Sans Tabou: Kidal, hypothèque de l’avenir des enfants

Difficile de rester de marbre face au triste sort des enfants de Kidal, qui pour la 4e année consécutive n’ont pas encore le droit d’aller l’école, à l’image de leurs camarades d’autres régions du pays, à cause des conditions sécuritaires délétères. Une situation très préjudiciable à leur avenir.

Alors que le lundi 3 octobre dernier, c’était l’ouverture officielle des classes sur tout le territoire national, la région de Kidal particulièrement s’apprête, une nouvelle fois à vivre une année scolaire vierge. Partout sur le territoire, les enfants ont repris le chemin de l’école, sauf dans la région de Kidal et dans certaines localités des régions de Tombouctou, Gao et Mopti. Une situation qui dure maintenant depuis plus de 3 ans où les établissements scolaires restent fermés privant d’études un nombre important d’enfants en âge d’aller à l’école. Les raisons sont connues de tous (l’absence de l’État et l’insécurité). En effet, malgré la signature d’un accord pour la paix et la réconciliation au Mali, certains groupes armés, pour des intérêts égoïstes, continuent de faire régner la terreur sur les populations dans les régions du nord.
Dans certains discours, on parle d’une ouverture avant le 15 octobre prochain. Mais une ouverture des classes suppose la présence d’enseignants et des infrastructures adéquates. Dans ces domaines, pour le moment, ces conditions sont loin d’être réunies à Kidal où des groupes armés se livrent à des guerres de positionnement sans merci.
Aussi, se rappelle-t-on encore que l’année dernière, la rentrée avait été annoncée, mais n’a jamais eu lieu par faute de bonne foi des groupes armés.
À Kidal justement, la situation éducative semble être à l‘image du visage sécuritaire de la région.
Le maire de la ville déplore le peu d‘actions concrètes en vue d‘une rentrée effective. Si ce n’est pas les groupes qui menacent la sécurité de la rentrée, c’est le syndicat des enseignants qui lance un mot d’ordre de grève. Ainsi, on apprend que le collectif des syndicats de l‘enseignement secondaire des régions du Nord a lancé un appel à sécher la rentrée. Par la voix de leur porte-parole, Mohamed Ag Issa, professeur au lycée de Tombouctou, ils demandent une augmentation de la prime de zone compte tenu de l‘insécurité au Nord, une indemnisation des enseignants lésés pendant la crise et enfin un traitement équitable de leur carrière.
Aujourd’hui, plus que jamais, le sort de ces enfants privé d’école depuis plus de 3 ans doit interpeller toutes les parties prenantes dans le processus de pays au Mali. À limite, cette situation semble créer deux catégories de Maliens, à ceux dont les enfants ont droit à l’éducation avec les moyens de l’État. Et en attend une sortie de crise, d’autres Maliens sont obligés de chercher des alternatives pour l’éducation de leurs enfants. Au pire des cas, beaucoup de ces enfants déscolarisés, non scolarisés deviennent, à l’âge adulte, des proies faciles pour les terroristes.
La plus grande injustice qui est faite à ces enfants, c’est que beaucoup de leurs camarades dont les parents sont aisés sont dans les meilleures écoles à Bamako et à l’extérieur du pays.

Par Abdoulaye OUATTARA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *