Sans Tabou: l’honorable Bafotogui Diallo, la voix discordante du RPM

La semaine dernière, le député RPM élu en Commune VI du District de Bamako, Bafotigui DIALLO, puis qu’il s’agit bien de lui, s’est, une fois de plus, illustré dans son sport favori: exhiber le linge sale de son parti sur la toile mondiale. En effet, ils sont très nombreux, les inconditionnels des réseaux sociaux, à lire sur la face Facebook de l’honorable député du parti présidentiel, demandant la démission du président de l’Assemblée nationale du Mali, Issiaka SIDIBE.

Pour ce faire, il va dans sa publication, jusqu’à préconiser la révision de la Constitution malienne pour donner la possibilité aux députés de déchoir le président de l’Assemblée nationale.
«Il est grand temps pour nous de modifier l’article 68 de la Constitution et l’article 10 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale», a-t-il écrit sur sa page Facebook.
Pour enfoncer le clou, le député frondeur du RPM déclare : «notre Mali est en danger, c’est le moment pour le peuple de se faire entendre à travers ses élus nationaux, mais hélas ! Notre Assemblée est à l’image de son Président. Quand l’institution est mal dirigée, elle se classe à l’image de son chef ».
Ces propos siéent plutôt avec les responsables de l’opposition et non d’un membre de la majorité présidentielle, de surcroit un député qui en fait de la gestion du président de l’Assemblée nationale, un show en un moment où la majorité présidentielle a plus besoin d’unité et surtout de solidarité face à certaines épreuves de la gestion du pouvoir.
En tout cas si de tels propos étaient tenus par un responsable, membre de l’opposition, cela ne saurait être un évènement, cependant venant d’un député de la majorité présidentielle qui connaît en ces moments des remous en son sein, il y a lieu de s’inquiéter. Et pour cause, il dénote un certain malaise ou une indiscipline politique qu’il faut à tout prix corriger avant le congrès tant attendu du RPM et surtout les prochaines élections communales et régionales.
Ainsi, il serait risqué, voire suicidaire que le parti au pouvoir partent à ces échéances en rang dispersé.
Certes, dans toutes les grandes formations politiques, les tiraillements et autres guerre de positionnement sont réels, mais de tels comportements au sein du parti présidentiel a plus d’effet médiatique que dans un autre parti politique. C’est pourquoi l’honorable DIALLO doit mettre un peu de dièse dans son bémol.
Mieux, n’est-il plus sage de privilégier les voies de recours et de dialogue directs au sein du RPM qui en dispose, pour surtout débattre de tous les grands sujets de la nation ou conflits entre militants, que d’interroger les réseaux sociaux pour trouver la solution à certains problèmes du RPM ?
A moins que le frondeur député élu en CVI, qui n’est pas à ses premières sorties publiques contre les responsables de son propre parti politique, ne veuille se faire une publicité politique sur sa propre personne.
Pour preuve: ce n’est pas la première fois que l’élu RPM en CVI du District de Bamako crée ces genres de situation troublante pour l’hémicycle et la majorité présidentielle.
L’on se rappelle, c’est l’honorable Bafotigui DIALLO qui était à l’origine de l’interpellation du secrétaire général du parti RPM, en son temps, ministre du Développement rural sur l’affaire dite des engrais frelatés. La suite de cette affaire est connue.
On le dit : « Il n’y a pas de fumée sans feu». Alors, il revient à présent aux responsables et militants du parti Rassemblement pour le Mali (RPM) de circonscrire dès à présent cette fumée avant qu’elle ne se transforme en feu.
A bon entendeur salut !

Par Christelle KONE

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