Sans Tabou: libération du domaine public, le mouton noir de l’opérations ?

L’opération de libération du domaine public dans le District de Bamako initiée par la gouverneure de la ville se poursuit au plaisir des uns, mais dans la douleur de certains habitants. Après 3 semaines d’intenses activités de déguerpissement et de démolition de toutes les installations encombrant le domaine public dans le District de Bamako, le constat qui se dégage est que les décombres des opérations de dépolissement sont laissés à l’état.

Du coup l’opération revient à la fameuse abolition de la grenouille : « après avoir bien se laver, elle saute dans la boue ». En effet, aujourd’hui Bamako, en tout cas, sur certaines grandes artères, a changé de physionomie grâce à cette opération d’envergure du nouveau gouverneur. Cependant, la présence des décombres provenant de la démolition des installations (ferrailles de tôle, de kiosques et de bétons, les branches d’arbres élaguées pour la même cause) fait de la capitale malienne un dépotoir d’ordures qui ne donne pas une bonne image.
Et pourtant, selon ses initiateurs, l’opération de libération du domaine public vise à corriger l’anarchie et surtout l’insalubrité, dont notre capitale fait l’objet, depuis quelques années.
En tout, pour donner à cette salutaire opération toutes ses chances de réussite, il va falloir que concomitamment à l’opération de déguerpissement, qu’il soit organisé des opérations de ramassage systématiques des décombres et autres immondices qui sont non seulement sources de maladies, mais également d’inondation en cette période de pluies.
Mais pourquoi de bonnes volontés ne soutiennent pas l’État dans cette entreprise en se proposant d’évacuer les décombres ?
Pourquoi les nombreuses associations de jeunes et de femmes ne profitent pas des « Vacances citoyennes », à travers « l’investissement humain » pour dégager Bamako de ces saletés ?
Mieux, sachant bien que la nature a honneur du vide, si les espaces dégagés ne sont pas entretenus ou aménagés, il est fort probable qu’ils soient à nouveau réoccupés par des récalcitrants qui ne se soucient que de leurs seuls intérêts.
En tout cas, cette opération de libération des espaces publics ne doit pas être perçue comme une affaire d’Ami KANE ou pour le Sommet Afrique-France. Mais comme une question de sécurité nationale et une action citoyenne dont les retombées sont profitables à tous les citoyens.
Pour ce faire, il incombe aux plus hautes autorités du pays et les responsables de cette opération en particulier de mettre les moyens humains et financiers nécessaires dans cette opération qui sonne comme le glas d’un changement que tous Maliens ne cessent de clamer, depuis des années.
Aujourd’hui, plus que jamais, les Maliens doivent comprendre que la vie dans une capitale a des exigences auxquelles, chacun doit se soumettre. En effet, chacun veut vivre à Bamako, mais avec les comportements de villageois que nous sommes tous. Or, il est du devoir de l’État de veiller à l’amélioration du cadre de vie et de la sécurité des citoyens. C’est un devoir régalien qui nécessite l’accompagnement de tout citoyen.
Actuellement, Bamako ressemble à un melting-pot, c’est-à-dire des quartiers qui fonctionnent le jour et la nuit.
Cette situation interpelle tous les Maliens, au premier chef, les plus hautes autorités du pays à qui, il incombe les missions d’assainissement, d’embellissement et de sécurité.

Par Sékou CAMARA

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