Sans Tabou: le pain dans la tourmente des prix, attention à la dérive…

Le pain est, depuis quelques jours, l’objet de surenchère dans la ville de Bamako et à Kati. Et pour cause ? Si la crise a éclaté autour des conditions, jugées catastrophiques, du transport du pain dans la cité par des motocyclistes, c’est aujourd’hui la surenchère du prix, décidée un peu dans la précipitation, qui a cristallisé la colère des populations. Jusqu’où ira cette fronde contre le prix du pain ?

L’émeute du pain ? On n’en est pas là encore. Mais la tension a monté d’un cran dans le secteur des boulangers, les consommateurs et les acteurs de distribution du pain où la polémique est de plus en plus forte sur le prix de ce produit de grande consommation, tellement sensible pour la stabilité des ménages, qu’il convient de craindre tout dérapage. Dans plusieurs boulangeries, au niveau des quartiers et des centres commerciaux, des affiches, annonçant l’augmentation du prix du pain, autour de 300 francs la baguette, sont visibles, soigneusement brandies. Le Tollé est fort parmi les acheteurs et les consommateurs, désemparés par cette soudaine et brutale envolée du prix du pain, alors même qu’aucune mesure ni de sensibilisation ni d’accompagnement n’a été envisagée pour faire face à la situation.
Les populations, qui ont constaté à leur détriment un tel envol des prix sur le pain, ont du mal à se remettre de leur torpeur et n’écartent aujourd’hui le scénario du pire autour du prix du pain du fait que la mesure, unilatérale des boulangers, et mal perçue, ne repose absolument sur aucun postulat, initialement partagé et discuté entre tous les intervenants, boulangers, consommateurs, agents de distribution et pouvoirs publics. S’agissant de l’émeute du pain, telle qu’elle a éclaté sous d’autres cieux, avec les conséquences dommageables sur la tranquillité publique, c’est justement le facteur à craindre, à savoir le forcing d’un acteur donné du pain (syndicat de boulangers notamment) sur les autres (consommateurs et autres) qui sont ainsi mis devant le fait accompli.
Les pouvoirs publics, qui régentent le secteur du pain, doivent faire attention à la dérive, la dictature du prix, imposée sans aucune consultation, car l’émeute du pain, telle qu’on le voit, partout où elle a éclaté, a engendré le désordre et le chaos. L’atmosphère ambiante de la cité est déjà très lourde et risque d’explosion sociale pour qu’on en rajoute avec une mesure impopulaire, non consensuelle et totalement arbitraire sur le prix du pain qui a pris, ces derniers temps, un bond spectaculaire sans que personne n’en trouve une justification quelconque. Car, de sources bien introduites dans le milieu, le prix du sac de farine n’a pas bougé d’un iota et les boulangers n’ont pris aucune mesure d’augmentation du poids du pain.
Pourquoi alors ce cafouillage ? À qui profite-t-il ?
Attention à la dérive sur le pain qui menace les consommateurs qui manifestement et n’ont pas encore dit leur dernier mot pour contrer la valse des prix, sur lesquels ils ne pourront jamais se laisser surprendre…

Christelle KONE

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