Sans Tabou: libération du domaine public, un pari à gagner à tout prix

Dans les Fables de la Fontaine, le Lièvre et la Tortue nous enseignent : « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point ». Ce proverbe est illustratif de l’opération de libération du domaine public en cours dans le District de Bamako. Et pour cause ? Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’être ‘’Pour ou Contre’’ cette opération (le vin est tiré, il faut le boire). Mais, que faut-il faire pour que les déguerpis ne réoccupent plus les lieux dégagés ?

A priori, l’État doit poursuivre le dialogue et la sensibilisation avec tous les acteurs. Car ce désordre généralisé, qui prévaut à tous les niveaux dans notre pays, ne date pas de nos jours. Il est le résultat de plusieurs années d’incivisme de la population et de laxisme des autorités. Lesquels ont atteint aujourd’hui des proportions inquiétantes.
En guise de solution durable, il incombe à l’État de faire un suivi méticuleux de cette opération, à travers des mesures d’accompagnement des acteurs, l’aménagement des marchés avec de gros investissements, ainsi que la gestion moderne de l’exercice du commerce.
En effet, ils sont nombreux les commerçants détaillants qui pensent que l’opération de charme du gouverneur Ami KANE n’ira pas loin. Et d’autres ont même déclaré :
« Des gouverneurs plus poignants sont passés avant elle et n’ont jamais pu réaliser cet exploit. Après ces quelques jours, nous reviendrons réoccuper nos places, car nous ne tirons nos revenus nulle part qu’ici ».
Par contre, aucun patriote sincère n’aimerait la voir abandonner cette opération en l’état. Alors, la nature ayant horreur du vide, outre l’application des mesures provisoires, notamment la sensibilisation continue des acteurs sur le bien-fondé de la mesure et la présence de la police pour dissuader les récalcitrants, il incombe aux autorités maliennes de faire de gros investissements de nature à ne plus permettre un retour à cette anarchie.
Dans un passé récent, les autorités après avoir tenté en vain d’empêcher les marchands de s’installer le long des rails, au niveau de l’Avenue Al-Qoods, ont érigé des grilles de protection et aménagé des espaces, dont certains ont été transformés en terrains de sports.
Pour le cas espèce, il est impossible d’ériger des grilles devant chaque boutique ou aux abords de chaque rue de la capitale, par contre, l’État peut aménager les marchés de manière à offrir des places viables au maximum de Maliens qui désirent évoluer dans le domaine du commerce. Toute chose qui permettrait de minimiser des pratiques de népotisme et d’injustice favorisant l’anarchie.
Ce qui est sûr, l’État ne peut pas éternellement mobiliser les forces de l’ordre pour empêcher les commerçants d’investir les lieux déguerpis. C’est pourquoi il faut se dire que le combat n’est pas gagné d’avance.
Aujourd’hui, les principes de civisme et les valeurs humaines qui ont forgé le Mali des grands empires du passé doivent prévaloir afin de bâtir un Mali moderne qui fait la ferté de tous ses fils. C’est dans ce sens que force doit rester à l’autorité de l’État.
En tout cas, il est illusoire pour ‘’des victimes’’ de se laisser trimbaler par certains syndicalistes aux ambitions égoïstes et démesurées ou politiciens enclins à faire une récupération politicienne de cette affaire, autour de laquelle, ils ne manqueront pas de créer une mafia pour la fourniture éventuelle de la liste des victimes.
Aujourd’hui, plus que jamais, les Maliens doivent comprendre que la vie dans une République a des exigences auxquelles, chacun citoyen doit se soumettre. Aussi, convient-on de manière unanime que Bamako ne peut pas rester dans cet état, une sorte d’exception par rapport aux autres capitales de pays voisins.

Par Sékou CAMARA

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