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dimanche 19 novembre 2017
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Sans tabou, laïcité : négation au Nord, apostat au Sud

Depuis la rébellion des narco djihadistes, la laïcité est dangereusement compromise au Nord de notre pays. Au Sud où le gouvernement du président IBK se bat pour maintenir la forme républicaine et laïque de l’Etat face à l’incurie des mouvements armés à Alger, il semble lui-même, tordre le cou à ce principe.

De plus en plus, la religion semble faire irruption dans la sphère politique, malgré la laïcité prônée dans la loi fondamentale du 25 février 1992. Malgré l’engagement de nos autorités à respecter et à faire respecter ce texte, certaines décisions politiques reflètent inéluctablement la main invisible du pouvoir religieux, dans notre pays. C’est le cas récemment de la sortie d’un ministre de la République contre la retransmission, en direct, de l’émission Miss ORTM sur les antennes de la télévision nationale. L’opinion a du mal à se contenter de l’explication donnée par notre responsable gouvernemental qui n’a pu évoquer que «la raison d’Etat».

A analyser de près la situation socio-politique de notre pays, aucune raison dite d’Etat  ne peut valablement faire annuler cette manifestation festive des syndicats d’un service public.

En tout cas, l’on ne saurait parler de questions de regroupements liés à l’épidémie d’Ebola, puisque la même salle retenue pour abriter l’événement a été successivement remplie par les partis politiques de la majorité présidentielle et récemment par l’opposition (le congrès de l’URD). Le mach Mali-Algérie a drainé en fin de semaine dernière pas moins de 10 000 supporters au Stade du 26 mars.

Qu’en-est-il des pourparlers en cours à Alger? Cette seconde raison ne peut non plus tenir la route, parce qu’actuellement, il n’y a aucun péril en la demeure.

Par contre, ce qui semble raisonnable, c’est la démission des politiques face à la pression de certaines organisations religieuses qui luttent, depuis de nombreuses années, sans succès, pour l’annulation de Miss ORTM, qui ne semble pas conforme à leur vision de la religion.

Si cela s’avère vérifié, il y a lieu de s’inquiéter pour l’avenir de notre pays. Car, il ne s’agit ni moins ni plus que du deux poids, deux mesures ou un renégat de soi de la part de nos autorités. En effet, en refusant de céder à la requête des rebelles d’instaurer la charia au nord, sous prétexte de défendre la laïcité prônée dans la Constitution, les décideurs de notre pays ne sauraient s’offrir le luxe de céder au ‘’chantage’’ d’un groupe de personnes contre une volonté exprimée par le peuple du Mali.

La forme laïque de la République du Mali est consacrée par la Loi fondamentale du 25 février 1992, qui stipule, dans son préambule : «Le peuple souverain du Mali, fort de  ses traditions de lutte héroïque…S’engage solennellement à défendre  la forme républicaine et la laïcité de l’Etat.».  Comme si cela n’était pas suffisant, l’Article 25 du même texte précise : «Le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque, et sociale». Il est également clarifié dans le l’Article 118 que la forme laïque de l’Etat ne peut faire l’objet d’aucune révision.

«La forme républicaine et la laïcité de l’Etat ainsi que le multipartisme ne peuvent faire l’objet de révision».

Il faut noter que le laïcisme est une doctrine qui fait de la laïcité une quasi-religion, la doctrine de tous ceux qui sont partisans de la laïcisation des institutions du pays, une doctrine qui défend un système dans lequel les religions sont exclues de l’exercice du pouvoir politique ou administratif.

Au sens contemporain, la laïcité est le principe d’unité qui rassemble les hommes d’opinions, de religions ou de convictions diverses en une même société politique, distincte par conséquent d’une communauté.

Par Sidi DAO

 




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