13 morts, 9135 sinistrés, 1459 maisons écroulées, 850 ménages touchés, c’est le triste bilan des inondations enregistrées entre le 12 et le 27 juillet 2016, dans notre pays, rendu public, le 28 juillet dernier, par le Directeur général de la Protection civile, le colonel Seydou DOUMBIA. Ce bilan sombre, au-delà de son caractère dramatique, interpelle chacun de nous dans ses comportements de tous les jours si on considère que l’insalubrité a été citée comme étant l’une des principales causes de ces catastrophes.

Pertes en vie humaines, des personnes disparues ou blessées, des ménages touchés avec écroulement de leurs maisons, des personnes sinistrées, des pertes en matériels ont été, entre autres, le bilan macabre provoqué par des pluies torrentielles de ce mois de juillet dernier, à Bamako et dans d’autres grandes villes de notre pays. À l’origine de ces drames, le comportement humain est en cause. Notamment, l’incivisme à Bamako où le conférencier a souligné, entre autres, causes : l’insuffisance de caniveau, l’occupation anarchique des servitudes et des lits des cours d’eau ; l’utilisation des systèmes de drainage des eaux comme lieux de dépotoir des ordures ménagères. Bref, c’est le phénomène d’engorgement des canalisations, des égouts, bouchés par les ordures ménagères qui ont provoqué la rapide montée des eaux et le débordement de certains cours d’eau à Bamako et dans certaines villes intérieures. Les zones touchées sont généralement situées dans de vieux quartiers marécageux où les habitations sont pour la plupart en banco (terre séchée) ou dans des lits de cours d’eau. Comme pour dire à ces derniers que la ville a ses exigences et qu’il est temps de changer de comportement.
Dans les détails, on apprend qu’au total, c’est 850 ménages qui ont été touchés au cours de cette période, soit 35 à Koulikoro, 14 à Bamako, 94 à Sikasso, 112 à Ségou, 182 à Mopti, 93 à Tombouctou, 404 à Gao. Le nombre de maisons écroulées, dit-il, est de 1459 dont 45 identifiés en deuxième région (Koulikoro), 896 dans la cité du Kénédougou (Sikasso), 17 dans la capitale des Balanzans (Ségou), 320 dans la Venise malienne (Mopti) et 150 dans la capitale des Askia (Gao), 58 dans la cité des 333 Saints (Tombouctou). Comme pour dire que le pays n’est pas au bout de ses peines, au lendemain de ce point de presse, on a aussi appris que 2 autres personnes ont perdu la vie dans les mêmes circonstances à Kayes.
Avec les fortes précipitations qui continuent de tomber, on peut craindre le pire à l’avenir, si on n’y prend pas garde. Du côté de la direction nationale de la protection civile, on annonce la mise en place d’une cellule de veille et de renforcement des capacités d’intervention pendant les opérations.
Force cependant de reconnaitre que toutes les mesures seront vaines si chacun de nous, dans son comportement de tous les jours, n’intègre pas le respect de l’environnent et du cadre de vie. En tout cas, le mal vient généralement du côté de l’homme, de nos comportements irresponsables et parfois égoïstes qui frisent avec la protection de l’environnement et les exigences de la ville.

Par Abdoulaye OUATTARA

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