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lundi 19 avril 2021
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Sans Tabou: la responsabilité de l’Etat en jeu

Les tracasseries routières et les perceptions illicites au niveau des postes de contrôle et de sécurité de tous nos corridors par les porteurs d’uniforme (policier, gendarme, douanier, et eaux et forêts) ont atteint, de nos jours, des proportions inquiétantes.

Le comble est que ces pratiques, qui n’honorent ni ces agents encore moins le pays, sont érigées en règle : «Que tu sois en règle ou non, tu leur payes quelques choses, et sans remise reçu du Trésor public; à défaut, ils te créent un défaut quelconque, ou te retiennent pendant des heures», disait M TRAORE, un conducteur gros-porteur.
La confirmation vient d’être donnée, la semaine dernière, à la faveur d’une mission d’information et de sensibilisation du ministère de l’Équipement, des transports et du désenclavement dans la région, des acteurs et usagers sur le basculement du trafic du corridor Nord (Dakar-Diboli-Kayes-Bamako) sur le corridor Sud (Dakar-Mahina-Mine -Kénièba-Kita-Bamako), consécutif à l’état de plus en plus défectueux du pont de Kayes.
Lors de cette mission, le président du Conseil malien des transporteurs routiers de Kayes, Amadou MAIGA plus connu sous le nom de Beydi a déclaré publiquement qu’entre Dakar-Kayes, les transporteurs remettent 150 000 FCFA à chaque chauffeur qui doit payer 1 000 FCFA par poste. Et s’il doit venir jusqu’à Bamako, le montant est de 200 000 FCFA. «Si tu ne payes pas, tu ne passes pas», a-t-il rappelé.
Comme on peut se rendre-compte, le phénomène est connu de tous. D’ailleurs, les différents rapports de l’Observatoire des pratiques anormales (OPA) de l’UEMOA ont toujours indexé notre pays, comme étant le plus tracassier de la sous-région. Mais hélas, aucune solution radicale n’y est préconisée. Sinon, comment comprendre que des agents de l’Etat, de surcroît des porteurs d’uniforme, en mission de l’Etat peuvent se permettre de s’enrichir impunément sur le dos des pauvres citoyens ; sans qu’ils ne soient inquiété du côté de leurs hiérarchies respectives ou des plus hautes autorités.
Or il est établi que les tracasseries routières tuent le transport. Il en est de même pour les perceptions illicites qui grèvent considérablement les prix des marchandises.
Par contre, la fluidité du trafic routier, elle, entraine l’efficacité du transport et cette dernière contribue à la compétitivité de l’économie.
Quant à la lourdeur dans les procédures de traitement des dossiers de transports et des marchandises, elle rallonge le délai d’acheminement des produits par conséquent nuit surtout à la compétitivité des entreprises industrielles et commerciales.
Par ailleurs, car, comme disait l’autre, il n y a pas de corrompus sans corrupteurs. Alors, il faut une prise de conscience générale de tous les acteurs pour mettre fin à ces pratiques dont les principales victimes sont les pauvres consommateurs maliens à qui reviennent chères les marchandises.
En tout cas, ces derniers temps, certains conducteurs routiers, notamment ceux qui sont en règle, commencent à prendre conscience et refusent de payer des pots de vin aux agents véreux. Toutefois, ils demandent aux autorités compétentes de multiplier les contrôles et à leurs collègues d’être en règle pour pouvoir se défendre.
En dépit de ces solutions qui se sauraient prospérer, il revient à l’Etat de prendre toutes ses responsabilités pour bannir à jamais ces pratiques qui ternissent l’image du Mali, lors des grandes rencontres internationales. Alors, il faut que des têtes tombent, à moins que ces agents véreux ne soient au-dessus de la loi ou bénéficient d’une protection à un plus haut niveau. Dans ce cas, c’est le Président IBK qui a prôné la légalité et l’impunité qui doit répondre.

Par Sékou CAMARA




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