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samedi 17 avril 2021
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Sans Tabou: Kidal, les rançons de la manipulation du Mnla

Lundi dernier, la riposte des forces internationales contre une manifestation essentiellement composée de femmes et d’enfants s’est soldée par la mort de deux personnes à Kidal. Ces morts sonnent comme une rançon de la manipulation de responsables du MNLA passés maîtres dans l’art d’instrumentaliser les civils innocents à ses fins.

Des femmes et des enfants de Kidal instrumentalisés par des responsables du mouvement de libération de l’Azawad ont pris d’assaut l’aéroport de la ville où se trouve le QG de la MINUSMA. Les manifestants exigeaient la libération de 3 Touareg du MNLA arrêtés par les Français de l’opération Barkhane qui traquent les djihadistes, à travers le Sahel. Ces derniers sont accusés d’être complices des terroristes qui ont posé les mines ayant tué 3 militaires français, le 12 avril dernier. Une attaque revendiquée par An-sardine de Iyad Ag GHALY. Apparemment mécontents de ces arrestations, les manifestants réclamaient le départ des forces internationales de Kidal. Ils ont conduit leur fronde jusqu’à s’introduire dans l’espace aéroportuaire sécurisé par les forces de la MINUSMA. Ainsi, des manifestants se sont introduits, par effraction, lundi, sur la piste de l’aéroport, zone d’accès restreint, saccageant et mettant le feu aux installations sécuritaires. Même le groupe électrogène qui servait à éclairer la ville a été brûlé. Cette pénétration dans une zone militaire sécurisée, de surcroit, par la MNUSMA pouvait-elle rester sans conséquence ?
Ce qui est sûr, c’est que les forces de la MINUSMA ont tenté de se défendre, sans compter sur la détermination des manifestants.
Dans la réaction des forces onusiennes, 2 manifestants ont perdu la vie avec nombreux blessés.
Ces événements malheureux ont fait aussitôt l’objet d’une tentative de récupération politique de la part des activistes du MNLA sur les réseaux sociaux où certains ne se sont pas privés du terme de carnage.
Depuis hier, les masques sont tombés, la main du MNLA a été perçue derrière les manifestants.
C’est pourquoi beaucoup d’observateurs pensent aujourd’hui que ces responsables tapis dans l’ombre de l’ex-mouvement séparatiste, ne s’avouant pas vaincus, doivent plutôt s’assumer au lieu d’exiger des explications aux forces internationales qui n’ont fait que se défendre.
En tout cas, la CMA qui a vite compris la grossièreté de la manœuvre et s’est vite démarquée de ces manifestations qui ont tourné, lundi dernier, au drame à Kidal.
« La CMA regrette que les organisateurs de ladite manifestation n’aient pas respecté les procédures habituelles prévues en la matière et ne partage nullement un tel comportement de la part des manifestants », indique la Coordination des mouvements armés, dans un communiqué signé de Mossa Ag Attaher.
De son côté, le gouvernement aussi produit un communiqué condamnant ces événements.
Ce qui est certain, c’est que les manifestants quoi que libre d’exprimer leur mécontentement face à un constat, ont aussi le devoir de respecter une zone militaire ou une zone aéroportuaire qui ne s’aurait être le théâtre d’une manifestation de civils, soient-ils désarmés.

Par Abdoulaye OUATTARA




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